le 12 janvier 2026 Par: Ash Lawrence, chef de Partenaires Capital AGF

Cinq tendances qui pourraient façonner les marchés privés et l'investissement non traditionnel en 2026

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L’année 2025 a été mouvementée sur les marchés privés, sous l’effet de tensions variées, de bouleversements géopolitiques à un engouement généralisé pour l’intelligence artificielle. Qu'est-ce qui s'annonce pour 2026, et quelles tendances les investisseurs devraient-ils suivre en ce qui concerne les actifs privés? Dans cette optique, Ash Lawrence, chef de Partenaires Capital AGF, met en lumière cinq thèmes qu'il considère prépondérants, sur le plan de l’investissement alternatif au sein des marchés privés.

Le risque et la récompense du commerce de l'intelligence artificielle

Il a été fascinant d’observer les marchés boursiers publics en 2025. À partir du mois d’avril et jusqu’à la fin de l'année, ils ont grimpé pratiquement sans répit, les investisseurs ignorant visiblement les préoccupations liées aux droits de douane et les autres risques géopolitiques, pour se concentrer, presque exclusivement, sur la flambée de l'intelligence artificielle (IA) qui transforme l'économie mondiale. Cette augmentation produit deux résultats connexes que nous surveillons pour 2026.

Premièrement, l’année dernière a certainement renforcé la tendance à la concentration observée sur les marchés publics au cours des dernières années. Celle-ci a commencé avec les « FANG » (Facebook, Amazon, Netflix et Google), puis les « Sept magnifiques » (Apple, Microsoft, Amazon, Alphabet, Meta, Nvidia et Tesla), et se dirige maintenant vers les entreprises de marque associées à l'IA. Ce risque de concentration n’est pas seulement lié aux sociétés à grandes capitalisation qui attirent la majeure partie du capital, mais aussi à un risque thématique global qui entoure l'IA. L'antidote naturel au risque est la diversification, l'un des principaux attraits du marché privé et des stratégies non traditionnelles.

Deuxièmement, comme le montre la hausse des activités correspondant aux transactions liées à l’IA de l’année dernière, ce risque thématique touche à la fois les marchés publics et les marchés privés, ce qui ajoute des nuances à la diversification. Compte tenu du fait que les fonds privés dans les infrastructures, le capital-investissement et le crédit sont de plus en plus exposés à l'IA, les investisseurs doivent s'assurer de véritablement diversifier leurs placements parmi des stratégies sous-jacentes et non seulement entre différentes catégories d’actif.

À mesure que l’année 2026 progressera, nous nous attendons à voir une modération de l’approche fondée sur le risque à l’égard de l’IA sur les marchés, et nous croyons que certains alternatifs pourraient en tirer profit. En mettant l’accent sur les niveaux intermédiaire et intermédiaire inférieur des marchés privés, les investisseurs peuvent plus facilement éviter certaines des expositions à l’IA plus importantes et concentrées. En outre, les stratégies non traditionnelles axées sur le rendement absolu peuvent bénéficier d’un tel contexte. Leurs mandats, qui consistent à rechercher la valeur relative — moins associés aux mouvements du marché et plutôt axés sur le repérage de l'alpha, la gestion des risques et l'exploitation de titres mal évalués — peuvent offrir une diversification, indépendamment des grandes tendances associées à l’IA.

Réduire l’échelle pour cerner des occasions d’investissement dans le crédit privé

Le crédit privé a attiré des quantités record d'argent au cours des dernières années, mais la question de savoir s’il s’agit d’un avantage pour les investisseurs pourrait dépendre des sources de rendement que rechercheront les gestionnaires axés sur cette catégorie d’actif. La situation s’explique en partie par le fait que les gestionnaires de grandes capitalisations représentent près de 80 % du capital accumulé, ce qui crée un déséquilibre entre l'offre et la demande dans ce secteur, puisqu’il y a davantage de capitaux que d’occasions d’investir.

Cette dynamique résulte notamment d’un ralentissement des transactions en capital-investissement et de la concurrence croissante des banques américaines cherchant à regagner des parts de marché, après avoir pris du recul sous l’effet de la crise des banques régionales de 2024. Le résultat était prévisible : des écarts plus serrés et des engagements moins restrictifs. Bien qu’ils soient concevables, ces changements s'accompagnent de compromis — à savoir, des rendements plus faibles que ceux auxquels les investisseurs sont habitués et un risque accru de défaillance. Certes, il ne s’agit pas d’une nouvelle tendance, mais elle est réapparue au cours des douze derniers mois.

Alors, quelle est l’autre solution possible pour 2026? Nous croyons que les marchés intermédiaire et intermédiaire inférieur, soit ceux des prêts qui se situe dans la fourchette des 100 millions $ et moins, offrent une occasion plus convaincante. Bien que le capital à déployer à ce niveau ne soit pas aussi considérable, le volume potentiel de transactions est grandement supérieur, puisque la plupart des entreprises ne cherchent pas à emprunter 500 millions $ ou plus (généralement l’idéal pour les gestionnaires de sociétés à grande capitalisation). Nous constatons également un intérêt accru pour les prêts directs, comme un moyen d’élargir l’univers de possibilités de l’emprunteur afin de pouvoir accéder à une foule de petites et moyennes sociétés qui ne sont pas engagées auprès d’une entreprise de capital-investissement ou d’un promoteur.

Au-delà de ce niveau, nous estimons que les gestionnaires du marché intermédiaire bénéficient souvent de prêts accordés moyennant des écarts plus élevés et des engagements plus fermes, surtout quand il s’agit de marchés comme le Canada où la concurrence est limitée et où de nombreux prêts sont négociés de façon bilatérale, dans le cadre de relations de longue date.

L'impasse des transactions de capital-investissement

Il est clair que les quelques dernières années ont été difficiles pour les domaines du capital-investissement et du capital de risque en raison du faible nombre de transactions conclues. Cette situation reflète en grande partie la hausse importante et rapide des taux d'intérêt du début de cette décennie, mais peut-être aussi les attentes selon lesquelles la montée des taux d'intérêt n'était qu'un phénomène temporaire, ce qui a réduit considérablement le potentiel d’activités en matière de fusions-acquisitions et de premiers appels publics à l’épargne (PAPE).

De nombreux vendeurs qui avaient investi leurs capitaux alors que les taux d'intérêt étaient très faibles depuis la crise financière mondiale — et qui s’attendaient à ce que les mêmes conditions persistent — étaient parfaitement disposés à reporter la vente de titres d’entreprises, surtout si ces actifs avaient été achetés à des cours que les acheteurs potentiels n'étaient alors pas prêts à payer. De plus, au printemps, juste au moment où le fossé semblait se refermer, et que le flux de transactions commençait à reprendre de la vigueur, le président Donald Trump, encouragé par la promesse d'un régime de réglementation favorable à Washington, a lancé sa politique tarifaire chaotique. Ce changement a balayé tous les progrès amorcés au premier semestre de 2025.

La question est maintenant de savoir si ces obstacles à la négociation ont enfin atteint leurs limites.

D'abord, nous avons constaté une hausse notable de la valeur en dollars des transactions, sinon du nombre d'activités, ces derniers mois. Cette augmentation suggère que la confiance s’améliore sur le plan macroéconomique, plus particulièrement sur le plan de la politique commerciale américaine qui semble beaucoup mieux ordonnée et refléter moins d’incertitude qu'au début de 2025.

Deuxièmement, on se rend compte non seulement que le contexte de très faibles taux d'intérêt de la dernière décennie est chose du passé, mais aussi qu’il ne faudra probablement pas s’attendre à une remontée spectaculaire par rapport aux niveaux actuels. En définitive, c'est cette stabilité politique relative qui pourrait inciter davantage à faire des négociations cette année.

Compte tenu des importantes accumulations de titres en sociétés de capital-investissement en attente de monétisation, et d’une très bonne quantité de réserves disponibles pour l’investissement, les marchés ne peuvent rester faibles que temporairement. Seul l’avenir nous le dira, bien sûr, mais nous croyons qu'il y a de bonnes raisons d'espérer que l’année 2026 marque la fin du « blocage ».

La défense, l'autre grand thème d'investissement

Si l'IA est actuellement un sujet dominant dans le secteur, les investisseurs ne devraient pas ignorer le nombre croissant d’occasions d’investir dans le domaine de la défense et de la sécurité. Selon nous, plusieurs catalyseurs soutiennent l’attrait de la défense.

D’abord et avant tout, les tensions géopolitiques actuelles menacent de miner des années de paix relative. Les gouvernements de divers pays du monde y réagissent en augmentant leurs dépenses de défense qui atteignent des sommets record. Pour 2024, celles-ci sont estimées à 2 700 milliards $US, par le Stockholm International Peace Research Institute (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm), et elles devraient atteindre 6 600 milliards $US d'ici 2035, si les tendances actuelles persistent .

Ce qui est tout aussi important que la quantité, c'est la façon dont cet argent est dépensé. Par le passé, les gouvernements faisaient surtout appel à de grands entrepreneurs pour construire du matériel de guerre traditionnel comme des navires et des chars d’assaut, mais la guerre moderne est beaucoup plus élaborée et axée sur la technologie. Ainsi, les gouvernements sont généralement obligés de repenser les processus, afin que ceux-ci répondent plus efficacement à leurs besoins d’approvisionnement, et de se tourner vers de petites entreprises spécialisées dans de toutes nouvelles solutions technologiques, souvent soutenues par du capital de risque. Ce type d'innovation devient indispensable dans le domaine du matériel de défense et de sécurité nationale, incluant tout, des systèmes autonomes et robotiques à la cybersécurité, en passant par les communications et la logistique.

Bien que l'augmentation des dépenses et l'évolution des modèles d'approvisionnement constituent une raison suffisante pour que les investisseurs du marché privé réexaminent la défense et la sécurité, de nombreuses technologies émergentes sont à usage mixte, ce qui signifie que les marchés auxquels elles sont destinées s'étendent bien au-delà du secteur de la défense, et qu’elles peuvent présenter des usages considérables dans un contexte civil.

Les pressions géopolitiques et les changements technologiques rapides alimentent une croissance à long terme dans les contextes de la défense et de la sécurité. Nous croyons que ces changements s'alignent bien avec la capacité du capital privé à financer l'innovation, ce qui prête au secteur une position propice à une expansion pluriannuelle.

Liquidité et l'investisseur particulier

Au cours des dix dernières années, l'une des tendances positives observées sur les marchés privés a été la croissance des placements provenant d’investisseurs particuliers dans des fonds perpétuels (evergreen) à capital variable. De telles structures sont conçues pour offrir plus de liquidité que les fonds à capital fixe traditionnels, et peuvent donner accès à des actifs privés et alternatifs qui ne seraient autrement accessibles qu’aux institutions et aux particuliers bien nantis.

C'est une bonne chose, mais malgré leur popularité jusqu’à ce jour, les fonds perpétuels peuvent représenter des défis, lorsque les investisseurs ne comprennent pas pleinement leur fonctionnement et leur contenu. Une plus grande diversification et un accès à des rendements non corrélés s'accompagnent souvent de moins de liquidité que ce à quoi les investisseurs particuliers sont habitués. Et bien que les fonds perpétuels puissent offrir une liquidité périodique, ils doivent tout de même investir dans des actifs à long terme pour obtenir les résultats pour lesquels ils sont conçus, ce qui limite naturellement la liquidité offerte.

Au cours des dernières années, les investisseurs particuliers ont appris à mieux comprendre cette réalité, quand divers fonds sur le marché ont dû limiter les rachats. L'innovation continuera d'améliorer la gestion de la liquidité, mais un certain décalage à cet égard sera toujours inhérent à la structure. Bien que cet ajustement ait été difficile, il favorisera, en 2026, la croissance de ce volet, à mesure que les investisseurs accepteront que ces conditions fassent partie intégrante des marchés privés et qu’ils ajusteront leur utilisation en conséquence.

Nous croyons que la croissance rapide des produits non traditionnels et du marché privé qui sont offerts aux investisseurs particuliers stimulera également une nouvelle vague d'éducation dans l'année à venir. Investisseurs et gestionnaires devront apprendre à mieux distinguer les différentes stratégies, sur les plans de la structure, du risque et des résultats attendus. Le crédit privé et le capital-investissement ne sont plus des catégories uniques, mais de vastes domaines regroupant plusieurs sous-secteurs, spécialités et régions, tout comme les marchés publics qui ont aussi évolué.

Il peut être évident de dire que l'année 2026 pourrait enseigner bien des choses, mais la profondeur de cet apprentissage — combiné à l'expérience croissante des investisseurs quant à des produits alternatifs — établira les bases d'une croissance plus durable. Nous croyons que cette réinitialisation favorisera la formulation d’attentes plus réalistes et la production de meilleurs résultats d'investissement et qu’elle entraînera une expansion plus durable des placements non traditionnels dans le volet de détail.

1 Rapport du secrétaire général des Nations Unies : The Security We Need Rebalancing Military Spending for a Sustainable and Peaceful Future, publié en 2025.

 

Au sujet de Partenaires Capital AGF

Partenaires Capital AGF, la plateforme multiboutique d’activités d’AGF axée sur les alternatifs, possède des compétences diversifiées en matière d’actifs privés et de stratégies non traditionnelles. Les clients peuvent bénéficier de l’expertise spécialisée en investissement de nos gestionnaires affiliés, alliée au soutien organisationnel et à la foule de ressources de La Société de Gestion AGF Limitée (AGF).  Les gestionnaires affiliés de Partenaires Capital AGF, soit Kensington Capital Partners Limited, New Holland Capital, LLC et AGF SAF Private Credit, qui comptent en moyenne 18 ans d’expérience, gèrent un actif, ainsi que des actifs donnant droit à des commissions, totalisant environ 14 milliards $ dans des placements alternatifs, pour le compte de clients institutionnels et de détail. Les actifs gérés des gestionnaires affiliés peuvent ne pas être consolidés dans l’actif déclaré d’AGF.  Le terme « gestionnaire affilié » fait référence à tout partenaire, quelle que soit la structure de la relation ou l’entente établie pour le partage des revenus avec un tel partenaire. La forme que revêt la participation d’AGF dans un gestionnaire affilié, dans le cadre d’un partenariat structuré, diffère selon chaque gestionnaire affilié. La structure de la relation établie avec un gestionnaire affilié particulier, ou la part de revenu qu’AGF convient de partager peut changer. Un gestionnaire affilié ne fournit des services de conseils en placement ou n’offre des produits que dans le territoire où la société, les particuliers ou les produits en question sont inscrits, ou encore où la société ou les particuliers sont autorisés à offrir de tels services. Au Canada, les produits sont distribués par l'entremise de courtiers inscrits, dans le cadre de placements privés, y compris Placements AGF Inc., société affiliée à Partenaires Capital AGF.

Au sujet de Kensington Capital Partners Limited

Fondée en 1996, Kensington Capital Partners Limited (Kensington) est une société canadienne de gestion d’actifs alternatifs ayant des bureaux à Toronto et à Vancouver. Sa mission est d’appuyer des équipes de gestion performantes afin de bâtir des entreprises florissantes et, ce faisant, de créer des solutions d’investissement de premier ordre pour les investisseurs. Kensington gère un actif de 2,2 milliards $, répartis dans plusieurs fonds actifs spécialisés dans le capital de risque, le capital de croissance et les acquisitions d’entreprises de taille moyenne. AGF a réalisé un investissement stratégique en mars 2024, afin d’acquérir une participation de 51 % dans Kensington.

Au sujet de New Holland Capital, LLC

La société New Holland Capital, LLC (NHC) est un gestionnaire de placements multistratégies établi à New York, qui gère un actif de plus de 6,7 milliards $US, compte plus de 17 années d’expérience et offre aux investisseurs institutionnels des stratégies de placement axées sur le rendement absolu, sur toute l’échelle de liquidités, en mettant particulièrement l'accent sur les fonds spéculatifs multistratégies et le crédit privé. La société cherche à générer de l’alpha au moyen d’un large éventail de stratégies diversifiées, privilégiant les occasions liées à des domaines spécialisés et à des contraintes de capacité. En février 2024, AGF a réalisé un investissement stratégique sous la forme d’une note convertible en droit de participation dans NHC. L’entente donne également à AGF la possibilité d’accroître subséquemment sa participation.

Au sujet de AGF SAF Private Credit Management LP

La société en commandite AGF SAF Private Credit Management LP représente un partenariat entre La Société de Gestion AGF Limitée (AGF) et une entité faisant partie de SAF Group (collectivement, « SAF ») gérant une société en commandite qui investit dans des produits de crédit privé, sur le marché intermédiaire et dans le segment inférieur du marché intermédiaire du Canada. La stratégie est axée sur l'investissement dans des prêts directs, par l'entremise de placements dans des titres de créance garantis de premier rang, unitranche et subordonnés. AGF investit auprès de SAF depuis 2014, réunissant l'expérience et les ressources d'AGF et l'optique spécialisée de SAF en matière de placements dans le crédit privé. 

 

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