le 12 janvier 2026 Par: Ryan Dunnfield, chef de la direction de SAF Group

Crédit privé : Des occasions au-delà du tapage médiatique

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Dans le monde du crédit privé canadien, l’année 2025 s’est déroulée en trois actes. Au cours des premiers mois, le marché du crédit privé a été très actif, soutenu par l’optimisme entourant les taux d’intérêt et l’anticipation d’une solide croissance après l’arrivée d’une nouvelle administration aux États-Unis, qui est sans doute plus favorable au milieu des affaires. Puis, le 2 avril, le « jour de la libération » est arrivé et l’incertitude – au sujet des taux d’intérêt, des droits de douane, des devises et de la géopolitique – s’est emparée des marchés. Alors que les États-Unis choquaient leurs partenaires commerciaux en leur imposant un nouveau régime tarifaire audacieux, les fusions-acquisitions et les nouveaux projets d’entreprise, principaux moteurs du crédit privé, ont été largement mis en veilleuse.

Le crédit privé est maintenant en train de rattraper son retard avec le lent retour de la confiance sur le marché. Cette tendance se poursuivra-t-elle en 2026? Quel genre de rendements les gestionnaires de crédit privé comme nous peuvent-ils espérer offrir aux investisseurs? Où les occasions pourraient-elles se présenter? Ce sont là des questions complexes et, pour y répondre, nous devons examiner de plus près certains facteurs clés qui influent sur les marchés du crédit tant au Canada qu’à l’étranger.

Le contexte politique en 2026

L’un de ces facteurs clés est la politique budgétaire. Aux États-Unis, l’administration Trump s’apprête à injecter d’énormes sommes pour stimuler l’économie dans le cadre de la One Big Beautiful Bill Act. Au Canada, le premier ministre Mark Carney a annoncé d’ambitieux projets d’infrastructure et d’autres initiatives à forte intensité capitalistique. Bien qu’il soit difficile de déterminer si cela aura une incidence sur le crédit privé et, le cas échéant, laquelle, nous pensons qu’une augmentation des dépenses publiques pourrait stimuler la liquidité sur les marchés financiers en général, mais également entraîner des risques relativement aux taux d’intérêt et à la disponibilité du crédit.

En ce qui concerne les taux, la politique monétaire en 2026 nous semble plutôt favorable aux investisseurs, du moins en apparence. Les marchés s’attendent à ce que la Réserve fédérale américaine procède à plusieurs nouvelles baisses de taux, tandis que la Banque du Canada semble avoir mis fin à son cycle expansionniste pour l’instant. Nous avons toutefois quelques inquiétudes quant à l’effet inflationniste de la hausse des droits de douane ou plutôt à la possibilité que l’effet inflationniste des droits de douane n’ait été que retardé jusqu’ici. D’après les enquêtes menées auprès des entreprises (en anglais seulement) et les données empiriques, nous avons l’impression que de nombreuses entreprises canadiennes et américaines ont absorbé les coûts engendrés par les droits de douane plutôt que de les répercuter sur leurs clients – une pratique qui n’est probablement pas viable à long terme1. En revanche, si les entreprises se mettent à refiler la facture à leurs clients, l’inflation pourrait revenir et, avec elle, la perspective de hausses de taux.

Enfin, en ce qui a trait à la politique, nous pensons que le cadre réglementaire aux États-Unis tend vers une plus grande facilité d’accès des investisseurs particuliers aux actifs non traditionnels tels que le capital-investissement et le crédit privé. Si tel est le cas, la loi de l’offre et de la demande veut qu’un accroissement des capitaux à investir dans les mêmes occasions entraîne une compression des écarts de taux, c’est-à-dire une diminution de la différence entre les rendements des actifs et le taux sans risque. Un afflux de capitaux des investisseurs particuliers pourrait être bénéfique au secteur du courtage, mais il sera vraisemblablement plus difficile pour les gestionnaires de fonds de générer de l’alpha, surtout pour les grands prêteurs dont le ratio risque-rendement est plus sensible à l’engorgement du marché. En fait, même si nous prévoyons une baisse des rendements du crédit privé en 2026 par rapport à 2025, nous pensons que les intervenants du marché intermédiaire comme nous seront avantagés puisqu’ils seront en mesure de trouver des occasions dans des créneaux, tout en maintenant de solides engagements et en exerçant un meilleur contrôle sur les structures des transactions.

Le monstre de l’IA

Si les marchés du crédit privé « se démocratisent » à l’instar des marchés publics, ils ont un autre point commun : l’enthousiasme pour l’intelligence artificielle (IA). En 2025, les dépenses d’investissement annoncées par les fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle et affectées à l’IA, aux centres de données et à la capacité d’électrification nécessaire à ces derniers ont totalisé plus de 400 G$ US, soit environ l’équivalent du PIB du Danemark2; parallèlement, OpenAI a annoncé son intention d’investir 1 400 G$ US au cours des prochaines années. Ces investissements seront financés dans une large mesure par les fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle au moyen de titrisations très complexes, de plusieurs dizaines de milliards de dollars dans certains cas. À plus petite échelle, les activités de prêt dans le domaine de la production d’électricité et des équipements de production d’électricité augmentent de manière spectaculaire.

Notre préoccupation est double. Premièrement, nous nous demandons dans quelle mesure ces actifs sont évalués et financés. Pour certains d’entre eux au moins (comme les centres de données qui n’ont pas encore été construits et qui pourraient ne jamais l’être), la voie vers le succès est étroite.

Deuxièmement, compte tenu de la taille et de la complexité des financements titrisés dans le domaine de l’IA, si l’un de ces mégaprojets n’est pas mené à bien ou rencontre ne serait-ce qu’un obstacle, cela pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble du marché de la titrisation.

 

Domaines prometteurs

Face à ce que l’on pourrait appeler « l’exubérance irrationnelle » qui entoure le financement de l’IA, nous entrevoyons des occasions dans des domaines plus terre-à-terre. Le secteur canadien de l’immobilier en fait partie. Il a été confronté, dès le début de l’année 2025, à plusieurs défis, notamment la hausse des taux de capitalisation et des difficultés liées aux évaluations, qui n’ont fait que s’aggraver après le choc du « jour de la libération ». Parallèlement, les faillites personnelles ont atteint des niveaux jamais vus depuis 2010, au lendemain de la grande crise financière. Cette hausse s’explique en grande partie par la valeur des biens immobiliers qui est restée stable pendant plusieurs années.

En 2026, environ 40 % des prêts hypothécaires au Canada arriveront à échéance. Les règles macroprudentielles canadiennes en matière de fonds propres pour les prêts hypothécaires bancaires sont très strictes, ce qui constituera un défi pour les emprunteurs qui ne disposent pas d’une réserve de liquidités suffisante pour obtenir un prêt bancaire traditionnel. Ils devront se tourner vers le marché des prêts non bancaires, qui applique actuellement des taux d’intérêt supérieurs de quatre ou cinq points de pourcentage à ceux des banques. Il reste à savoir si le marché actuel des prêts non bancaires est en mesure de répondre à la demande potentielle. Nous ne serions pas étonnés que le gouvernement vienne en aide aux consommateurs, ce qui pourrait réduire à la fois les possibilités et les risques pour les prêteurs privés qui interviennent pour soutenir les propriétaires canadiens.

Un autre domaine qui nous intéresse en 2026 est celui des prêts commerciaux adossés à des actifs. Selon nous, le marché présente une lacune manifeste susceptible d’être exploitée par les investisseurs. Mature et vigoureux, le marché canadien du papier commercial adossé à des actifs (PCAA) est dominé par les banques. Cependant, pour les emprunteurs dont les actifs ne conviennent pas au cadre du PCAA, il existe très peu de solutions de rechange, voire aucune. Nous pensons que les prêteurs privés diligents comme nous pourraient combler ce vide et répondre à la demande de financement adossé à des actifs au-delà du marché du PCAA.

Alors que nous nous tournons vers 2026, nous constatons que le paysage du crédit privé évolue rapidement. La tendance à la démocratisation des actifs non traditionnels et le formidable essor de l’IA retiennent certes l’attention des médias, mais ils représentent également des paris qui pourraient bien s’avérer être des armes à double tranchant pour les prêteurs qui espèrent créer de l’alpha. Pour les investisseurs canadiens, il existe d’autres possibilités qui s’accordent avec le rôle traditionnel du crédit privé, qui consiste à combler les lacunes du marché du financement. Non seulement ces possibilités offrent un potentiel de rendement supérieur, mais elles sont également plus accessibles.

1The Detroit News, août 2025

2Financial Express, décembre 2025

Au sujet de Partenaires Capital AGF

Partenaires Capital AGF, la plateforme multiboutique d’activités d’AGF axée sur les alternatifs, possède des compétences diversifiées en matière d’actifs privés et de stratégies non traditionnelles. Les clients peuvent bénéficier de l’expertise spécialisée en investissement de nos gestionnaires affiliés, alliée au soutien organisationnel et à la foule de ressources de La Société de Gestion AGF Limitée (AGF).  Les gestionnaires affiliés de Partenaires Capital AGF, soit Kensington Capital Partners Limited, New Holland Capital, LLC et AGF SAF Private Credit, qui comptent en moyenne 18 ans d’expérience, gèrent un actif, ainsi que des actifs donnant droit à des commissions, totalisant environ 14 milliards $ dans des placements alternatifs, pour le compte de clients institutionnels et de détail. Les actifs gérés des gestionnaires affiliés peuvent ne pas être consolidés dans l’actif déclaré d’AGF.  Le terme « gestionnaire affilié » fait référence à tout partenaire, quelle que soit la structure de la relation ou l’entente établie pour le partage des revenus avec un tel partenaire. La forme que revêt la participation d’AGF dans un gestionnaire affilié, dans le cadre d’un partenariat structuré, diffère selon chaque gestionnaire affilié. La structure de la relation établie avec un gestionnaire affilié particulier, ou la part de revenu qu’AGF convient de partager peut changer. Un gestionnaire affilié ne fournit des services de conseils en placement ou n’offre des produits que dans le territoire où la société, les particuliers ou les produits en question sont inscrits, ou encore où la société ou les particuliers sont autorisés à offrir de tels services. Au Canada, les produits sont distribués par l'entremise de courtiers inscrits, dans le cadre de placements privés, y compris Placements AGF Inc., société affiliée à Partenaires Capital AGF.

Au sujet de Kensington Capital Partners Limited

Fondée en 1996, Kensington Capital Partners Limited (Kensington) est une société canadienne de gestion d’actifs alternatifs ayant des bureaux à Toronto et à Vancouver. Sa mission est d’appuyer des équipes de gestion performantes afin de bâtir des entreprises florissantes et, ce faisant, de créer des solutions d’investissement de premier ordre pour les investisseurs. Kensington gère un actif de 2,2 milliards $, répartis dans plusieurs fonds actifs spécialisés dans le capital de risque, le capital de croissance et les acquisitions d’entreprises de taille moyenne. AGF a réalisé un investissement stratégique en mars 2024, afin d’acquérir une participation de 51 % dans Kensington.

Au sujet de New Holland Capital, LLC

La société New Holland Capital, LLC (NHC) est un gestionnaire de placements multistratégies établi à New York, qui gère un actif de plus de 6,7 milliards $US, compte plus de 17 années d’expérience et offre aux investisseurs institutionnels des stratégies de placement axées sur le rendement absolu, sur toute l’échelle de liquidités, en mettant particulièrement l'accent sur les fonds spéculatifs multistratégies et le crédit privé. La société cherche à générer de l’alpha au moyen d’un large éventail de stratégies diversifiées, privilégiant les occasions liées à des domaines spécialisés et à des contraintes de capacité. En février 2024, AGF a réalisé un investissement stratégique sous la forme d’une note convertible en droit de participation dans NHC. L’entente donne également à AGF la possibilité d’accroître subséquemment sa participation.

Au sujet de AGF SAF Private Credit Management LP

La société en commandite AGF SAF Private Credit Management LP représente un partenariat entre La Société de Gestion AGF Limitée (AGF) et une entité faisant partie de SAF Group (collectivement, « SAF ») gérant une société en commandite qui investit dans des produits de crédit privé, sur le marché intermédiaire et dans le segment inférieur du marché intermédiaire du Canada. La stratégie est axée sur l'investissement dans des prêts directs, par l'entremise de placements dans des titres de créance garantis de premier rang, unitranche et subordonnés. AGF investit auprès de SAF depuis 2014, réunissant l'expérience et les ressources d'AGF et l'optique spécialisée de SAF en matière de placements dans le crédit privé. 

 

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