le 31 mars 2020 | Par: Kevin McCreadie

Optimiste, mais encore prudent

3 min de lecture

Le chef de la direction et chef des investissements d’AGF livre ses commentaires sur la crise de la COVID-19 et son point de vue à savoir si les marchés boursiers commencent à se stabiliser.    

Quelle est votre impression actuellement en ce qui concerne les marchés?

Je suis plus optimiste cette semaine que je l’étais la semaine dernière. Les annonces de nouvelles mesures de relance au Canada, aux États-Unis et ailleurs ont redonné de la vigueur aux marchés boursiers. Aussi, même si le nombre de personnes ayant contracté le virus continue d’augmenter considérablement aux États-Unis et dans d’autres pays du monde, des nouvelles encourageantes viennent de la Chine (et de l’Italie, jusqu’à un certain point), signalant que la vague initiale de la pandémie a dépassé son point culminant. La situation va demeurer extrêmement volatile pendant les prochaines semaines, mais il semble qu’elle a commencé à évoluer dans la bonne direction.  

Quelle importance revêt le plan d’aide massive de deux mille milliards $US du gouvernement américain, par rapport à ces facteurs?

Je pense qu’avant l’annonce de ce plan, les investisseurs étaient déçus de la lenteur de Washington. Pour établir un plan de cette envergure, il faut toujours que les républicains et les démocrates se livrent d’abord à des discussions musclées, avant d’en venir à déterminer ce que le plan comprendra. Le processus a donc pris plus de temps que de nombreux observateurs auraient jugé nécessaire, mais quand il est devenu clair que le projet de loi serait effectivement élaboré et approuvé, les marchés ont bien réagi. Si l’on combine l’aide fiscale et ce que la Réserve fédérale (la Fed) des États-Unis a annoncé quant aux programmes de prêts, le plan représente presque le quart du PIB de ce pays. C’est une base solide, malgré le retard, mais il faudra davantage de soutien au cours du mois prochain.   

Est-ce que l’incidence à long terme d’une telle dépense vous préoccupe le moindrement?  

Étant donné que le déficit fédéral américain dépassera largement trois mille milliards $US désormais, le remboursement de cette dette pourrait devenir un gros problème. Mais c’est une question qui sera soulevée plus tard. Pour le moment, il faut prendre les mesures qui s’imposent, compte tenu de la situation. Dans l’immédiat, il est essentiel que le gouvernement intervienne et qu’il limite les dégâts en prêtant main-forte aux citoyens et à l’industrie, pour qu’ils puissent traverser la crise. Les petites et moyennes entreprises sont celles qui en ressentent surtout l’impact.  

Dans quelle mesure devrait-on considérer que la Fed a contribué à apaiser les marchés ces derniers jours?    

La Fed a réellement fait sa part ces deux dernières semaines et le président, Jay Powell, a suivi l’exemple donné par l’ancien président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, il y a quelques années lors de la crise de l’euro, en assurant aux investisseurs que la Fed ferait le nécessaire pour apporter un soutien monétaire au système financier. Certains se demanderont peut-être s’il reste assez de ressources, mais d’autres mesures pourraient être mises en place et le message est rassurant.  

Le total de nouveaux cas de la COVID-19 continue de monter en flèche aux États-Unis, mais en Chine, le nombre de nouveaux cas observés à l’échelle locale est tombé à zéro, deux mois après la fermeture initiale de la province de Hubei du pays. Que suggère cette situation aux investisseurs?

Je pense qu’il est important de reconnaître que les marchés mondiaux ressentent aussi les effets du virus, jusqu’à un certain point. Au début, les actions chinoises ont probablement été les plus durement touchées, mais elles ont connu une reprise récemment. Entretemps, les actions de l’Inde ont chuté lourdement quand le pays a annoncé, au début de la semaine dernière, qu’il fermerait ses frontières. On observera différentes répercussions sur les rendements des divers marchés régionaux, selon la propagation de la maladie. On verra peut-être apparaître de nouvelles occasions d’investissement, mais aussi de nouveaux risques. Selon l’évolution des données, les investisseurs se préoccuperont fortement du rétablissement des économies, même si le virus continue de se propager.

La bataille n’est donc pas encore gagnée?

Encore une fois, il s’agira de déterminer la rapidité avec laquelle le virus pourra être maîtrisé et combien de liquidités pourront être versées aux petites entreprises et aux consommateurs pour que l’on puisse assurer que les dommages ne seront pas de longue durée et ainsi éviter une récession. Mais avant la fin, au cours des prochains jours, il y aura des manchettes inquiétantes sur la propagation du virus et des nouvelles déplaisantes sur les lourdes conséquences pour la croissance économique. Par exemple, le chômage a touché 3,28 millions de personnes aux États-Unis, la semaine dernière, ce qui représente quatre fois le record précédent. De plus, les chiffres vont probablement augmenter avant de s’améliorer.     

Sur le plan personnel, comment avez-vous ressenti la situation ces dernières semaines?

La situation a été extrêmement éprouvante, mais je suis fier de la réaction de notre entreprise. Nous avons accordé la priorité à la santé et au bien-être de nos employés, de nos clients et de nos collectivités, dans toutes nos interventions. Aussi, nous continuons de fonctionner à un niveau élevé; nous demeurons disposés à manœuvrer à travers une période de volatilité sans précédent – et nous avons la capacité de le faire.  

Kevin McCreadie est chef de la direction et chef des investissements de La Société de Gestion AGF Limitée. Il participe régulièrement à Perspectives AGF.

Les commentaires que renferme le présent document sont fournis à titre de renseignements d’ordre général et sont fondés sur de l’information disponible au 30 mars 2020. Ils ne devraient pas être considérés comme des conseils en matière de placement, une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de valeurs mobilières. Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous assurer de l'exactitude de ces commentaires au moment de leur publication, mais cette exactitude n'est pas garantie. Nous invitons les investisseurs à consulter un professionnel des placements.

Les points de vue exprimés dans cet article sont ceux de l’auteur et ne représentent pas nécessairement les opinions d’AGF, de ses filiales ou de ses sociétés affiliées, et ne peuvent être associés à aucun fonds ni à aucune stratégie d’investissement.

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