L’avantage grandissant de l’investisseur responsable

Par: Martin Grosskopf et David Stonehouse • le 12 décembre 2018
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L’établissement d’une économie durable crée des occasions et donne de nouveaux pouvoirs aux investisseurs

L’investissement responsable a atteint un point critique. Alors que cette tendance autrefois ténue prend de l’ampleur, plusieurs changements se produisent, notamment la demande de données et de mesures plus précises pour contrer « l’écoblanchiment » et le besoin de créer des produits personnalisés, à mesure qu’un groupe de plus en plus important d’investisseurs exige des avancées sur les questions environnementales, sociales et de gouvernance d’entreprise (ESG).

Considérant l’avenir, nous sommes d’avis que les investisseurs resteront attentifs, alors que la montée du populisme sur les marchés développés nuit à la volonté d’établir un consensus mondial sur des problèmes comme le changement climatique et que les gouvernements se retirent pour se concentrer sur des problèmes locaux.

Pourtant, on ne peut pas nier que la progression de l’investissement responsable observée ces dernières années a été stupéfiante. Le créneau initial né de la volonté des investisseurs qui souhaitaient investir en fonction de problèmes qui leur tenaient à coeur, a évolué. Il a pris la forme d’une adhésion croissante à l’idée que l’intégration des risques liés aux facteurs ESG dans les stratégies de placement peut avoir des retombées positives pour la planète et les questions sociales, tout en générant de la valeur à long terme. En fait, l’intégration des facteurs ESG est de plus en plus considérée comme une obligation fiduciaire.

Les Principes pour l’investissement responsable des Nations Unies, un réseau international qui représente des investissements d’une valeur de 80 mille milliards $US (selon les données de 2018 de cet organisme), ont aidé à renforcer la crédibilité de la stratégie de placement, en contribuant à établir des relations de confiance entre toutes les parties concernées, depuis les fondations et les fonds de dotation jusqu’aux investisseurs de détail. Au Canada seulement, les investissements responsables se chiffrent aujourd’hui à 2,1 mille milliards $ d’actifs gérés, ce qui témoigne d’une croissance de 42 % au cours des deux dernières années et constitue 51 % de l’ensemble de l’industrie canadienne des placements, selon l’Association pour l’investissement responsable.

La menace du populisme

Les problèmes géopolitiques ont traditionnellement été l’apanage des marchés émergents, mais la montée du populisme, qui trouve racine dans les fractures sociales et qui a donné lieu au Brexit, aux turbulences dans des pays comme l’Italie et à l’élection du président américain Donald Trump, est susceptible de se répercuter sur les préoccupations ESG au cours des prochaines années. Comme de nombreux grands projets environnementaux sont de ressort national, le soutien politique et les subventions importantes pourraient être menacés dans certains pays qui ont alimenté l’action mondiale sur des questions comme le changement climatique.

Il faut songer au fait que le gouvernement des États-Unis a choisi de retirer le pays de l’Accord de Paris, de largement démanteler l’Agence américaine de protection de l’environnement et de réduire la réglementation pertinente. En outre, l’Ontario se retire du programme de plafonnement et d’échange signé avec le Québec et la Californie et remet aussi en cause le droit du gouvernement fédéral canadien d’imposer une taxe carbone aux provinces. Le chef du Parti conservateur du Canada a non seulement promis de lutter contre le programme de plafonnement et d’échange, mais aussi de démanteler la taxe carbone si son parti gagnait les élections à l’automne prochain. 

Que signifie ce dénouement pour les investisseurs? Nous croyons que, compte tenu du dégagement du pays face aux mesures d’intervention, de nombreux investisseurs chercheront de plus en plus à apaiser leurs préoccupations sur les questions ESG en se tournant vers des solutions à leur portée. 

Le besoin de vérification : une mesure non négligeable

Parallèlement au phénomène de « l’écoblanchiment » qui ternit la réputation du secteur des produits biologiques et qui incite les consommateurs à exiger des normes plus rigoureuses et un  étiquetage adéquat pour protéger l’intégrité de l’appellation biologique, l’évaluation des placements intégrant les facteurs ESG fait l’objet d’examens de plus en plus minutieux. Les déclarations des entreprises sur les questions liées aux facteurs ESG se sont constamment améliorées depuis le lancement du Global Reporting Initiative (GRI) en 2000, mais l’évaluation et la vérification des résultats sont toujours en évolution. Les mégadonnées et l’apprentissage automatique contribueront sans aucun doute à bonifier les méthodes de notation, mais il y aura des coûts associés à cette amélioration et ce seront les sociétés ou les investisseurs qui devront eux-mêmes les assumer. Pourtant, nous savons qu’il y a de bonnes raisons de le faire. Un nombre de plus en plus important d’études montrent que les sociétés qui gèrent et prennent en compte les questions de durabilité bénéficient, en plus d’une bonne réputation, de multiples avantages sur le plan concurrentiel – notamment une incidence positive quant aux questions sociales et de gouvernance, l’affectation efficace et la rentabilité des ressources, des gains de productivité, de même que la production de nouveaux revenus et la création d’occasions relativement à leurs produits.

Sur mesure ou prêt-à-porter

Avec l’évolution du secteur, il y aura certainement de plus en plus d’investisseurs qui réclameront des produits personnalisés. Les objectifs d’une grande caisse de retraite, par exemple, pourraient être très différents de ceux d’une autre. L’une pourrait se concentrer sur la qualité de l’air ou l’utilisation de l’énergie et l’autre pourrait être plus axée sur la santé, la sécurité et les droits des travailleurs. Des  gestionnaires d’actif spécialisés continueront d’innover et de réinventer les façons de permettre aux investisseurs de répondre à leurs objectifs financiers et à ceux liés aux facteurs ESG.

Les commentaires que renferme le présent document sont fournis à titre de renseignements d’ordre général basés sur des informations disponibles au 7 décembre 2018 et ne devraient pas être considérés comme des conseils personnels en matière de placement, une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières. Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous assurer de l’exactitude de ces commentaires au moment de leur publication, mais cette exactitude n’est pas garantie. Les conditions du marché peuvent changer et le gestionnaire de portefeuille n’accepte aucune responsabilité pour des décisions de placement prises par des individus et découlant de l’utilisation ou sur la foi des renseignements contenus dans ce document. Nous invitons les investisseurs à obtenir les conseils d’un conseiller financier.

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Date de publication : le 12 décembre 2018

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