Faut-il investir sur le marché ou se retirer

Par: Tony Genua • le 5 octobre 2017 • les-marches

Les rendements des actions américaines sont toujours intéressants, et ce, malgré l’impopularité du président Trump

Le marché haussier américain demeure intact et nous croyons que les investisseurs devraient garder le cap afin de réaliser les gains attendus. La montée des cours boursiers américains persiste depuis huit ans et demi, le marché enregistrant une plus-value de 279 %2 en regard de son point le plus bas sur la courbe du cycle, et pourtant, les données fondamentales restent favorables. Malgré tout, les investisseurs continuent d’hésiter à y investir, comme l’indique le peu de rentrées de fonds dans les actions américaines. Qu’il s’agisse des craintes relatives au risque politique, à la pérennité de l’économie ou aux évaluations, ou probablement une combinaison des trois, nous exposons nos points de vue sur ces sujets et nous expliquons pourquoi des occasions de croissance sont toujours présentes.

Risque Politique

Le marché boursier américain affiche un rendement supérieur à 10 % pour l’année à ce jour1, et ce, malgré les défis auxquels le président Trump est confronté quant au respect de ses engagements pris en campagne électorale. Pour l’heure, aucun détail important ni aucun échéancier précis n’ont été présentés pour soutenir la réforme fiscale, la déréglementation et les dépenses en infrastructures. Cependant, le manque d’avancement du programme législatif n’a pas encore gêné de manière notable l’essor du marché. Même la dégringolade spectaculaire de la cote d’approbation du président Trump n’a pas incommodé la progression du marché cette année, nonobstant le fait que cette cote se rapproche dangereusement de creux préalables, à la suite desquels le marché boursier avait éprouvé des difficultés. Étant donné le penchant de Donald Trump pour les messages véhéments sur Twitter et pour les commentaires désinvoltes, il ne serait pas étonnant de voir sombrer sa cote de confiance à un niveau si bas que le marché pourrait être mis à l’épreuve, si l’on se fie au passé (voir l’illustration 1).  

 

 

Illustration 1. Rendement de l’indice Dow Jones par rapport à la cote d’approbation du président des États-Unis

Source : Ned Davis Research, Cornerstone Macro, septembre 2017

En observant la cote de confiance de Donald Trump, il faut tenir compte du fait que celle-ci semble se maintenir – grâce à sa base fidèle et à son parti, qui demeurent plutôt enthousiastes. Cela étant dit, le programme de Trump est favorable au marché et devrait se concrétiser avec des réductions d’impôt, une déréglementation et des dépenses en infrastructures. L’incertitude plane quant au moment auquel ces mesures seront mises en place et quant à l’importance de leurs retombées positives. La situation ne devrait pas se préciser d’ici la fin de l’année, voire avant l’an prochain, et toute correction du marché devrait être considérée comme une occasion d’achat.

La Croissance Économique Des États-Unis Étayée Par La Croissance Synchronisée à L’échelle Mondiale

En dépit de la reprise économique qui dure depuis huit ans, les perspectives de croissance sont aussi encourageantes qu’au début de juillet 2009. La situation des États-Unis continue d’indiquer que d’autres gains économiques sont à venir – et qu’ils proviendront du secteur des entreprises ainsi que du secteur fort important de la consommation. Le niveau d’optimisme des petites entreprises est toujours élevé et la confiance des consommateurs a atteint un niveau jamais vu depuis le début des années 2000 (voir l’illustration 2). Le fait que les consommateurs aient été l’élément moteur de cette reprise économique n’est pas étonnant, car leurs dépenses ont été soutenues par une croissance du taux d’emploi, une hausse des salaires, des prix bas de l’essence et des taux d’intérêt faibles. Bien qu’il soit encore tôt, les premières perspectives quant aux ventes des Fêtes de fin d’année 2017 établies par Deloitte semblent plutôt encourageantes : la croissance des ventes de détail devrait augmenter de plus de 4,5 % par rapport à l’an dernier et les ventes en ligne enregistreront un bond spectaculaire de 18 à 21 % pendant cette période3.

 

Illustration 2. Les perspectives des États-Unis demeurent solides

Source : Bloomberg, au 31 août 2017

Après le secteur de la consommation (qui représente 69 % du PIB), celui de l’investissement des entreprises (soit 16 % du PIB) arrive deuxième au chapitre des composantes les plus influentes sur l’économie. Puisque les dépenses en capital constituent la grande partie de l’investissement des entreprises (75 %), l’économie devrait continuer de tirer parti de ces perspectives positives. Non seulement le secteur de l’énergie enregistre une reprise des dépenses en 2017 après une énorme chute en 2016, mais d’autres secteurs envisagent également d’accroître leurs dépenses, une tendance qui devrait s’accélérer l’an prochain. Selon le plus récent sondage auprès des petites entreprises effectué par le NFIB (National Federation of Independent Business), le pourcentage de sociétés qui comptent augmenter leurs dépenses en capital au cours des trois à six prochains mois est le plus élevé depuis plus de dix ans. La hausse de ces dépenses du côté des petites entreprises en 2018 pourrait très bien accélérer les dépenses en capital des multinationales américaines, particulièrement si les réductions d’impôt dans le cadre du rapatriement des dollars détenus à l’étranger par ces sociétés mondiales sont mises en œuvre. Quand bien même nous ignorons la date d’entrée en vigueur de la réforme fiscale ainsi que ses retombées positives, les sociétés américaines d’envergure mondiale bénéficient de la reprise économique à l’échelle internationale, alors qu’elle n’a pas été autant synchronisée depuis bien des années (voir l’illustration 3). Cette conjoncture devrait favoriser une croissance intéressante du chiffre d’affaires ainsi que du résultat net, mais également aider à assurer que les dépenses en capital demeurent à des niveaux sains.

 

Illustration 3. Évolution de l’activité manufacturière à l’échelle mondiale selon l’indice PMI

Source : Ned Davis Research, au 31 août 2017

Étant donné que la conjoncture demeure favorable, les bénéfices des sociétés devraient encourager les investisseurs en actions. Ces bénéfices devraient être solides au troisième trimestre, tout comme ils l’ont été au deuxième trimestre. L’illustration 4 montre que le taux de croissance des bénéfices est robuste et que la corrélation des bénéfices avec le marché boursier appuie la tendance haussière des cours.

Illustration 4. Croissance des bénéfices de l’indice S&P 500 sur 12 mois mobiles (d’une année sur l’autre) (gauche); indice S&P 500 contre bénéfice par action de l’indice S&P 500 (droite)

Source : Strategas Research (gauche), Citi Research (droite), août 2017

Des Évaluations Élevées, Mais Raisonnables En Regard Des Taux D’intérêt

De nombreux commentaires ont été faits quant aux cours élevés des actions américaines en regard du ratio cours/bénéfices (c/b). Et effectivement, ce ratio, sur une base absolue, est plutôt élevé par rapport à son niveau historique. Il est présentement 19 fois supérieur aux bénéfices prévus pour 2017. Ainsi, les évaluations actuelles sont à des niveaux comparables à ceux enregistrés au début des années 2000 et à la fin des années 1990. En fait, il s’agit des deux seules périodes récentes au cours desquelles le ratio c/b était plus important que maintenant (voir l’illustration 5, graphique de gauche). Si nous excluons le début des années 2000, où les bénéfices avaient souffert d’une conjoncture de récession, il ne reste que les trois dernières années des années 1990 – où le marché a enregistré des évaluations plus élevées, toujours selon ce ratio. 

Cependant, il importe d’expliquer la relation entre le ratio c/b et les taux d’intérêt. Selon l’illustration 5, le ratio c/b actuel s’élève à 19x. Ainsi, le niveau d’évaluation du marché est légèrement supérieur à celui d’il y a 10 à 15 ans, pendant la dernière expansion économique. Et pourtant, lors de cette dernière période, les taux d’intérêt, selon le bon du Trésor des États-Unis à 10 ans, étaient deux fois plus élevés que présentement (de 4 à 5 % contre le niveau actuel de 2,25 %) (voir l’illustration 5, graphique de droite). En tenant compte des taux d’intérêt, qu’ils soient au niveau d’il y a plus d’une décennie ou à celui de la fin des années 1990 (voir l’illustration 5, graphique de droite, périodes encerclées en rouge), l’évaluation du marché n’était pas excessive, en fonction du ratio c/b.


 

Illustration 5. Fluctuation grande ou faible du ratio cours/bénéfices mobile de l’indice S&P 500 contre rendement du bon du Trésor des États-Unis à 10 ans (gauche), rendement d’une obligation des États-Unis à 10 ans (droite)

Source : Bloomberg, Baseline, au 31 août 2017

Attendu que les taux d’intérêt sont généralement représentatifs du taux d’inflation, il faut souligner la relation entre le ratio c/b et le taux d’inflation. Il n’est pas étonnant que des ratios c/b élevés correspondent à de faibles taux d’inflation, car ces ratios sont plus élevés quand le taux d’inflation se situe dans une fourchette de 0-2 % à 2-4 %. Nous sommes présentement témoins d’une conjoncture économique caractérisée par un faible taux d’inflation – et ce dernier est bien jugulé au sein de cette fourchette, qui est associée aux niveaux les plus élevés du ratio c/b.

Illustration 6. Ratio cours/bénéfices et taux d’inflation

Source : Strategas (gauche), Ned Davis Research (droite), juillet 2017

Conclusion

Tout investisseur se demandant si le présent marché haussier de l’indice S&P 500 tire à sa fin n’a pas besoin d’aller chercher très loin les raisons : les tensions géopolitiques avec la Corée du Nord, les catastrophes naturelles (ouragans Harvey et Irma), les craintes relatives aux évaluations et en particulier le resserrement de la politique monétaire, pour n’en nommer que quelques-unes. Le temps représente un autre facteur préoccupant, car le marché haussier actuel dure depuis déjà plus de huit ans. L’histoire donne à penser qu’une correction est attendue depuis longtemps.

Bien que les investisseurs aspirent d’abord à se délester de leurs titres avant que la correction ne se matérialise, ceux qui ont raté la fin des marchés haussiers antérieurs s’en sont mordu les doigts, car ces marchés enregistrent habituellement des rendements solides en fin de parcours. Au cours des 12 derniers marchés haussiers (depuis 1937), les titres ont enregistré pendant les 12 mois avant le sommet du marché environ un cinquième de leurs rendements sur la totalité d’un cycle, soit en moyenne un gain de 25 %.

Illustration 7. Rendements globaux de l’indice S&P 500 avant les sommets du marché depuis 1937

Source : BofA Merrill Lynch U.S. Equity & Quant Strategy, Bloomberg, S&P, septembre 2017

Malgré les craintes relatives aux nombreuses questions qui sont toutes suffisamment importantes pour déclencher une correction majeure, l’indice S&P 500 fait preuve d’une robustesse remarquable. Selon nous, le marché pourrait encore s’apprécier alors que les résultats financiers des sociétés pour le troisième trimestre sont sur le point d’être publiés, car le cours du dollar américain est peu élevé, ce qui devrait soutenir le commerce extérieur, et les prix de l’énergie sont en cours de stabilisation. Qui plus est, chaque mois écoulé devrait nous rapprocher de l’adoption de mesures législatives qui permettront de réduire les impôts et d’augmenter les dépenses en infrastructures.

Nous estimons que les sociétés gérées de manière judicieuse devraient continuer de se démarquer avant la fin officielle du présent marché haussier, permettant aux gestionnaires proactifs – comme nous – d’investir dans ces occasions et ces titres rentables afin d’ajouter de la valeur aux portefeuilles des clients, et ce, avant que le vent tourne.

 

Pour de plus amples renseignements, communiquez avec votre représentant des ventes AGF ou visitez AGF.com/Institutionnel. 

1 Bloomberg, au 30 septembre 2017
Bloomberg, au 30 septembre 2017
3 Deloitte, au 20 septembre 2017
 

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Date de publication : le 4 octobre 2017