Les secteurs cycliques en début de cycle

le 8 décembre 2020 | Par: Richard Fisher, Jamie Maddock, Jean-Sébastien Nadeau et Angela Rhoden

Les secteurs cycliques en début de cycle

Au cours des dernières années, les investisseurs se sont concentrés sur les occasions et les risques associés à une économie en phase avancée. Mais aujourd’hui, dans le sillage de la récession provoquée par la pandémie, l’attention s’est tournée vers les perspectives d’une nouvelle expansion économique et les sphères du marché qui devraient être les plus avantagées dans cette conjoncture. Ainsi, voici quatre secteurs qui pourraient jouer un rôle plus important au sein des portefeuilles l’an prochain.

 


 

Finance

Compter sur les banques

Richard Fisher
Le meilleur moment pour posséder des titres financiers est généralement pendant la phase de croissance émergente d’un cycle économique et 2021 ne devrait pas faire exception à la règle. La récession déclenchée par la COVID-19 a fortement déprimé les valorisations des titres de ce secteur. Cependant, une fois qu’un vaccin sera approuvé et largement distribué, plusieurs éléments favorables devraient se manifester, entraînant notamment une réévaluation et une hausse, en 2021, des valeurs financières sensibles au crédit.

 

Le regain de confiance des emprunteurs et la demande accrue de prêts à mesure que les conditions économiques se normalisent comptent parmi ces conditions avantageuses. À leur tour, les revenus d’intérêts devraient dépasser la compression des marges – on s’attend à ce qu’elle se stabilise l’an prochain en regard de la courbe de rendement plus prononcée cette année. La qualité du crédit, quant à elle, semble être sur le point d’émerger comme un autre atout important si les divers programmes de report de prêts servent à atténuer les pertes sur prêts et si l’accumulation de réserves pour pertes sur prêts – qui s’est accrue en 2020 – est comptabilisée dans les bénéfices. Enfin, l’interdiction temporaire d’augmentation des dividendes et d’offre de rachats d’actions appliquée plus tôt cette année aux grandes firmes devrait être levée, ce qui pourrait donner un nouvel élan au secteur.

Si la réévaluation des valeurs financières peut s’avérer importante, le facteur déterminant de la croissance des bénéfices de base reste la politique actuelle des banques centrales en matière de taux d’intérêt à zéro. Au sein du secteur, les banques et les sociétés de crédit à la consommation semblent les plus attrayantes à l’aube de 2021. Les valorisations déprimées des sociétés d’assurance vie devraient également être réévaluées, mais le secteur réagit mieux à des niveaux absolus de taux d’intérêt plus élevés qu’à une accentuation de la courbe des taux de rendement. Les gestionnaires d’actifs et les courtiers devraient, en outre, bénéficier de meilleurs flux et de niveaux d’actifs plus élevés, mais rester exposés à des pressions séculaires sur les marges.

Sur le plan géographique, les investisseurs devront également faire des choix éclairés. Par exemple, en Amérique du Nord, les États-Unis pourraient avoir un avantage sur le Canada, où les consommateurs plus endettés pourraient entraîner une reprise économique plus lente.

 


 

Matériels

Super (nouveau) cycle des matières premières?

Jamie Maddock
Les titres de métaux de base et de métaux précieux semblent attrayants à l’approche de 2021, mais pas seulement en raison de l’impact positif qu’une reprise cyclique de l’économie devrait avoir sur la demande mondiale de matières premières. D’autres facteurs, y compris les importantes mesures de relance des gouvernements et les nouvelles initiatives écologiques correspondantes, sont également en jeu et, lorsqu’ils sont combinés aux déficits actuels de l’offre et de la demande dans un contexte de dollar américain vulnérable, ces catalyseurs pourraient finir par provoquer le prochain super cycle des matières premières.

En fait, la reprise cyclique de la demande de matières premières a déjà commencé après un arrêt temporaire au début de 2020, au plus fort de la pandémie de COVID-19. Par exemple, les prix du cuivre, du minerai de fer et du palladium ont enregistré des rendements à deux chiffres depuis le début de l’année jusqu’en novembre et, dans chaque cas, ont dépassé l’indice MSCI Monde (tous pays).

Rendement des métaux précieux et des métaux industriels

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Source : Bloomberg LP, au 25 novembre 2020. Vous ne pouvez pas investir directement dans un indice.

Mais cette reprise de la demande dans l’après-COVID reflète également l’élargissement de l’attention mondiale portée aux politiques sociales et environnementales des gouvernements. Du nouveau plan de croissance quinquennal de la Chine au Pacte vert pour l’Europe en passant par le nouveau plan de relance vert potentiel du président élu Joe Biden, l’accent est plus que jamais mis sur la modernisation des infrastructures; ainsi, le passage consécutif à une utilisation de plusieurs sources d’énergie plus verte est exceptionnellement favorable à certaines matières premières telles que le cuivre et le palladium, ainsi que le lithium, le cobalt, le nickel et le zinc. Dans le même temps, bon nombre de ces matières premières sont déjà en pénurie, après des années de sous-investissement depuis le dernier boom des matières premières.

En attendant, la simple augmentation des mesures de relance du gouvernement, plus particulièrement aux États-Unis, pourrait entraîner une nouvelle dévaluation du dollar américain, déjà vulnérable. Dès lors, cela pourrait créer une chaîne de réaction positive menant à une hausse encore plus importante des prix des matières premières. Et si l’inflation est un anathème pour beaucoup, elle représente un risque extrême qui n’a jamais été aussi élevé depuis des décennies, les métaux et le pétrole offrant deux des meilleures couvertures potentielles aux investisseurs pour se protéger.

 


 

Consommation discrétionnaire

À votre guise

Jean-Sébastien Nadeau
Comme d’autres secteurs cycliques en début de cycle, celui de la consommation discrétionnaire a une longue tradition de rendements élevés au lendemain de récessions. Cela a été vrai pour les marchés du crédit et des actions au fil des ans; et pourtant, étant donné la nature inhabituelle de l’arrêt économique imposé par le gouvernement cette année, il ne faut pas s’attendre à ce que tous les sous-secteurs obtiennent des résultats aussi bons cette fois-ci.

Par exemple, les constructeurs de maisons se sont déjà rapidement rétablis après la chute enregistrée en mars. Cela s’explique en partie par le fait que les prix de l’immobilier sont restés relativement stables tout au long de la pandémie, tandis que les saisies ont été limitées grâce aux multiples initiatives mises en place par le gouvernement. La faiblesse du taux d’accession à la propriété, l’amélioration de l’accessibilité financière grâce à des taux d’intérêt plus bas et la poursuite de la construction de logements – qui n’a pas été directement touchée par la pandémie – ont également aidé ce sous-secteur à se rétablir plus rapidement que les autres. En fait, le marché du logement américain a si bien résisté à la crise que le taux d’accession à la propriété s’est accéléré au cours des premières semaines de l’épidémie et n’a pas beaucoup diminué depuis lors.

Si cela peut être de bon augure pour les constructeurs de maisons, d’autres sous-secteurs tels que les loisirs, les jeux et l’hébergement, qui n’ont pas récupéré aussi rapidement, pourraient finir par représenter de meilleures occasions en 2021. Bien entendu, les revenus dans ces trois domaines ont subi les contrecoups des mesures de confinement et de distanciation sociale adoptées dans plusieurs juridictions en 2020. Plus récemment, cependant, chacun s’est mobilisé à la nouvelle que trois vaccins contre la COVID-19 ont montré une grande efficacité lors d’essais et pourraient bientôt être approuvés par la Food and Drug Administration des États-Unis. Plus particulièrement, les compagnies de croisière, les chaînes de cinémas et les sociétés de jeux ont enregistré des rendements solides ces derniers temps et elles devraient, en moyenne, continuer à prospérer une fois que ces vaccins seront mis à la disposition de l’ensemble de la population.

Cela ne signifie pas pour autant que des rendements plus élevés sont une évidence. Et, au moins du point de vue du crédit, il serait préférable pour les investisseurs d’attendre un recul avant de choisir d’accroître leur participation à ces domaines. En fin de compte, les liquidités et les bilans relativement sains devraient demeurer en tête des préoccupations des investisseurs à la recherche de meilleures occasions parmi ces sous-secteurs. Après tout, certaines sociétés pourraient ne pas survivre à la pandémie, mais celles qui y parviendront seront probablement plus performantes que les autres.

 


 

Biens industriels

Retour de l’activité manufacturière

Angela Rhoden
Si le secteur des biens industriels a rebondi après les creux atteints en mars dernier, il reste bien placé pour se démarquer en 2021, grâce à une forte croissance des bénéfices, au potentiel de révisions positives des estimations et aux valorisations relativement attrayantes de certains sous-secteurs.

Les indices mondiaux des directeurs d’achat (indices PMI) se sont fortement redressés et les matières premières comme le cuivre laissent présager une forte reprise de l’activité économique. La présente phase du cycle économique favorise généralement les biens industriels, faisant état d’une accélération dans de nombreux marchés finaux que le secteur dessert. Une reprise de l’activité économique devrait à son tour soutenir une forte croissance des bénéfices des sociétés de biens industriels en 2021.

Les estimations des sociétés industrielles qui ont particulièrement bien géré le creux et amélioré leur structure de coûts pourraient également être révisées à la hausse. Ces sociétés sont en mesure de réaliser des marges plus élevées que prévu, ce qui devrait susciter une surperformance.

Au sein du secteur, les occasions les plus importantes se trouvent probablement dans les sous-secteurs cycliques, tels que la machinerie, qui se négocient au rabais par rapport au marché tout en offrant une croissance relativement solide des bénéfices. Certaines sociétés de biens d’équipement exposées à l’accélération des marchés finaux et à des domaines de croissance structurels tels que l’automatisation industrielle présentent également des occasions.

Certes, l’imposition de nouveaux confinements pose un défi à court terme quant au rythme de la reprise économique et pourrait attiser la volatilité à court terme. Toutefois, le potentiel croissant de l’approbation d’un vaccin pourrait contribuer à renforcer la confiance des investisseurs et permettre au marché de regarder au-delà de toute pause qui entrecoupe la reprise.

Indices PMI : Reprise solide

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Source : Markit, ISM, Morgan Stanley Research, au 30 novembre 2020. Un résultat de l'indice supérieur à 50 représente une expansion. Un résultat inférieur à 50 représente une contraction. 

Richard Fisher

M.A. (Écon.)
Cochef, Recherche sur les actions, et analyste des actions, Placements AGF Inc.

Jamie Maddock

Ph. D.
Analyste des actions mondiales, Placements AGF Inc.

Jean-Sébastien Nadeau

CFA®
Analyste du crédit, Placements AGF Inc.

Angela Rhoden

CFA®
Analyste des actions mondiales, Placements AGF Inc.

Cochef, Recherche sur les actions, et analyste des actions

Richard Fisher est cochef de la recherche au sein de l’équipe de recherche sur les actions, en plus d’être responsable de la recherche fondamentale dans les secteurs de la finance et de l’immobilier en Amérique du Nord. Il travaille en étroite collaboration avec les gestionnaires de portefeuille d’AGF en leur livrant des analyses et des recommandations sur les aspects qualitatif et quantitatif. Il soutient l’équipe de recherche sur les actions en visitant des sociétés et en fournissant de la documentation portant sur les résultats de ses recherches.

Avant de se joindre à l’équipe de recherche sur les actions nord-américaines, il a occupé plusieurs postes au sein des ventes au détail d’AGF. Dernièrement, il a été vice-président régional, après avoir exercé des fonctions aux responsabilités croissantes depuis son entrée à AGF, en 1996.

M. Fischer est titulaire d’un baccalauréat (avec distinction) de l’Université York et d’une maîtrise en économie de l’Université de Waterloo.

Analyste des actions mondiales

Jamie Maddock est analyste des actions mondiales, plus particulièrement dans les secteurs de l’énergie et des matériels.

Il possède 12 ans d’expérience dans le domaine. Avant de se joindre à AGF, il a travaillé pour la Deutsche Bank, Morgan Stanley, Collins Stewart et Brewin Dolphin.

M. Maddock a passé sa carrière au Royaume-Uni et détient un doctorat (Ph. D.) en géophysique pétrolière.

Analyste du crédit

Jean-Sébastien Nadeau fait partie de l’équipe des titres à revenu fixe AGF. Il est chargé d’apporter son soutien dans le cadre des analyses fondamentales et des recherches sur le crédit. Il possède des antécédents solides dans la mise au point de modèles quantitatifs, aussi bien pour les obligations de sociétés que pour les obligations souveraines, et il possède une expertise toute particulière dans les secteurs des télécommunications et de la consommation discrétionnaire.

Avant de se joindre à AGF, il occupait le poste d’analyste principal à la Banque du Canada, dans le cadre duquel il effectuait des analyses portant sur les banques en Amérique du Nord, en Europe et en Asie, de même que sur les entités liées aux gouvernements.

M. Nadeau est titulaire d’un baccalauréat spécialisé en administration des affaires (avec spécialisation en finance) et d’un MBA (finance) de l’Université Laval, en plus d’être gestionnaire de risque financier (FRM) et analyste financier agréé (CFA®).

Analyste des actions mondiales

Angela Rhoden est analyse des actions mondiales dans le secteur des biens industriels. Elle suivait auparavant une approche généraliste dans le cadre de laquelle elle couvrait plusieurs secteurs, et elle a été directrice au sein du Groupe de spécialistes des portefeuilles, où elle s’occupait surtout des actions mondiales.

Avant de se joindre à AGF, Mme Rhoden a travaillé pendant cinq ans dans le domaine de la recherche d’actions à Clarus Securities et à Northland Capital Partners. Ses fonctions consistaient à effectuer des recherches et des analyses fondamentales visant des sociétés de plusieurs secteurs, y compris ceux des matériels et des biens industriels. Elle a également travaillé à la Banque de Montréal, dans le groupe chargé du financement et des services bancaires destinés aux entreprises, où elle évaluait le risque associé au crédit de sociétés et présentait des recommandations à ce sujet au groupe d’évaluation du risque.

Angela Rhoden est analyste financière agréée (CFA®) et titulaire d’un MBA en finance de la Schulich School of Business.

Les points de vue exprimés dans cet article sont ceux des auteurs et ne représentent pas nécessairement les opinions d’AGF, de ses filiales ou de ses sociétés affiliées, et ne peuvent être associés à aucun fonds ni à aucune stratégie d’investissement.

Les commentaires que renferme le présent document sont fournis à titre de renseignements d’ordre général et sont fondés sur de l’information disponible au 8 décembre 2020. Ils ne devraient pas être considérés comme des conseils en matière de placement, une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières. Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous assurer de l’exactitude de ces commentaires au moment de leur publication, mais cette exactitude n’est pas garantie. Nous invitons les investisseurs à consulter un professionnel des placements.

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