Ce que nous savons – et ce que nous ne savons pas – au sujet des marchés de change en 2026
Ce que nous savons – et ce que nous ne savons pas – au sujet des marchés de change en 2026
Des politiques budgétaires favorables figurent parmi les catalyseurs qui pourraient avantager les monnaies des marchés émergents et de certains marchés développés.
Sur les marchés de change, plusieurs incertitudes clés – appelons-les les faits « inconnus connus » – se profilent à l’horizon pour 2026. Elles vont de l’issue de décisions importantes des tribunaux et de nominations cruciales à la banque centrale américaine, à des accords commerciaux potentiels, en passant par l’étape finale des droits de douane (y en a-t-il une?) et les élections à venir, plus particulièrement aux États-Unis. Ces événements et ces tendances façonneront sans aucun doute les perspectives des marchés à court terme, mais nous ne savons tout simplement pas comment tout cela va se dérouler.
Pendant que nous essayons de deviner ce qui se passera sur les marchés de change l’an prochain, tournons-nous plutôt vers ce que nous savons – les « faits connus », soit les politiques monétaire et budgétaire passées, les tendances démographiques futures et la probabilité que les inquiétudes actuelles des marchés finissent par se dissiper. Lorsque nous nous concentrons effectivement sur ces faits, nous constatons que le contexte évolue rapidement.
L’année 2025 semble avoir été définie par un assouplissement monétaire soutenu et substantiel à l’échelle mondiale, tout comme ce fut le cas en 2024. De toute évidence, deux ans de réduction des taux soutiendront les économies et avantageront les monnaies sensibles à la croissance, surtout au sein des marchés émergents et de certains marchés développés. Mais comme le passé est garant de l’avenir, en 2026 nous devrions observer un changement sur le plan de l’ampleur si ce n’est pas de nature, en ce qui concerne la politique monétaire. Nous nous attendons à des réductions de taux beaucoup moins importantes partout dans le monde, de nombreuses banques centrales ayant indiqué qu’elles se rapprochent ou se situent dans des fourchettes de taux qui établissent un équilibre général entre les risques d’une politique trop expansionniste et ceux de mesures trop restrictives.
Réductions cumulatives de taux directeur par année
Source : Bank of America Global Investment Strategy, Bloomberg, octobre 2025.
La seule exception potentielle : la Réserve fédérale américaine (Fed). Nous croyons que la croissance aux États-Unis ralentit suffisamment pour justifier d’autres réductions de taux de la Fed. Grâce à l’assouplissement de la politique monétaire, aux mesures de relance budgétaire que Washington devrait adopter et à une certaine dissipation (nous l’espérons) de l’incertitude entourant la politique économique, les risques d’une récession à court terme sont faibles. Contrairement aux deux dernières années, nous croyons qu’il est très probable que la Fed réduise ses taux davantage que ne le feraient la plupart des grandes banques centrales du monde. Cela aurait un effet modérateur sur le dollar américain et, par conséquent, favoriserait les monnaies des marchés émergents et celles de certains marchés développés.
La politique budgétaire reste favorable. En plus des mesures de relance prévues aux États-Unis, nous continuons d’observer une augmentation des dépenses dans plusieurs économies importantes, dont l’Europe, la Chine et le Canada. Nous pensons qu’à l’échelle mondiale, les répercussions à retardement de la politique budgétaire continuent d’offrir un contexte solidement favorable à une expansion économique. Encore une fois, cela devrait avantager nos monnaies privilégiées au sein des marchés émergents et de certains marchés développés.
La politique budgétaire prévue continue de soutenir la croissance
Tableau 1.1 Équilibre budgétaire général des États, de 2019 à 2030 : Vue d’ensemble
(Pourcentage du PIB, à moins d’indication contraire)
| Prévisions | ||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 | 2026 | 2027 | 2028 | 2029 | 2030 | |
| Monde | -3,5 | -9,5 | -6,3 | -3,7 | -4,9 | -5,0 | -5,1 | -4,7 | -4,5 | -4,5 | -4,5 | -4,6 |
| Économies avancées | -3,0 | -10,3 | -7,2 | -2,9 | -4,6 | -4,7 | -4,3 | -3,9 | -3,8 | -3,9 | -3,9 | -4,0 |
| Économies avancées, hors É.-U. | -1,0 | -7,6 | -4,3 | -2,3 | -2,5 | -2,6 | -2,5 | -2,5 | -2,4 | -2,5 | -2,6 | -2,6 |
| Marchés émergents et économies en développement | -4,4 | -8,4 | -5,0 | -4,8 | -5,2 | -5,5 | -6,1 | -5,9 | -5,5 | -5,4 | -5,3 | -5,3 |
| Marchés émergents, hors Chine | -3,1 | -7,8 | -4,2 | -2,9 | -4,2 | -4,3 | -4,5 | -4,2 | -3,8 | -3,5 | -3,4 | -3,3 |
Source : Fonds monétaire international, Moniteur des finances publiques, avril 2025
Cette situation se produit dans un contexte d’importants changements démographiques. Dans le monde de l’économie, les termes « moins » et « faible » signifient tout simplement ce qu’ils désignent. La croissance de la population a ralenti à la fois dans les économies avancées et dans les économies émergentes, et bon nombre d’entre elles prévoient une baisse de leurs populations en âge de travailler, selon une étude des Nations Unies. Parmi les pays développés, environ les deux tiers connaîtront de tels déclins d’ici 2050, ce qui posera des défis à la croissance du PIB. Nous sommes d’avis que les économies émergentes sont généralement mieux positionnées à cet égard.
La baisse de la croissance potentielle pourrait soutenir les marchés des obligations d’État, mais seulement si les politiques monétaire et budgétaire sont correctement calibrées. Alors que les marchés s’adaptent à ces changements structurels, nous croyons que les marchés obligataires sont naturellement bien positionnés, à condition que leurs politiques soient bien dosées, et que les économies émergentes dotées d’un solide profil démographique sont fortement avantagées.
Il faut noter que le Canada se classe légèrement en avance sur les États-Unis au chapitre de la croissance démographique et que le pays devrait représenter l’une des économies avancées connaissant une croissance supérieure. Alors, que devrions-nous penser de notre dollar canadien tant décrié? L’année 2025 s’est avérée difficile pour le dollar canadien, et pour de bonnes raisons; il a souffert des relations tendues avec les États-Unis et de la dépendance aux exportations. Les préoccupations suscitées par l’examen conjoint de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique ont également miné la confiance.
Nous croyons qu’un rebond est possible en 2026. Le positionnement, qui est souvent un indicateur à contre-courant, est très léger. Comme les réductions de taux de la Banque du Canada devraient être terminées, les écarts de taux d’intérêt s’amélioreront. La croissance mondiale, soutenue par les politiques monétaire et budgétaire susmentionnées, pourrait aider le secteur canadien des exportations. Les données démographiques, comme nous l’avons montré plus tôt, sont également un facteur nettement positif.
Même si le commerce demeurera un problème, il pourrait y avoir un avantage à long terme si le gouvernement canadien est en mesure de mettre en œuvre des plans visant à diversifier les relations commerciales avec d’autres économies, tant à l’Est qu’à l’Ouest. Si cela est combiné à de solides investissements dans les actifs productifs au pays, d’importants dividendes pourraient être générés à long terme. Nous ne sommes pas certains que le moment soit venu, mais nous croyons qu’une partie de la négativité à l’égard du dollar canadien pourrait se dissiper et que cela pourrait entraîner une période de rendements supérieurs.
Voici ce que nous savons (ou croyons savoir) : Les politiques monétaire et budgétaire favorables devraient stimuler la croissance mondiale à court terme, tandis que les difficultés démographiques posent des défis à long terme. Les marchés émergents sont généralement mieux positionnés que les économies avancées. Les pays dont les perspectives de croissance sont plus élevées, y compris le Canada s’il diversifie ses échanges commerciaux et investit de façon productive, devraient en profiter. Bien sûr, ces « inconnus connus » doivent encore se concrétiser, et le maintien d’une agilité déjà présente sera essentiel à la réussite sur les marchés de change l’an prochain.
Chef de l'équipe des titres à revenu fixe et de la stratégie des devises, M. Nakamura gère de nombreux portefeuilles depuis 2008. Son apport est essentiel à l'équipe pour ce qui est de l’analyse des conditions macroéconomiques mondiales, et plus particulièrement des taux à l'échelle mondiale et des marchés de change. Il est chargé d’élaborer la stratégie axée sur les devises et de donner des conseils quant aux effets des mouvements de change pour la société.
Il est également gestionnaire de portefeuilles du Fonds d’obligations à rendement global AGF et de la Catégorie Obligations à rendement global AGF, de même que du FNB Obligations Occasions mondiales AGF, en plus de siéger au Comité de répartition de l’actif de Placements AGF depuis 2016.
Tom Nakamura est titulaire d'un baccalauréat en commerce de l’Université de Toronto, en plus d'être analyste financier agréé (CFA®) et membre de la CFA® Society Toronto.
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