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Pourquoi les actions américaines méritent un optimisme sélectif

le 2 décembre 2025 | Par: Auritro Kundu, Placements AGF

Pourquoi les actions américaines méritent un optimisme sélectif

Les sociétés affichant des révisions à la hausse des bénéfices, de solides flux de trésorerie disponibles et une position dans les thèmes de la croissance à long terme continuent d’attirer des capitaux, tandis que celles qui n’ont pas d’effet de levier opérationnel ou de pouvoir de fixation des prix sont laissées pour compte.

 

À l’approche de la nouvelle année, le marché boursier américain se trouve à un point de transition : alimenté par la résilience de l’économie, l’évolution de la dynamique des politiques et l’innovation transformatrice, mais tempéré par les préoccupations à l’égard des évaluations et de l’incertitude géopolitique. Bien que le contexte macroéconomique laisse entrevoir une année de rendements modérés, des occasions pourraient bien s’offrir, stimulées par la déréglementation, la reprise des dépenses en immobilisations et la prochaine vague d’adoption de l’intelligence artificielle (IA). Dans l’ensemble, nous sommes optimistes à l’égard de cette situation, mais nous pensons également que les investisseurs devraient être sélectifs quant aux secteurs et aux styles.

Sur le plan macroéconomique, on peut s’attendre à ce que les actions américaines entament 2026 avec une dynamique de croissance. L’économie américaine continue de résister aux attentes récessionnistes. Les dépenses de consommation demeurent résilientes, les marchés de l’emploi sont serrés, mais ils s’apaisent graduellement et l’inflation montre des signes de normalisation. L’orientation de la Réserve fédérale américaine vers une position plus équilibrée (qui pourrait réduire les taux dans la seconde moitié de 2026) ajoute un niveau de soutien pour les actifs risqués et les secteurs sensibles au crédit.

Pourtant, les facteurs favorables les plus importants pourraient se manifester sur le plan des politiques. Compte tenu du retour potentiel d’une administration favorable à la croissance, les marchés anticipent de plus en plus une vague de déréglementation dans les secteurs de l’énergie, de la finance, de la défense et des soins de santé. Ce changement pourrait aider à instaurer un nouveau cycle d’investissements des sociétés, d’expansion des marges et de gains de productivité.

Un important catalyseur politique est la One Big Beautiful Bill Act, qui permet aux entreprises de comptabiliser la totalité des dépenses en immobilisations admissibles. Cette disposition transforme déjà le comportement des entreprises. Selon la société de services-conseils bancaires Evercore, elle pourrait accroître les flux de trésorerie disponibles de l’indice S&P 500 de 162 G$ en 2025, jusqu’à 190 G$ en 2026. Ces fonds devraient être réinvestis dans les infrastructures, l’automatisation et la transformation numérique, ce qui marquerait un point d’inflexion essentiel des dépenses en immobilisations des sociétés américaines.

Fait important, ce réinvestissement n’est pas seulement cyclique, il est stratégique. Les récents événements mondiaux ont souligné l’importance de la capacité de fabrication du pays dans des industries essentielles, comme les semi-conducteurs, les produits pharmaceutiques et les technologies de défense. Les vulnérabilités de la chaîne d’approvisionnement mises en lumière pendant la pandémie et l’intensification des tensions géopolitiques ont accéléré les efforts vers la relocalisation et la résilience industrielle nationale. Nous nous attendons à ce que les investissements ciblés dans les installations de fabrication de semi-conducteurs, les installations biotechnologiques et les centres de fabrication de pointe constituent un thème déterminant du prochain cycle.

Les répercussions sur des secteurs comme l’industrie, les semi-conducteurs et certains secteurs de la finance sont profondes. Les sociétés qui permettent ce déploiement de capitaux ou qui en profitent directement, que ce soit par la construction d’infrastructures, les technologies d’automatisation ou les solutions de financement, sont susceptibles d’enregistrer des rendements démesurés au cours de la prochaine année.

Ces tendances soutiendront-elles une hausse généralisée des évaluations boursières en 2026? Nous entrons maintenant dans la quatrième année du marché haussier qui a commencé à la fin de 2022. Dans le passé, cette phase a été marquée par des rendements modérés et une plus grande dispersion des rendements entre les secteurs et les styles. C’est une période où la dynamique générale du marché fait place à un leadership plus sélectif et les données fondamentales commencent à compter davantage que les perspectives macroéconomiques.

La troisième année, que nous venons de conclure, a été caractérisée par un puissant rebond des bénéfices, une normalisation de l’inflation et une poussée de l’enthousiasme à l’égard des technologies transformatrices, plus particulièrement l’intelligence artificielle. Le marché a récompensé la croissance et l’innovation, surtout parmi les technologies à mégacapitalisation, qui ont alimenté une grande partie du rendement au niveau de l’indice. Toutefois, elles ont également révélé les premiers signes de ralentissement des opérations les plus fréquentes sur le marché et d’évaluations élevées.

À l’aube de la quatrième année, l’indice S&P 500 continue de se négocier à des ratios élevés, surtout parmi les plus importants titres technologiques. Pourtant, les évaluations ne sont pas uniformément excessives. Sous la surface, il y a une perte de popularité grandissante : les sociétés affichant des révisions à la hausse des bénéfices, de solides flux de trésorerie disponibles et une position parmi les thèmes de la croissance à long terme continuent d’attirer des capitaux, tandis que celles qui n’ont pas d’effet de levier opérationnel ou de pouvoir de fixation des prix sont laissées pour compte.

Dans ce contexte en évolution, quatre thèmes clés émergent.

IA générative : toujours au début du cycle

Les perspectives à l’égard de l’IA évoluent rapidement. Bien que les modèles fondamentaux et les infrastructures infonuagiques aient dominé les manchettes, la prochaine vague (l’IA agentique et l’IA physique) commence. Cela comprend les véhicules autonomes, la robotique et l’automatisation industrielle fondée sur l’IA. À notre avis, nous en sommes encore aux premières étapes du commerce de l’IA. Les dépenses en immobilisations actuelles liées à l’IA demeurent modestes par rapport aux cycles technologiques précédents et l’écosystème de calcul (même s’il gagne en importance dans l’indice S&P 500) est loin d’être saturé.

Nous croyons que cela nous rapproche davantage de 1996 par rapport à 1999 dans le cycle de l’IA. En 1996, l’Internet progressait, l’infrastructure était en construction et les premiers chefs de file émergeaient. En 1999, les excès spéculatifs ont dominé. Aujourd’hui, l’adoption de l’IA est réelle, mais elle est toujours en hausse, les cas d’utilisation par les entreprises et la monétisation ne faisant que commencer à grande échelle. Cette situation soutient une position constructive à l’égard des actions liées à l’IA, plus particulièrement celles qui affichent une croissance réelle des revenus, des plateformes adaptables et une participation dans les infrastructures et les couches de calcul.

  Défense et cybersécurité : croissance sous-évaluée

Les dépenses de défense devraient bondir, et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) vise 3 % du PIB d’ici 2029. Les exportations de défense des États-Unis devraient enregistrer une croissance de plus de 10 %, mais de nombreux titres de la défense ne reflètent pas cette hausse. Nous remarquons des occasions dans les plateformes activées par l’IA, l’aérospatiale et la cybersécurité. Les sociétés de défense sont en bonne position pour tirer profit de la simplification de l’approvisionnement et de l’augmentation de la demande mondiale.

Biens industriels : relance des dépenses en immobilisations

Le secteur des biens industriels est au cœur du regain des dépenses en immobilisations – l’automatisation, la relocalisation et les mises à niveau des infrastructures stimulent la demande pour les machines, la logistique et les services d’ingénierie. Comme les sociétés américaines devraient augmenter considérablement leurs dépenses en immobilisations, certains titres des secteurs de la construction, du rail et des logiciels industriels offrent un profil risque-rendement intéressant. Ce secteur devrait également profiter de la déréglementation et du soutien budgétaire.

La nécessité de moderniser le réseau électrique américain est un aspect crucial, mais souvent négligé, de cette poussée des infrastructures. Bon nombre des infrastructures électriques aux États-Unis ont maintenant plus de 25 ans et sont mises à rude épreuve par la demande croissante, stimulée non seulement par le transport électrifié, mais aussi par la croissance des centres de données pour l’IA, les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire renouvelée. 

  Soins de santé : innovation et réglementation

Le secteur des soins de santé présente des résultats contrastés. D’une part, la déréglementation pourrait réduire les coûts de conformité et accélérer l’innovation. D’autre part, les pressions sur les prix et la surveillance politique demeurent défavorables. Nous préférons les outils des sciences de la vie, les plateformes biotechnologiques et les soins de santé numériques aux fournisseurs traditionnels. Les sociétés qui peuvent faire preuve de différenciation sur le plan clinique et de rentabilité sont susceptibles de produire des rendements supérieurs dans un contexte davantage axé sur la valeur.

Malgré les perspectives optimistes à l’égard des actions américaines, plusieurs risques justifient la prudence. Parmi ceux-ci, les tensions géopolitiques, surtout au Moyen-Orient et en Asie, pourraient perturber les chaînes d’approvisionnement et les marchés de l’énergie. De plus, l’incertitude entourant les élections de mi-mandat aux États-Unis l’an prochain et d’éventuels changements de priorités budgétaires, ainsi que la fatigue, pourraient s’installer chez les consommateurs américains (qui demeurent les principaux moteurs de l’économie américaine), en raison de la baisse de l’épargne excédentaire et de la reprise des remboursements de prêts étudiants. Enfin, le fait que certains secteurs, plus particulièrement les titres technologiques à mégacapitalisation, sont surpondérés ne fait aucun doute, ce qui accroît le risque de compression des évaluations.

L’année 2026 s’annonce comme une année où les facteurs macroéconomiques et microéconomiques pourraient se chevaucher. La combinaison de politiques favorables, d’accélération des dépenses en immobilisations et de thèmes de l’innovation en évolution crée des conditions propices pour les investisseurs axés sur les actions. Le contexte n’est toutefois pas dénué de risques. À notre avis, la gestion active sera essentielle pour composer avec la dispersion des rendements et repérer les gagnants. Qu’il s’agisse de la défense, de biens industriels ou de la prochaine vague d’IA, les occasions seront nombreuses, mais pour en tirer parti, il faudra de la rigueur, de l’agilité et un cadre de placement bien défini.

Auritro Kundu
Auritro Kundu, MBA
VP et gestionnaire de portefeuille
Placements AGF Inc.
VP et gestionnaire de portefeuille

Auritro Kundu agit à titre de gestionnaire de portefeuille de stratégies axées sur les actions américaines, mondiales et canadiennes de croissance de Placements AGF. La philosophie de placement de M. Kundu, qui croit fermement que l’innovation existe dans chaque secteur, consiste à cerner des sociétés innovantes qui affichent une croissance vigoureuse des bénéfices, possèdent des flux de trésorerie disponibles et génèrent un rendement à partir du capital investi.

Avant de se joindre à Placements AGF en 2015, il était analyste responsable de la recherche fondamentale et de l’analyse des titres dans les secteurs des technologies de l’information et de la consommation discrétionnaire. Il était auparavant analyste adjoint de la recherche sur les actions à la Financière Banque Nationale, où il était responsable des analyses portant sur des sociétés canadiennes productrices de matériel informatique, en plus d’avoir travaillé chez Rogers Communications en développement des affaires et chez Research in Motion en gestion de produits.

M. Kundo est titulaire d’un B.Sc.A. en génie électrique de l’Université de Toronto et d’un MBA de la Rotman School of Management de l’Université de Toronto.

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