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Volatilité à venir du côté des devises

le 6 décembre 2021 | Par: Tom Nakamura

Volatilité à venir du côté des devises

En 2022, l’incertitude économique pourrait avantager particulièrement le dollar américain.

De prime abord, les opérations de portage pourraient connaître une autre année fructueuse en 2022. Après tout, dans un contexte de taux à la hausse, la stratégie populaire, en vertu de laquelle les investisseurs empruntent dans une monnaie à faible taux d’intérêt pour investir dans une monnaie à taux d’intérêt plus élevé, tend à procurer de bons rendements, et de nombreuses banques centrales de marchés développés semblent en voie de majorer leurs taux l’an prochain.

Seulement, il y a un hic : les stratégies de portage sont rentables quand les marchés enregistrent peu de volatilité, ce qui permet aux investisseurs de récolter des taux d’intérêt plus élevés sans être aussi préoccupés par les prix sous-jacents. Dans la présente conjoncture inflationniste, toutefois, on s’attend à ce que les marchés des changes soient plus volatils au cours des 12 prochains mois; ainsi, ces stratégies pourraient vaciller.

En fait, cette observation est probablement véridique, que l’inflation soit transitoire ou non – les négociateurs de portage détestent la volatilité, car elle rehausse le niveau de risque. Qui plus est, les rendements obtenus de ce risque accru pourraient être négligeables. Les négociateurs de portage tirent leurs revenus des écarts de taux d’intérêt, mais entre les devises du G10, les écarts de portage sont très étroits. Bien que ceux-ci puissent s’élargir l’an prochain, à mesure que les taux monteront, ils demeureront bien en deçà de ceux d’avant la pandémie. Compte tenu du rendement moindre tiré du portage sur les marchés développés, ces stratégies deviendront vraisemblablement plus sensibles à un environnement fébrile. Par conséquent, nous croyons que ces opérations tourneront au ralenti en 2022.

Rendement net – Portefeuille d’opérations de portage du G10 (%)

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Source : JP Morgan, au 22 novembre 2021. La stratégie consiste à acheter (vendre) les devises ayant le rendement implicite à un mois le plus élevé (le plus bas) calculé selon des contrats de change à terme par rapport au dollar américain, d’après des montants avec des pondérations identiques. Il est possible de prendre une position en dollar américain si celui-ci figure dans le classement le plus élevé / le plus bas (utilisation d’un taux de swap américain à un mois pour le rendement en dollar américain). Une opération de rééquilibrage est effectuée à la fin de chaque mois.

Cette relégation au second plan restera probable, et ce, même si la Réserve fédérale américaine (Fed) figurera parmi les retardataires pour ce qui est d’augmenter vivement ses taux d’intérêt. Pour l’ensemble des marchés des changes, et particulièrement les opérations de portage, cela importera probablement peu. Au cours de la dernière année, les marchés ont récompensé les monnaies des pays dont les banques centrales semblaient avoir agi de manière précoce, quant au relèvement de leurs taux, ou celles dont le cycle de majoration des taux devait, selon eux, se poursuivre. Étant donné les incertitudes liées à l’inflation, nous estimons que ces distinctions s’avèreront moins importantes du point de vue des marchés, l’an prochain.

Cependant, ces facteurs avantagent le dollar américain, au même titre qu’un ralentissement de la croissance économique et une hausse potentielle des taux par la Fed en 2022. Historiquement, les devises refuges comme le yen, le franc suisse et le dollar américain tendent à se démarquer quand la croissance s’essouffle, tandis que les devises dites cycliques, dont le dollar canadien, ont tendance à donner de moins bons résultats.

L’histoire nous indique également que le dollar américain s’apprécie habituellement dans la période précédant la première hausse de taux par la Fed. La modération de la croissance et la hausse des taux d’intérêt définissent la situation financière. Les prévisions budgétaires actuelles laissent entendre que de nombreuses économies clés devront probablement réduire leurs dépenses publiques pour soutenir la croissance économique. En 2020, et dans une moindre mesure en 2021, les économies ont profité de facteurs favorables – mais elles pourraient faire maintenant face à des obstacles.

Il faut noter une exception à notre position haussière à l’égard du dollar américain : les opérations de portage sur les marchés émergents (ME). Au début de la pandémie, les banques centrales des ME ont lutté contre leurs instincts habituels de maintenir les taux élevés afin de protéger leurs monnaies; elles ont plutôt réduit de manière considérable leurs taux d’intérêt. Grâce à cette mesure ainsi qu’aux importantes dépenses budgétaires d’urgence, les responsables des politiques économiques sur les ME ont pu empêcher un recul encore plus marqué. Les devises des ME se sont fortement dépréciées dans cette conjoncture de faibles taux, et celle-ci a permis aux banques centrales des ME d’être plus à même de s’adapter face à l’inflation. Comme ces monnaies sont au départ plus abordables et que les taux d’intérêt sont inférieurs, il y a peu de raisons de s’inquiéter de la possibilité qu’elles s’apprécient de façon injustifiée dans ces conditions. Ainsi, selon JP Morgan, les stratégies liées aux opérations de portage sur les ME enregistrent de nouveau des rendements comparables à ceux d’avant la pandémie, contrairement à celles liées aux opérations de portage sur les marchés développés.

En résumé, l’incertitude pèsera probablement beaucoup sur l’économie en 2022. Le dollar américain, ou les devises refuges en général, ainsi que les monnaies des ME avec des portages élevés tireront avantage de cette situation.

Tom Nakamura
Tom Nakamura, CFA®
Vice-président et gestionnaire de portefeuille, Stratégie des devises, cochef de l’équipe des titres à revenu fixe
Placements AGF Inc.
Vice-président et gestionnaire de portefeuille, Stratégie des devises, cochef de l’équipe des titres à revenu fixe

Tom Nakamura possède plus de 15 ans d’expérience en matière de gestion de nombreux portefeuilles de titres à revenu fixe. Son apport est essentiel au sein de l’équipe pour ce qui est de l’analyse des conditions macroéconomiques mondiales, et plus particulièrement des marchés de change. Il est chargé d’élaborer la stratégie axée sur les devises et de procurer des conseils quant aux effets des mouvements de change sur les titres à revenu fixe. Il est également cogestionnaire de portefeuille pour le Fonds d'obligations à rendement global AGF.

Il occupait auparavant le poste de vice-président et de gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe des titres à revenu fixe AGF et gérait principalement le Fonds d’obligations des marchés émergents AGF.

Il est titulaire d’un baccalauréat en commerce de l’Université de Toronto, en plus d’être analyste financier agréé (CFA®) et membre de la Toronto CFA Society.

Inscrit à titre de gestionnaire de portefeuille à Placements AGF Inc. et AGF Investment America Inc. CFA® (Chartered Financial Analyst®) est une marque de commerce du CFA Institute.

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