Choisir une stratégie de placement qui aura un réel impact

Par: Martin Grosskopf, Hyewon Kong et Jonathan Lo • le 31 août 2018

Huit questions pour vous aider à déterminer si votre portefeuille contribue à la transition vers une économie véritablement durable.

L’investissement d’impact ou à retombées sociales a gagné beaucoup de terrain au cours des 10 dernières années; il existe aujourd’hui diverses stratégies axées sur la transition vers une économie plus durable. Bien que le degré d’engagement de ces stratégies en matière de changements réels à long terme puisse varier, celles qui y sont résolument engagées ont en commun un certain nombre de caractéristiques.

Voici huit questions qui aideront les investisseurs à cerner les stratégies d’impact les plus susceptibles de faire une différence :

La stratégie est-elle hors indice?

Selon de nombreux investisseurs institutionnels, les indices de référence traditionnels comme l’indice S&P 500 et l’indice composé S&P/TSX représentent l’ultime mesure d’un rapport risque/rendement approprié. Par conséquent, ils s’écartent rarement de ces indices et la majeure partie du capital est investie dans des placements à gestion passive ou dans des stratégies à gestion active optimisées en fonction d’un indice. Cependant, les stratégies axées

sur l’impact ont tendance à comporter une part de gestion active beaucoup plus importante. Elles investiront souvent dans des titres très différents de ceux d’un indice traditionnel afin d’optimiser l’exposition à des thèmes liés à la durabilité, comme les changements climatiques.

L’approche thématique de la stratégie est-elle rigoureuse?

Les stratégies de placement qui incorporent les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans l’ensemble de leur processus sont de plus en plus courantes, mais leur impact potentiel sur les placements en portefeuille est souvent contrebalancé par d’autres éléments, comme les objectifs de rendement à court terme. Ainsi, une stratégie « engagée » ou « responsable » pourrait avoir à justifier de nouveaux placements allant à l’encontre de ses objectifs de durabilité.

En revanche, une stratégie fondée sur une approche thématique rigoureuse en matière d’investissement à retombées sociales est plus susceptible de suivre un processus bien pensé pour définir un univers de sociétés réellement engagées envers une économie plus durable et y investir. Ainsi, ces stratégies partent du principe qu’une transition est en cours, mais que des compromis financiers pourraient devoir être faits avant de pouvoir en tirer des bénéfices.

Spectre de l’investissement à retombées sociales

Source : MaRS, State of the Nation: Impact Investing in Canada, 2014.

La stratégie prend-elle au sérieux l’exposition aux combustibles fossiles?

Quand elles en ont l’occasion, maintes stratégies responsables chercheront malgré tout à optimiser leurs flux de trésorerie au moyen de placements dans les combustibles fossiles. Il est toutefois difficile d’avoir un impact en investissant à la source même du problème duquel on tente de s’écarter. Lorsque l’on investit dans des sociétés engagées en matière de durabilité (et donc que l’on améliore leur coût du capital), il faut réduire le poids du capital investi ailleurs. Logiquement, il faut se tourner vers les secteurs les plus problématiques. Même les sociétés de charbon commencent à présenter le désinvestissement comme un risque important pour leur coût du capital, ce qui signifie que les nouveaux investisseurs ne sont pas forcément prêts à soutenir des modèles d’affaires présentant des lacunes sur le plan environnemental.

La société publie-t-elle un vaste ensemble de données sur l’environnement?

Nous en sommes aux balbutiements de l’évaluation de l’impact environnemental d’un portefeuille comparativement à l’évaluation de ses caractéristiques financières. Les sociétés présentent leurs données différemment, même celles issues d’un même secteur, et leur justesse peut être remise en question vu l’absence de validation par des tiers.

Malgré ces difficultés, il est possible de recueillir des données qui reflètent les tendances générales de l’impact environnemental du portefeuille. La divulgation de données sur un seul facteur, comme les émissions de carbone, constitue probablement une première étape. Mais ce qui importe, c’est d’avoir une idée globale de l’empreinte environnementale du portefeuille qui présentera aussi d’autres facteurs importants, comme l’utilisation de l’eau, la gestion des terres et les émissions toxiques.

Ces données plus générales s’avèrent également de plus en plus utiles dans le cadre d’un dialogue continu avec les sociétés, car même le fournisseur de solutions le plus intéressant pourra toujours s’améliorer en ce qui concerne sa propre empreinte de fabrication.

L’équipe de placements possède-t-elle une expertise spécialisée?

Il est tout aussi important d’établir la crédibilité de l’équipe des fonds axés sur la durabilité que celle d’autres produits de placement. En fait, nous sommes d’avis que de solides antécédents en analyse financière et environnementale revêtent une grande importance pour définir un processus rigoureux d’analyse critique des diverses sources de données reçues – sociétés de recherches sur les facteurs ESG, rapports de recherche des maisons de courtage, communications de renseignements par les sociétés.

Stratégies en place depuis plus longtemps : il faut s’attendre à trouver des spécialistes en environnement qui ont acquis des compétences financières appropriées plus tard lors de leur formation ou de leur carrière. La plupart des gens qui se sont spécialisés en finance il y a un certain temps ne possèdent pas les connaissances techniques des enjeux environnementaux nécessaires pour être en mesure d’analyser en profondeur cet aspect de la décision de placement.

La « durabilité » du financement est-elle prise en compte?

Les grands investisseurs institutionnels ont habituellement accès à d’importantes occasions de placements privés qui sont intrinsèquement moins volatiles, car elles ne sont pas soumises aux fluctuations des cours des actions, lesquelles sont plus prononcées dans les secteurs durables en émergence. Ainsi, les segments durables des marchés boursiers seront probablement dominés par les fonds de couverture et les spéculateurs sur séance qui ont des incitatifs à plus court terme.

Mais, le succès de nombreuses technologies de « transition » dépendra de l’engagement actif en matière de capital à long terme et de la patience des marchés privés et publics. Cela dit, les stratégies d’impact devraient mettre l’accent sur des occasions à l’échelle de l’écosystème financier.

Le gestionnaire de placements a-t-il l’habitude de faire avancer les choses?

Le secteur de l’investissement durable évolue toujours rapidement; produits et processus s’adaptent aux changements de tendances et aux nouvelles priorités. Normalement, les sociétés qui souhaitent avoir un impact collaborent avec des associations professionnelles et participent à des projets de recherche sur plusieurs années, cherchant à bonifier le bassin de connaissances du secteur et visant l’amélioration continue.

Le fonds affiche-t-il des antécédents éprouvés?

Un véritable engagement en faveur de l’investissement durable exige que les sociétés soutiennent leurs produits pendant les périodes de faible rendement ou de manque d’intérêt. Trop souvent au fil des ans, les sociétés ont lancé des produits axés sur « l’impact » ou la « durabilité » pour les fermer rapidement s’ils ne parvenaient pas à atteindre immédiatement ou à maintenir un taux de rendement minimal. Naturellement, la logique veut que l’on atteigne des cibles financières à court terme, mais la nature de ces produits est à plus long terme. Le besoin des sociétés de réaffecter le capital pour bénéficier de rendements plus élevés devrait être équilibré avec le besoin d’encourager un produit durable dans un marché trop souvent instable.

Les commentaires que renferme le présent document sont fournis à titre de renseignements d’ordre général fondés sur des informations disponibles au 27 juillet 2018 et ne devraient pas être considérés comme des conseils personnels en matière de placement, une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières. Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous assurer de l’exactitude de ces commentaires au moment de leur publication, mais cette exactitude n’est pas garantie. Les conditions du marché peuvent changer et le gestionnaire de portefeuille n’accepte aucune responsabilité pour des décisions de placement prises par des individus et découlant de l’utilisation ou sur la foi des renseignements contenus dans le présent document. Nous invitons les investisseurs à obtenir les conseils d’un conseiller financier.

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Date de publication : le 31 août 2018.