le 5 décembre 2019 | Par: Kevin McCreadie

Quand faut-il considérer qu’il est trop tard?

2.5 min de lecture

Les élections aux États-Unis sont l’événement à surveiller en 2020, mais c’est l’économie en fin de cycle qui déterminera l’orientation des marchés.

 

Les élections aux États-Unis auront lieu dans moins d’un an et l’attention qui leur sera accordée dans les prochains mois sera sans précédent. Au cours de l’histoire récente, la situation politique n’a jamais été aussi conflictuelle, en plus de se dérouler dans une ère de communication amplifiée où chaque geste et chaque mot publiés sur Twitter par les candidats à la présidence et par les experts qui influencent la course sont scrutés à la loupe.

Toutefois, compte tenu de toutes les répercussions potentielles des élections, les investisseurs devraient éviter de trop se laisser influencer par le spectacle. La politique jouera un rôle important dans l’orientation des marchés en 2020, mais c’est l’économie mondiale en fin de cycle qui jouera le plus grand rôle et sa direction au cours de la prochaine année pourrait avoir la plus forte influence sur les prix des actifs.

Cela ne veut pas dire que ces deux éléments sont distincts. Le gouvernement a contribué aux problèmes qui ont pesé sur les conditions économiques au cours de la dernière année, pas seulement aux États-Unis où la plus longue expansion jamais enregistrée est chancelante, mais ailleurs dans le monde où la croissance au ralenti et les risques de récession sont aussi des sources de préoccupation.

Aucun de ces problèmes n’est plus important que l’impasse commerciale entre les États-Unis et la Chine qui, selon un récent rapport des Nations Unies, a engendré une situation perdant-perdant pour les deux pays et qui a coûté à l’économie mondiale des dizaines de milliards de dollars, selon les estimations, en raison de la surenchère des tarifs douaniers.

La récente trêve entre les deux pays, quoique fragile, est un pas dans la bonne direction. Elle pourrait très bientôt mener à une entente de première phase selon laquelle les États-Unis annuleront l’application de tarifs douaniers supplémentaires sur les importations chinoises qui doivent entrer en vigueur au milieu de décembre, en plus de réduire certains de leurs droits de douane existants. En retour, la Chine aurait sans doute besoin de répondre aux préoccupations quant à la propriété intellectuelle américaine et aux services financiers, ainsi que de s’engager à acheter plus de produits agricoles américains.

Si elle était conclue, cette entente éliminerait sans doute un obstacle important pour l’économie et pourrait donner un coup de pouce aux actifs risqués, comme les actions et les obligations à rendement élevé. Le contraire pourrait aussi être vrai si la première phase de l’entente était retardée et que de nouveaux tarifs douaniers étaient imposés ou, pire encore, si les négociations prenaient fin complètement.

Même si la première phase aboutit, on ignore si les deux pays partagent suffisamment de volonté politique pour continuer de tenter de trouver une entente plus globale. La Chine, par exemple, pourrait décider qu’il est plus avantageux d’attendre le résultat des élections aux États-Unis avant de reprendre les négociations. Elle préférerait probablement négocier avec un candidat plus modéré comme Joe Biden qu’avec le président Trump, mais se méfierait si quelqu’un comme Elizabeth Warren remportait l’investiture démocrate, vu sa position ferme à l’égard des droits de la personne et l’escalade des manifestations à Hong Kong.

Le processus de destitution en cours pourrait également nuire à la situation. Même s’il est peu probable que le président Trump soit condamné en début d’année, un procès pour sa destitution pourrait tout de même représenter une distraction.

Dans tous les cas, l’impasse commerciale entre la Chine et les États-Unis pourrait enfin arriver à un point culminant après plus d’un an de faux départs et de paralysies, ce qui donnerait aux investisseurs une clarté bien nécessaire quant à la situation, pour ne pas dire exactement ce qu’ils souhaitent.

Il en va de même pour le Brexit, un autre problème économique qui persiste, surtout pour l’Europe, mais qui pourrait se résoudre d’une manière ou d’une autre à la fin de janvier.

À surveiller :

Demandes de prestations d’assurance-emploi aux États-Unis :
Le nombre hebdomadaire de demandes de prestations d’assurance-emploi est encore près de son plus bas niveau historique et reflète la résilience du marché du travail américain.


Indices mondiaux PMI :
Les indices des directeurs d’achats (PMI)ont chuté dans le monde entier en 2019, mais ont-ils atteint leur creux?


Point de vue de chefs des services financiers :
Duke University’Le sondage mené en septembre par l’Université Duke auprès de chefs des services financiers à l’échelle mondiale a révélé que 53 % des personnes interrogées croient que les États-Unis seront en récession d’ici le troisième trimestre de 2020.


Même si la première phase aboutit, on ignore si les deux pays partagent suffisamment de volonté politique pour continuer de tenter de trouver une entente plus globale. La Chine, par exemple, pourrait décider qu’il est plus avantageux d’attendre le résultat des élections aux États-Unis avant de reprendre les négociations. Elle préférerait probablement négocier avec un candidat plus modéré comme Joe Biden qu’avec le président Trump, mais se méfierait si quelqu’un comme Elizabeth Warren remportait l’investiture démocrate, vu sa position ferme à l’égard des droits de la personne et l’escalade des manifestations à Hong Kong.

Le processus de destitution en cours pourrait également nuire à la situation. Même s’il est peu probable que le président Trump soit condamné en début d’année, un procès pour sa destitution pourrait tout de même représenter une distraction.

Dans tous les cas, l’impasse commerciale entre la Chine et les États-Unis pourrait enfin arriver à un point culminant après plus d’un an de faux départs et de paralysies, ce qui donnerait aux investisseurs une clarté bien nécessaire quant à la situation, pour ne pas dire exactement ce qu’ils souhaitent.

Il en va de même pour le Brexit, un autre problème économique qui persiste, surtout pour l’Europe, mais qui pourrait se résoudre d’une manière ou d’une autre à la fin de janvier.

Kevin McCreadie Chef de la direction et chef des investissements, La Société de Gestion AGF Limitée.

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