Pourquoi des gestionnaires actifs utilisent les FNB

Par: Mark Stacey et Florence Narine • le 9 avril 2018

Les gestionnaires de fonds actifs sont de plus en plus nombreux à se servir des fonds négociés en bourse (FNB) pour investir, non pas parce qu’ils désirent adopter une méthode de placement plus passive, mais pour les aider à encore mieux réagir face aux occasions et aux risques qui résultent de l’évolution de la situation sur les marchés du monde entier.

Même si les FNB sont un moyen réputé efficace de reproduire à faibles coûts le rendement du « marché » à l’aide d’indices boursiers généralisés, il est difficile de se rendre compte qu’ils font désormais partie intégrante – même aux yeux des sélectionneurs d’actions les plus appliqués – de la gestion ordinaire des fonds communs de placement, des régimes de retraite et des portefeuilles institutionnels. Au Canada, 82 % des gestionnaires d’actif utilisent maintenant des FNB afin d’avoir une certaine exposition aux actions, selon une étude de Greenwich & Associates menée en 2017. En outre, 28 % des investisseurs qui détiennent actuellement des FNB d’actions envisagent d’accroître leur part l’an prochain, et 57 % d’entre eux comptent l’augmenter de 10 % ou plus.

Dans bon nombre de ces cas, les FNB sont utilisés pour faciliter les décisions relatives à la répartition de l’actif d’une manière plus efficace qu’avec des titres individuels. La décision de surpondérer ou de sous-pondérer une catégorie d’actif, un secteur, une région géographique ou un facteur exige souvent une exécution prompte pour qu’elle soit efficace dans le contexte actuel du marché en évolution rapide.

À titre d’exemple, lorsque les marchés boursiers plongent brusquement (comme ce fût le cas en février dernier), certains gestionnaires réagissent à la détérioration du marché et à l’intensification de la volatilité en rehaussant la position de trésorerie de leurs portefeuilles. Ces interventions peuvent parfois être importantes (c.-à-d. de zéro à 50 % ou plus du portefeuille), mais à l’aide des FNB, elles peuvent être exécutées avec un minimum de coûts, en moins de temps et avec moins d’opérations que ce ne serait le cas si le gestionnaire devait vendre la moitié d’un portefeuille également diversifié composé de titres individuels.

Même les gestionnaires de fonds qui investissent essentiellement dans des actions détiendront de temps en temps un petit pourcentage de FNB dans leurs portefeuilles et ils s’en serviront pour rehausser la liquidité, réduire les risques liés à une seule action en particulier dans des marchés plus petits ou moins liquides, ou pour élaborer une solution provisoire visant à procéder à des ajustements tactiques à court terme. Par exemple, si les perspectives d’un pays ou d’un secteur en particulier s’améliorent, il serait possible d’acheter des parts d’un FNB de manière à renforcer cette position jusqu’à ce qu’une ou plusieurs actions individuelles puissent être évaluées adéquatement et considérées à des fins d’achat. Cela peut donc impliquer de détenir un FNB pendant quelques semaines ou plus, selon les critères en cause. Inversement, il est possible d’utiliser un FNB pour réduire une certaine exposition si les perspectives d’un pays ou d’un secteur se détériorent, mais que le gestionnaire apprécie les titres qui s’y rapportent et ne veut donc pas encore les vendre.

En plus de ces divers avantages, les FNB sont aussi prisés par certains gestionnaires actifs comme moyen de protection contre les risques liés aux marchés boursiers. Cela comprend des options sur FNB (options de vente et options d’achat) mais cela peut aussi sous-entendre la vente à découvert d’un FNB donné qui présente une très étroite corrélation avec les placements de base d’un portefeuille. Bien que l’utilisation des FNB comme moyen de protection soit encore l’exception plutôt que la règle, on s’attend à ce qu’ils soient largement adoptés dès que le marché des FNB deviendra plus important et plus liquide, et que de nouveaux produits qui investissent dans des actifs et stratégies vraiment diversifiés seront introduits.

Étant donné que les FNB sont de plus en plus intégrés dans les portefeuilles des gestionnaires actifs, il est important de reconnaître qu’ils complètent le processus de gestion plutôt qu’ils ne le remplacent. Les décisions prises de manière active pour savoir où faire un placement et comment accroître l’exposition à un marché sont encore d’une importance primordiale, et les FNB ne sont qu’un outil parmi plusieurs autres permettant de mettre ces idées à exécution plus efficacement.

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Mark Stacey est vice-président principal, chef de la gestion des portefeuilles et co-chef des investissements à AGFiQ, ainsi que représentant-conseil inscrit au Canada auprès de Gestion de placements Highstreet, une filiale de Placements AGF Inc.

Florence Narine est vice-présidente principale et chef des produits à Placements AGF Inc.

Les commentaires que renferme le présent document sont fournis à titre de renseignements d’ordre général fondés sur des informations disponibles au 28 mars 2018 et ne devraient pas être considérés comme des conseils personnels en matière de placement, une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières. Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous assurer de l’exactitude de ces commentaires au moment de leur publication, mais cette exactitude n’est pas garantie. Les conditions du marché peuvent changer et le gestionnaire de portefeuille n’accepte aucune responsabilité pour des décisions de placement prises par des individus et découlant de l’utilisation ou sur la foi des renseignements contenus dans le présent document. Les investisseurs devraient obtenir les conseils spécialisés d’un conseiller financier.

La société AGFiQ Gestion de l’actif (AGFiQ) représente une collaboration entre des professionnels de l’investissement issus des sociétés Gestion de placements Highstreet, gestionnaire de portefeuille inscrit au Canada, et FFCM, LLC (FFCM), conseiller inscrit aux États-Unis.

Date de publication : le 28 mars 2018.