Politique, géopolitique et perspectives de récession

Par: Kevin McCreadie • le 12 décembre 2018

Les investisseurs devraient éviter une récession l’an prochain, mais la menace plane toujours, car la hausse des taux d’intérêt et l’aggravation des risques géopolitiques continueront de peser sur l’économie mondiale et les marchés en 2019.

Ce n’est une surprise pour personne. Au cours des derniers mois, les actions, les obligations et d’autres catégories d’actif sont devenues plus volatiles, ce qui peut être un signe de ce que nous réserve l’avenir. Malgré tout, des occasions de gains sont toujours possibles. Une approche plus sélective sera néanmoins un important facteur de rendement futur.

Cela dit, toute l’attention devrait être tournée sur l’orientation des taux d’intérêt, et plus particulièrement sur les prochaines décisions de la Réserve fédérale américaine (la « Fed »). Plus de deux ans après le début du cycle de resserrement de la Fed, les investisseurs craignent de plus en plus que la banque centrale ne commette une bévue et qu’une politique monétaire moins  accommodante ne ralentisse trop rapidement la plus grande puissance économique mondiale et qu’elle ne plombe les bénéfices des sociétés.

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Il se peut très bien que ce scénario se réalise. Par le passé, lorsque les pressions inflationnistes ont augmenté, comme la progression des salaires actuelle, il a été très difficile pour les banques centrales de ménager la chèvre et le chou, et de trouver un juste équilibre entre les hausses de taux d’intérêt et l’expansion économique durable.

Pour compliquer les choses davantage, les sociétés commencent à ressentir les effets des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Par ailleurs, si l’administration Trump mettait à exécution sa menace de majorer les tarifs douaniers en mars, les bénéfices futurs pourraient en souffrir considérablement, surtout ceux des entreprises américaines exerçant des activités manufacturières en Chine.

La raison l’emportera-t-elle? Fort probablement, mais attendons-nous à plus de politique de la corde raide avant que les deux plus grandes économies du monde n’en arrivent à une nouvelle entente sur les échanges commerciaux. Parallèlement, la « poignée de main » scellant une entente commerciale entre les États-Unis et l’Union européenne se fait attendre. Plus de rumeurs à ce sujet sont à prévoir.

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L’ampleur du tumulte dépendra peut-être du nouveau contexte politique à Washington, alors que les démocrates ont maintenant le contrôle de la Chambre des représentants. La ligne dure adoptée par le président Trump à l’égard des échanges commerciaux pourrait s’assouplir s’il devenait nécessaire de stabiliser les marchés boursiers, une condition essentielle à sa réélection.

Un blocage au Congrès américain pourrait aussi nuire à certaines parties du programme promarché des républicains et faire planer le spectre d’une campagne pour chasser le président de la Maison-Blanche. Bien qu’une destitution en bonne et due forme soit assez improbable compte tenu de la mainmise des républicains sur le Sénat, toute tentative de déclencher le processus par les démocrates serait néfaste pour les investisseurs.

Au-delà de la politique américaine, d’autres enjeux méritent notre attention. En Europe, la lutte budgétaire entre l’Italie et l’Union européenne est toujours en cours et la décision d’Angela Merkel d’abandonner son poste de chancelière de l’Allemagne laisse un grand vide tout en haut de la hiérarchie politique de l’UE.

Prévisions relatives à la croissance du PIB

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Source : Bloomberg, au 27 novembre 2018. PIB réel (% sur 12 mois). Les données de 2018 à 2020 correspondent à des prévisions consensuelles.

 

Et n’oublions pas le Brexit. La décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne s’est transformée en lutte impitoyable et hantera les marchés au moins jusqu’à la date limite fixée pour la conclusion d’un accord de séparation à la fin du mois de mars. 

Bien que tous ces enjeux politiques aient le potentiel de miner les marchés boursiers l’an prochain (et de donner un coup de pouce aux prix des obligations), une issue favorable de la totalité ou d’une partie de ces enjeux pourrait avoir l’effet contraire et agir comme un catalyseur qui soutiendrait le marché haussier. Et même si les marchés devaient reculer, un important repli freinerait très probablement la hausse des taux d’intérêt et serait un aspect positif pour les investisseurs.

En fin de compte, nous croyons que la récession est peu probable au cours des 12 prochains mois et que les marchés boursiers sont susceptibles de progresser dans un contexte de tensions élevées marqué par la faiblesse des rendements, la hausse de la volatilité et la possibilité d’importants dégagements. 

Plus particulièrement, nous demeurons confiants quant aux actions américaines et percevons des  occasions sur les marchés émergents qui, après avoir connu des moments difficiles en 2018, prennent une valeur plus attrayante. Enfin, même si à l’aube d’une nouvelle année nous favorisons les actions par rapport aux obligations du point de vue de la répartition des actifs, nous pensons que le pire est passé pour les obligations et nous entrevoyons plus d’occasions de faire fructifier les capitaux dans cette catégorie d’actif tant décriée à mesure que l’année progressera.

Les commentaires que renferme le présent document sont fournis à titre de renseignements d’ordre général basés sur des informations disponibles au 7 décembre 2018 et ne devraient pas être considérés comme des conseils personnels en matière de placement, une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières. Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous assurer de l’exactitude de ces commentaires au moment de leur publication, mais cette exactitude n’est pas garantie. Les conditions du marché peuvent changer et le gestionnaire de portefeuille n’accepte aucune responsabilité pour des décisions de placement prises par des individus et découlant de l’utilisation ou sur la foi des renseignements contenus dans ce document. Nous invitons les investisseurs à obtenir les conseils d’un conseiller financier.

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Date de publication : le 12 décembre 2018

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