Les titres aurifères sont encore en solde

Par: Ani Markova • le 11 avril 2018 • Les marches

Perspectives des métaux précieux : avril 2018

Il est difficile de dire si les investisseurs ont décidé de faire la grève ou s’ils négligent complètement les sociétés du secteur des ressources en faveur de celles d’autres secteurs, comme celui des technologies.

Le prix du lingot d’or a été soutenu par les guerres commerciales mondiales, les tensions géopolitiques et l’augmentation des dépenses budgétaires aux États-Unis, mais on ne peut pas en dire autant des titres aurifères, dont les cours ont chuté de près de 7 % (en dollars américains) depuis le début de l’année.

Cette divergence inhabituelle pourrait nécessiter davantage de patience de la part des investisseurs, mais elle s’annonce comme une excellente occasion d’investir au rabais dans des titres de sociétés de métaux précieux de grande qualité.

 

Figure 1 : Prix de l’or c. l’indice SPTSGD (rendement boursier en dollars américains)

Source : Bloomberg

Ce n’est pas la première fois que les titres aurifères ne suivent pas le prix de la marchandise sous-jacente. Entre le milieu de 2010 et le milieu de 2013, les titres aurifères avaient également accusé un retard sur les lingots en raison des dépassements de coûts généralisés dans l’industrie, des cibles d’exploitation ratées et des emprunts excessifs qui avaient entraîné de multiples compressions des cours des titres.

Cette fois-ci, l’industrie est en bien meilleure posture financière, car les bilans ont été assainis, les coûts d’exploitation sont stables et les flux de trésorerie et les dividendes sont plus viables. Ainsi, les circonstances qui nuisent aux cours des titres aurifères sont différentes. Les capitaux spéculatifs, par exemple, semblent avoir abandonné le secteur des ressources en faveur des cryptodevises et des actions de cannabis. Par ailleurs, les mines d’or sont la proie des gouvernements et des ONG des quatre coins du monde en quête d’avantages économiques ou de leviers politiques. Ce ne sont pas les exemples qui manquent : en Tanzanie, les exportations de concentré d’Acacia Mining PLC ont récemment
été interrompues sous prétexte d’impôts impayés; au Guatemala, le gouvernement a suspendu le permis d’exploitation de Tahoe Resources Inc. en raison d’un différend juridique qui l’oppose à une ONG concernant les pratiques de consultation des autochtones; et en République démocratique du Congo (RDC), le parlement a adopté un nouveau code minier dans le but d’augmenter les impôts.

Les investisseurs s’inquiètent également des récents examens de la fiscalité de certaines sociétés, celles dont les portefeuilles se composent d’ententes de flux de métaux et de redevances, et semblent craindre une hausse des prix du carburant, des consommables et de la main-d’œuvre à un moment où de nombreuses sociétés songent à recommencer à investir dans leurs débouchés et leurs projets de croissance.

Dans ce contexte, on peut comprendre la chute des cours des titres aurifères. Cependant, nous croyons que le
repli est peut-être exagéré et avons repéré quatre types d’occasions de placement issues de la divergence qui prévaut et qui pourrait donner un élan au cours de certains titres de ce secteur dans les prochains mois.

 

Figure 2 : Prime/rabais des titres aurifères par rapport au prix de l’or (%)

Source : FactSet, estimations de Services bancaires et marchés mondiaux Banque Scotia

Les mouvements de capitaux pourraient générer d’excellents rendements. Nous croyons que l’écart d’évaluation entre les titres aurifères et le prix du lingot finira par susciter un regain d’intérêt à l’égard du secteur des métaux précieux. Or, comme l’univers des sociétés de métaux précieux cotées en Bourse est relativement restreint, soit une capitalisation boursière d’environ 400 milliards $US (ou à peu près la moitié de la capitalisation boursière d’Apple Inc.), même un petit investissement de la part de quelques gros fonds institutionnels pourrait engendrer une demande d’actions hors-norme.

Risques géopolitiques réels et apparents. Nous croyons que les risques géopolitiques peuvent être grandement atténués en évitant certains territoires de compétence ou en réduisant judicieusement l’évaluation des titres des sociétés qui sont aux prises avec un litige. Dans certains cas, les marchés réagissent de façon exagérée aux manchettes, comme celle faisant état des sanctions imposées récemment par les États-Unis aux oligarques russes, ce qui nous a permis d’investir dans des titres comme Kinross Gold Corp., dont l’action s’est repliée simplement parce qu’elle exerce une partie de ses activités en Russie, alors qu’elle n’a aucune relation d’affaires avec les personnes visées par les sanctions et qu’elle est établie au Canada.

Au prix courant de l’or (plus de 1 300 $US l’once), les sociétés d’extraction font des profits. Le coût de rentabilité total moyen de l’industrie est estimé à 1 270 $US l’once cette année, soit 1 % de plus que l’an dernier, mais tout de même 13 % de moins que le sommet de 2012. Les investisseurs semblent attendre que les rendements des flux de trésorerie disponibles (FTD) soient plus élevés ou que le prix au comptant franchisse le seuil de résistance technique de 1 370 $US l’once, mais nous croyons que la présente conjoncture recèle de bonnes occasions d’achat. Puisque nous entrevoyons une forte hausse des marges de trésorerie au cours des deux prochaines années, nous allons continuer d’investir dans des sociétés dotées d’un bon plan d’affaires et capables de générer un rendement du capital investi attrayant.

Les marchés semblent négliger les sociétés minières en phase de démarrage et les exportateurs. Ce segment accuse un retard depuis l’année dernière, en dépit du fait que de nombreuses sociétés ont fourni des mises à jour positives sur l’exploration et la réduction des risques techniques et liés à l’obtention de permis. Nous persistons à croire que les actifs de bonne qualité situés dans des territoires de compétence stables attireront l’attention si ce n’est des investisseurs, d’autres sociétés minières qui cherchent de nouveaux débouchés. L’industrie est confrontée à la réduction de la durée d’exploitation des mines, qui oscille actuellement autour de 12 ans, ce qui devrait jouer en faveur des sociétés minières en phase de démarrage.

Outre ces catalyseurs potentiels, nous avons de bonnes raisons de croire que les titres aurifères peuvent rebondir. D’une part, les sociétés qui n’ont qu’un seul actif et les actifs d’exploration devraient continuer de se consolider et de réduire davantage le degré de risque, ce qui devrait faire grimper le cours des actions. Parmi les récentes fusions et acquisitions que nous avons observées cette année, on note des prises de contrôle d’actifs aux États-Unis (Hecla Mining Co. a acquis les actifs américains de Klondex Mines Ltd., Alio Gold Inc. a acheté Rye Patch Gold Corp.) ainsi que des coentreprises et des participations en capital (coentreprise à 50 % entre Gold Fields Ltd. et Asanko Gold Inc., participation de Semafo Inc. à hauteur de 15,5 % dans Savary Gold Corp.).

Parallèlement, nous nous attendons à ce que le prix du lingot augmente encore, ce qui devrait à la longue jouer en faveur des titres aurifères, car la Réserve fédérale américaine envisage une hausse plus graduelle des taux d’intérêt dans un contexte de forte croissance économique et de faiblesse du dollar américain, ce qui pourrait faire grimper davantage le taux d’inflation.

Dans l’ensemble, les évaluations sont attrayantes, car les cours boursiers ont chuté à des ratios inférieurs aux valeurs liquidatives (VL) et les flux de trésorerie se maintiennent près de deux écarts-types sous leur moyenne historique. Et, ce n’est pas seulement le cas des titres aurifères. Nous sommes particulièrement optimistes quant aux perspectives de l’argent, car sa contre-performance par rapport à l’or a fait grimper le ratio or/argent à des seuils que nous observons généralement à la veille d’un renversement de tendance.

 

Figure 3 : Ratio or/argent depuis les années 1970

Source: Bloomberg

En fin de compte, les actions de métaux précieux offrent un rapport risque/rendement attrayant et nous demeurons enthousiastes à l’égard des perspectives à long terme des sociétés dotées d’actifs de qualité et de dirigeants compétents. Dans ce contexte, la sélection active des titres et la diversification sont excessivement importantes dans une industrie complexe où de nombreux facteurs exogènes entrent en ligne de compte. La diversification des risques géographiques, d’exploitation et de liquidité a toujours été notre priorité et nous comptons maintenir le cap tout au long de cette période de volatilité.

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Date de publication : le 28 avril 2018.