Leçons de négociations tirées de la pandémie

le 8 décembre 2020 | Par: John Christofilos

Leçons de négociations tirées de la pandémie

Les négociateurs ont vécu une année fort mouvementée – et davantage pour ceux qui ont été contraints de travailler à domicile. Mais plus que tout, la crise de la COVID-19 a renforcé les réalités d’un environnement de marché en constante évolution ainsi que les tactiques et les outils nécessaires pour garantir que chaque transaction est exécutée de la meilleure manière possible.

Ne pas tenir les liquidités pour acquises 

Les liquidités sont vitales pour les marchés et les négociateurs en ont besoin, dans le meilleur comme dans le pire des cas, mais elles peuvent aussi être insaisissables – surtout en cas de crise – et cette année n’a pas fait exception. En fait, lors de l’effondrement remarquable des marchés dans les premiers jours de la pandémie, les liquidités se sont faites extrêmement rares et les écarts entre les cours acheteur et vendeur se sont considérablement creusés, même pour les plus importantes actions de premier ordre et pour bon nombre des fonds négociés en bourse (FNB) les plus populaires. Pendant cette période, les négociateurs ont dû faire preuve d’une discipline de fer et, bien souvent, le meilleur plan d’action a consisté à attendre que des occasions plus favorables se présentent ou à ne rien faire du tout. Mais assez vite, les liquidités sont revenues sur le marché et les écarts se sont pour la plupart normalisés depuis l’été, permettant de conclure efficacement et en temps opportun des transactions. Cet état de fait est en grande partie attribuable aux achats d’actifs à grande échelle et aux plans de relance exécutés par la Réserve fédérale américaine au plus fort de la crise. Toutefois, ce retour des liquidités peut également s’expliquer par la montée des « Robin des bois », ou des investisseurs de détail qui ont inondé le marché boursier dès le début de la crise économique et ont représenté jusqu’à 25 % du volume quotidien de l’indice S&P 500 en 2020, contre 8 % en moyenne l’année précédente, selon Citadel, un teneur de marché américain.

Se tourner vers l’analyse technique lorsqu’il y a absence de fondamentaux

L’un des plus grands défis que les investisseurs ont dû relever en 2020 a été le manque d’information en lien avec les fondamentaux des sociétés. Une fois que la pandémie a frappé et que l’économie s’est arrêtée, il est devenu de plus en plus difficile de se fier aux projections de bénéfices établies, et de nombreuses sociétés ont cessé d’offrir des lignes directrices, sachant que leur rentabilité future était trop incertaine. Par contre, pendant cette période les investisseurs pouvaient toujours s’appuyer sur l’analyse technique – devenue un outil encore plus essentiel pour comprendre la direction que prendraient potentiellement les marchés. Plus particulièrement, les moyennes mobiles, les lignes de tendance et les stochastiques ont été – et demeurent – un excellent moyen d’investir par étapes (legging in) dans des positions et de choisir les points d’entrée et de sortie lors de l’exécution de transactions à grande échelle. Bien entendu, rien de ce qui précède ne signifie que l’on ne peut pas se fier aux fondamentaux, loin de là. Mais les décisions relatives aux négociations qui tiennent également compte des aspects techniques peuvent s’avérer plus intéressantes.

Se méfier de la stratégie de synchronisation des marchés

C’est un vieil adage, mais qui mérite d’être répété en cette année marquée par la reprise la plus rapide de l’histoire du marché baissier : mieux vaut être présent sur le marché que d’essayer d’être présent sur le marché. Certes, cela ne signifie pas que les investisseurs s’en tirent mieux s’ils ne font rien en temps de crise, mais, pour citer un autre vieil adage, la patience est une vertu et le fait d’investir ou se retirer par étapes est souvent la meilleure approche lorsque la volatilité est accrue.

Une somme de 10 000 $ investie dans l'indice de RG S&P 500 ($US) pour une période de 20 ans terminée le 30 novembre 2020 $altTag

Source : Service de l'exploitation AGF, au 30 novembre 2020. À des fins d'illustration seulement. Vous ne pouvez pas investir directement dans un indice. Les rendements antérieurs ne garantissent pas les résultats futurs.

Maintenir tous les canaux de communication ouverts

De nos jours, il est rarement nécessaire de s’adresser directement à un courtier/négociateur pour pouvoir effectuer une transaction. À une époque où la technologie règne en maître, il suffit généralement de cliquer sur une souris d’ordinateur – et c’est une bonne chose, compte tenu de la nécessité de travailler à distance cette année. Il n’en reste pas moins que, dans certains cas, il est préférable de passer un coup de fil. C’est certainement le cas quand il s’agit de transactions de taille importante qui, lorsqu’elles sont effectuées électroniquement, risquent souvent d’être remplies par plusieurs ordres à des prix variables ou de ne pas être remplies du tout si des ordres à cours limités sont en place. Un appel peut également peser dans la balance lors de la négociation de certains FNB dont les écarts entre les cours acheteur et vendeur peuvent se creuser considérablement entre l’ouverture et la clôture des marchés, ce qui entraîne une incertitude périodique quant à leur valeur par rapport aux titres sous-jacents. Mais le plus grand avantage est peut-être lié au sentiment. Le ton et l’inflexion de la voix d’un courtier/négociateur peuvent être d’une valeur inestimable pour déterminer le degré de motivation de l’autre partie dans le cadre d’une transaction, ce qui conduit à une meilleure prise de décision et à une meilleure exécution du prix.

Accepter la « mesure de la peur »

La volatilité des marchés revêt une connotation négative auprès de nombreux investisseurs, mais ce n’est pas quelque chose qu’ils peuvent éviter ou simplement ignorer. Il importe plus que jamais de prêter attention à l’indice de volatilité du CBOE (VIX), ou « mesure de la peur », comme certains l’appellent. En règle générale, un niveau de VIX inférieur à 20 a coïncidé avec une mentalité suggérant une tolérance au risque dans le passé, alors qu’un niveau de VIX supérieur à 40 a signifié le contraire. Et cette année n’a pas fait exception à la règle. Le VIX est monté en flèche pour dépasser la barre des 80 au plus fort de la chute des marchés en mars et atteindre son niveau le plus élevé depuis la crise financière mondiale, mais il est tombé en dessous de 40 en avril et y est resté plus ou moins tout au long de la reprise. En surveillant son évolution, les investisseurs peuvent être mieux placés pour profiter des occasions d’investissement qui se présentent.

John Christofilos

Vice-président principal et chef du bureau des négociations, et Stratégie opérationnelle, Gestion de placements, Placements AGF Inc.

Vice-président principal et chef du bureau des négociations, et Stratégie opérationnelle, Gestion de placements

John Christofilos dirige une équipe responsable des négociations de l’actif géré d’AGF, pour des clients de détail, institutionnels, bien nantis, de même que dans le cadre de portefeuilles de FNB. Il fait aussi partie du groupe chargé du développement des affaires d’AGF, dont le mandat consiste à revoir et à guider les progrès liés aux occasions qui se présentent sur les marchés des capitaux et à la technologie pertinente.

M. Christofilos fait partie du Bureau du chef des investissements, une nouvelle structure de leadership au sein de l’équipe de gestion des investissements qui vise à encourager et à renforcer la collaboration et la responsabilisation active parmi les membres de l’équipe et dans l’ensemble de la société.

Il possède plus de 30 ans d’expérience, tant du côté de l’achat que de celui de la vente de titres. Avant de se joindre à AGF en 2014, M. Christofilos était directeur général auprès de Canaccord Genuity, où il était chargé des solutions de négociation reposant sur l’électronique et l’utilisation d’algorithmes. Précédemment, il a été directeur général principal à E*TRADE Institutional, une société de services financiers de plein exercice située à New York.

M. Christofilos est membre des associations des courtiers en valeurs mobilières au Canada et aux États-Unis, en plus de siéger au conseil d’administration de l’Association canadienne des FNB (ACFNB). Il est titulaire d’un baccalauréat ès sciences de l’Université internationale des États-Unis à San Diego, en Californie, où il a joué en première division de hockey.

Les points de vue exprimés dans cet article sont ceux des auteurs et ne représentent pas nécessairement les opinions d’AGF, de ses filiales ou de ses sociétés affiliées, et ne peuvent être associés à aucun fonds ni à aucune stratégie d’investissement.

Les commentaires que renferme le présent document sont fournis à titre de renseignements d’ordre général et sont fondés sur de l’information disponible au 8 décembre 2020. Ils ne devraient pas être considérés comme des conseils en matière de placement, une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières. Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous assurer de l’exactitude de ces commentaires au moment de leur publication, mais cette exactitude n’est pas garantie. Nous invitons les investisseurs à consulter un professionnel des placements.

Placements AGF est un groupe de filiales en propriété exclusive de La Société de Gestion AGF Limitée, un émetteur assujetti au Canada. Les filiales de Placements AGF sont Placements AGF Inc. (« PAGFI »), AGF Investments America Inc. (« AGFA »), AGF Investments LLC (« AGFUS ») et AGF International Advisors Company Limited (« AGFIA »). AGFA et AGFUS sont inscrites aux États-Unis à titre de conseillers. PAGFI est inscrite à titre de gestionnaire de portefeuille auprès des commissions de valeurs mobilières à travers le Canada. AGFIA est réglementée par la Central Bank of Ireland et est inscrite auprès de l’Australian Securities & Investments Commission. Les filiales faisant partie de Placements AGF gèrent plusieurs mandats comprenant des actions, des titres à revenu fixe et des éléments d’actif équilibrés.

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