On y est presque

le 8 décembre 2020 | Par: Kevin McCreadie

On y est presque

Les marchés boursiers devraient s’apprécier en 2021, du fait de la hausse cyclique prévue de l’économie mondiale, mais la voie de la reprise pourrait rester semée d’embûches tant que la situation relative à la pandémie ne sera pas bien maîtrisée.

La seule façon de commencer à faire des pronostics à l’égard de 2021 consiste à se pencher d’abord sur l’une des années les plus tumultueuses de l’histoire moderne. La COVID-19 a laissé une marque indélébile sur tous ceux qui en ont été atteints; et ceux qui ont perdu des proches sont changés à jamais. Elle a mis à l’épreuve notre détermination et exigé notre compassion, mais elle a aussi mis à nu nos failles et mis en évidence les inégalités qui empêchent la société de réaliser son plein potentiel.

Cela se vérifie dans toutes les sphères de la vie, mais les fermetures des économies attribuables à la pandémie en 2020 ont eu un impact unique sur les investisseurs. En fait, jamais les marchés boursiers ne se sont effondrés aussi rapidement qu’en mars dernier, et jamais une économie n’est tombée en récession aussi brusquement ou aussi profondément. Et pourtant, nous voici, plus de dix mois après le début de la crise, à constater l’un des plus remarquables rebonds boursiers de tous les temps, tout en anticipant une importante reprise économique qui pourrait pousser les actions et autres actifs à risque encore plus haut au cours des douze prochains mois.

Néanmoins, les investisseurs ne voudront peut-être pas trop s’avancer. Si le début d’un nouveau cycle économique semble inévitable, nous ignorons quand celui-ci se manifestera et, dans les premiers mois de 2021, les marchés pourraient être davantage malmenés avant d’évoluer de manière moins tumultueuse et plus favorable au second semestre.

L’essentiel dans tout cela, bien sûr, est la lutte pour mettre fin à la pandémie qui continue de faire rage et de forcer de nouveaux confinements temporaires dans plusieurs pays du monde, dont les États-Unis et le Canada. Si aucune mesure n’est mise en œuvre, à tout le moins certaines régions de l’économie mondiale pourraient être frappées par une récession à double creux, alors même qu’un vent d’optimisme souffle relativement à des vaccins contre la COVID-19. Bien qu’au moins deux vaccins (et potentiellement plusieurs autres) soient approuvés ou en cours d’approbation par les autorités de réglementation en Europe et en Amérique du Nord, il faudra plusieurs mois avant que suffisamment de doses soient fabriquées et mises à disposition pour réprimer la propagation mondiale du virus. Parallèlement, les différences régionales concernant la disponibilité des vaccins influeront également sur l’ampleur de la reprise économique à venir.

Cette situation ne fait qu’augmenter la pression auprès des gouvernements et des banques centrales pour qu’ils renforcent leur soutien au cours des prochains mois. La politique budgétaire et monétaire n’a jamais été aussi coordonnée à l’échelle mondiale, ni aussi souple qu’aujourd’hui, mais il demeure essentiel d’étayer les mesures de relance pour combler le fossé entre aujourd’hui et le moment où la pandémie sera bien maîtrisée. Heureusement, la volonté politique de le faire reste relativement forte, mais le temps est compté et le financement de nouvelles dépenses aux États-Unis, en particulier, pourrait traîner plus qu’il serait souhaitable, compte tenu de la dynamique actuelle quant à la transition présidentielle en cours. Un « maigre » projet de loi de relance avant la fin de l’année, avec l’espoir d’en avoir d’autres plus tard si nécessaire, serait bien accueilli par un marché boursier qui espère que la reprise pourra véritablement s’amorcer.

Au début de la nouvelle année, les investisseurs seront évidemment aux prises avec de grandes incertitudes, y compris la pandémie ainsi que la réponse à celle-ci. Toutefois, plusieurs autres facteurs pourraient se révéler plus importants à mesure que l’année 2021 s’écoule. Par exemple, les incidences potentielles sur le marché de la nouvelle scène politique à Washington vont au-delà du calendrier et de l’ampleur du prochain programme de relance et peuvent encore englober les perspectives d’une augmentation de l’impôt sur les sociétés et d’une réglementation plus stricte envers l’industrie, si le second tour des élections de janvier pour deux sièges au Sénat américain penche en faveur des démocrates.

Dans ce contexte, il importe de positionner les portefeuilles d’investissement de manière à se prémunir contre les risques de baisse, mais aussi à tirer parti des possibilités qui se présenteront de plus en plus à mesure que la reprise économique s’accélérera.

Répartition de l’actif : À l’approche de la nouvelle année

$altTag
Source : Comité de répartition de l’actif AGF, mise à jour du quatrième trimestre, au 1er octobre 2020. Selon un portefeuille avec une répartition de l'actif de 60/40 (actions/titres à revenu fixe). Pour plus de détails, consultez le document Perspectives trimestrielles et recommandations de portefeuille.

Nous privilégions les actions plutôt que les titres à revenu fixe dans le cadre d’un portefeuille 60/40 qui servira bien les investisseurs lorsque l’on considère la prochaine année dans son ensemble. Au chapitre des actions, une stratégie d’« haltères » qui se concentre sur les sociétés de croissance de qualité, mais qui s’intéresse également aux actions cycliques, aidera les investisseurs à tirer leur épingle du jeu compte tenu de l’incertitude à court terme qui pèse sur l’économie ainsi que sur la voie de la reprise. Mais à mesure qu’un vaccin s’impose et que l’embellie économique se consolide, il conviendra de privilégier les secteurs du marché qui se sont bien comportés lors des hausses précédentes. Les marchés émergents, par exemple, tendent à être particulièrement rentables dans les nouveaux cycles économiques, tout comme les produits de base et les secteurs les plus liés aux premiers stades d’une expansion, tels que la finance, la consommation discrétionnaire et les biens industriels.

Cela ne veut pas dire que les investisseurs doivent abandonner complètement ce qui leur a le plus profité en 2020. Les titres à revenu fixe continueront de contribuer de manière importante à la préservation du capital malgré la menace d’une hausse des rendements, et si un portefeuille composé d’actions axées sur le thème du « travail à domicile » risque de subir une correction, nous pensons que bon nombre des valeurs technologiques qui y sont associées devraient continuer à croître longtemps après la fin de la pandémie.

En outre, les investissements alternatifs, y compris les stratégies de couverture en positions longues et courtes et les catégories d’actifs telles que les créances privées, permettront de rehausser la diversification entre actions et obligations, et les thèmes relatifs à l’investissement durable pourraient bien s’imposer à l’esprit des investisseurs, à mesure que le besoin de diriger plus efficacement les capitaux vers les questions environnementales et sociales continuera de s’accentuer dans les années à venir.

En fin de compte, les investisseurs peuvent se rassurer du fait que le pire de la pandémie sera bientôt passé, mais ce qui pourrait être une très bonne année pour l’économie mondiale et les marchés financiers ne commencera pas nécessairement de cette façon.


Kevin McCreadie

Kevin McCreadie

CFA®, MBA (2018)
Chef de la direction et chef des investissements, La Société de Gestion AGF Limitée

Chef de la direction et chef des investissements, La Société de Gestion AGF Limitée

Kevin McCreadie est chef de la direction et chef des investissements de La Société de Gestion AGF Limitée.

À ce titre, M. McCreadie est chargé de veiller au maintien de la mission, de la vision et de l’orientation stratégique d’AGF afin d’assurer la réussite de la Société dans son ensemble. Il est également à la tête de l’équipe de la haute direction et assure la liaison avec le conseil d’administration d’AGF.

En tant que chef des investissements, M. McCreadie assume le leadership des équipes de gestion des investissements d’AGF, en plus de diriger les affaires institutionnelles de la Société à l’échelle mondiale.

M. McCreadie, qui œuvre dans le domaine de la gestion de placements depuis 35 ans, possède une vaste expérience en matière de gestion de l’actif de détail et institutionnel, de même que de gestion directe de portefeuille, et il compte plus de dix ans d’expérience à titre de chef des investissements au sein de deux importantes sociétés de services financiers des États-Unis.

Il a obtenu une MBA en finance de la Wharton Graduate School of Business, en plus d’être analyste financier agréé.

Les points de vue exprimés dans cet article sont ceux des auteurs et ne représentent pas nécessairement les opinions d’AGF, de ses filiales ou de ses sociétés affiliées, et ne peuvent être associés à aucun fonds ni à aucune stratégie d’investissement.

Les commentaires que renferme le présent document sont fournis à titre de renseignements d’ordre général et sont fondés sur de l’information disponible au 8 décembre 2020. Ils ne devraient pas être considérés comme des conseils en matière de placement, une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières. Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous assurer de l’exactitude de ces commentaires au moment de leur publication, mais cette exactitude n’est pas garantie. Nous invitons les investisseurs à consulter un professionnel des placements.

Placements AGF est un groupe de filiales en propriété exclusive de La Société de Gestion AGF Limitée, un émetteur assujetti au Canada. Les filiales de Placements AGF sont Placements AGF Inc. (« PAGFI »), AGF Investments America Inc. (« AGFA »), AGF Investments LLC (« AGFUS ») et AGF International Advisors Company Limited (« AGFIA »). AGFA et AGFUS sont inscrites aux États-Unis à titre de conseillers. PAGFI est inscrite à titre de gestionnaire de portefeuille auprès des commissions de valeurs mobilières à travers le Canada. AGFIA est réglementée par la Central Bank of Ireland et est inscrite auprès de l’Australian Securities & Investments Commission. Les filiales faisant partie de Placements AGF gèrent plusieurs mandats comprenant des actions, des titres à revenu fixe et des éléments d’actif équilibrés.

MC Le logo AGF est une marque de commerce de La Société de Gestion AGF Limitée et est utilisé aux termes de licences.

Notre site Web utilise des témoins (cookies) afin de pouvoir vous procurer la meilleure expérience qui soit. Veuillez accepter les témoins ou modifier vos paramètres.