Une voie plus étroite, mais viable vers de nouveaux gains
Une voie plus étroite, mais viable vers de nouveaux gains
Alors que la tendance haussière entame sa quatrième année sur les marchés financiers, nous nous attendons à des rendements favorables pour les investisseurs, même si le contexte laisse une étroite marge d’erreur.
Après trois années de solides résultats pour les actions mondiales et de rendements stables pour les titres à revenu fixe, à la suite du marché baissier de 2021-2022, les investisseurs peuvent à juste titre se demander si les beaux jours se poursuivront l’an prochain. À notre avis, les perspectives demeurent optimistes pour plusieurs raisons, mais les investisseurs devraient rester souples, ouverts d’esprit et attentifs aux risques. Il est peu probable que la voie à suivre soit dégagée et dépourvue de dangers, puisque c’est le cas ces dernières années.
La principale préoccupation en 2025 a clairement été le changement d’orientation énergique de l’administration américaine vers une politique tarifaire qui n’avait pas été observée depuis plusieurs générations. Bien qu’il y ait eu de nombreux revirements dans cette histoire, il est évident que les droits de douane ne disparaîtront pas. Toutefois, cette situation pourrait ne pas être aussi mauvaise pour les perspectives de l’économie et des marchés financiers qu’on pourrait l’imaginer. Premièrement, les droits de douane n’ont plus le même effet de choc, car il s’agit d’un problème actuel et connu. Deuxièmement, alors que les négociations entourant les droits de douane s’orientent vers des ententes signées, les entreprises et les consommateurs sont de plus en plus en mesure d’adapter leur comportement en fonction de la nouvelle réalité, ce qui devrait leur permettre de reprendre graduellement leurs activités économiques pendant que la situation se clarifie. Toutes choses étant égales par ailleurs, les répercussions négatives des droits de douane en 2025 pourraient s’atténuer en 2026.
Un deuxième facteur qui a pesé sur l’année 2025 a été la main-d’œuvre. La politique d’immigration et d’expulsion du président Trump a réduit l’offre de main-d’œuvre aux États-Unis, ce qui, combiné aux droits de douane et à la réduction du nombre d’employés au sein du gouvernement, a considérablement nui à la hausse mensuelle de l’emploi. Une dynamique semblable s’est produite au Canada, dans une moindre mesure. La situation a soulevé des préoccupations quant à un ralentissement économique. Heureusement, la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque du Canada sont devenues plus attentives à ce risque et ont réagi en reprenant leurs cycles d’assouplissement de taux directeur. Nous prévoyons que la Fed réduira son taux directeur à plusieurs reprises encore, au cours de la l’année prochaine, tandis que la Banque du Canada approche probablement davantage de la fin de son cycle d’assouplissement, en raison de ses décisions politiques énergiques qui avaient été prise auparavant. Compte tenu du fait que la croissance économique a commencé à un point plus bas, elle devrait pouvoir accélérer en 2026, en conséquence de ces nouvelles mesures de relance.
Évidemment, les préoccupations concernant la politisation de la Fed sont nombreuses, et nous nous attendons à ce que le prochain président (dont le nom devrait être connu d’ici la fin de l’année) adopte une position conciliante conformément aux préférences de l’administration Trump. Bien que cette politique puisse entraîner des répercussions à long terme, elle devrait, pour 2026, stimuler davantage l’économie et, potentiellement, les marchés financiers.
La politique budgétaire présente des perspectives résolument meilleures pour 2026. Aux États-Unis, la « One Big Beautiful Bill Act » (OBBBA) devrait donner lieu à d’importantes baisses d’impôt pour les consommateurs, dans la première moitié de l’année prochaine, tandis que les déductions fiscales accrues, qui sont liées aux dépenses en immobilisations, à la recherche et au développement, devraient stimuler les activités des entreprises. Le Canada adopte une politique semblable sous le régime du premier ministre Mark Carney, et des politiques budgétaires expansionnistes existent à divers degrés dans d’autres pays, comme l’Allemagne et le Japon. La Chine semble également être sur le point de stimuler son économie de façon plus importante l’an prochain, car elle tente de gérer les tensions commerciales avec les États-Unis. Tout compte fait, ces mesures pourraient avoir un effet favorable renforçant les perspectives de croissance économique mondiale par rapport à 2025.
Bien entendu, en ce qui a trait aux titres à revenu fixe, les niveaux élevés de la dette publique dans la plupart des pays sont une source de préoccupation accrue sur les marchés obligataires souverains, et la hausse des taux des obligations à long terme reflète ces inquiétudes. Toutefois, dans l’ensemble, les taux sont demeurés confinés dans une fourchette, au cours des dernières années, et selon nous, les décideurs disposent d’outils pour contenir toute hausse des taux à un niveau gérable, du moins en 2026. De plus, bien qu’il soit peu probable que 2026 présente autant de réductions de taux à l’échelle mondiale que 2025, les banques centrales restent dans l’ensemble en mode assouplissement, ce qui pourrait maintenir à la baisse les taux d’intérêt à court terme. En ce qui concerne les taux d’intérêt à long terme, ils seront forcément influencés par les déficits mentionnés ci-dessus, mais ils devraient profiter d’un contexte d’inflation. Celle-ci a continué de se normaliser, bien qu’elle ait été élevée par rapport aux deux dernières décennies. Nous nous attendons à ce qu’elle puisse demeurer raisonnablement stable, compte tenu de la faiblesse du marché de l’habitation, ce qui devrait maintenir le volet habitation de l’inflation dans une tendance désinflationniste. En revanche, le secteur des produits de base s’est raffermi, car les perspectives de croissance économique s’améliorent et la consommation de matières premières s’accélère, en raison de la transition vers une économie plus énergivore, ce qui pourrait entraîner une certaine hausse de l’inflation globale. Dans l’ensemble, cette configuration devrait être suffisante pour que les titres à revenu fixe génèrent des rendements d’environ 5 % pour une quatrième année consécutive.
Enfin, bien que 2026 ne soit pas une année électorale majeure du point de vue mondial, les élections américaines de mi-mandat approchent à grands pas, tout comme le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance, en juillet prochain. Il est probable que l’administration Trump mette en œuvre le plus grand nombre de politiques possible pour accroître la confiance des consommateurs l’an prochain, afin de célébrer le « jour de l’indépendance » sur une note positive et d’accroître les chances des républicains de remporter les élections de mi-mandat.
Selon nous, ce contexte, combiné aux facteurs énumérés ci-dessus, prépare les marchés boursiers pour une quatrième année consécutive de gains; les rendements pourraient toutefois être un peu plus modérés que ceux des trois dernières années, à mesure que le marché haussier arrivera à maturité. Sur le plan tactique, nous adoptons une position neutre à l’égard des actions, au quatrième trimestre de 2025, en raison des préoccupations liées à une hausse peut-être excessivement prolongée après les creux d’avril, au niveau élevé de confiance et à un ralentissement économique temporaire, sous l’effet des droits de douane et de la récente paralysie du gouvernement américain. Toutefois, nous nous attendons à ce que les replis puissent représenter une occasion d’ajuster notre point de vue pour recommander une surpondération des actions. Sur le plan géographique, nous avons modifié notre pondération, délaissant les États-Unis (maintenant neutres) en faveur des marchés émergents, qui offrent de meilleures perspectives de croissance et des évaluations plus intéressantes. Nous continuons également de favoriser le Japon en raison des réformes structurelles en cours.
Entre-temps, nous maintenons une surpondération des liquidités prêtes à être déployées, en cas de consolidation des actions, et nous sous-pondérons modérément les titres à revenu fixe, dont les perspectives demeurent favorables, mais dont les rendements ne devraient pas être aussi élevés que ceux des actions. Dans le volet des titres à revenu fixe, les écarts de taux sont près des niveaux cycliques serrés, mais, encore une fois, nous croyons que ces conditions sont soutenues par de robustes flux de trésorerie et des perspectives économiques encourageantes, de sorte que nous continuons de favoriser les obligations à rendement élevé par rapport à celles de catégorie investissement. Nous avons également augmenté la pondération recommandée des titres de créance des marchés émergents, qui sont susceptibles de profiter d’une croissance solide et d’un dollar américain dont la vigueur à long terme semble avoir culminé, à notre avis.
Perspectives des marchés T4-2025 – Répartition de l’actif
Source : Placements AGF, au 7 octobre 2025
Bien entendu, nous reconnaissons également que des défis nous attendent en 2026. L’un des défis de taille est l’évaluation excessive des actions : après un marché haussier prolongé et centré sur les actions de croissance américaines à grande capitalisation, les évaluations se rapprochent de niveaux historiquement élevés, ce qui laisse moins de jeu pour l’expansion future, tout en exposant les investisseurs à un risque de baisse plus élevé, en cas de correction. Toutefois, les données fondamentales des sociétés continuent d’entraîner une forte croissance des bénéfices, ce qui pourrait raisonnablement soutenir les actions en 2026, en supposant que l’économie accélère.
De plus, les tensions géopolitiques se poursuivent, avec peu de répits, dans de nombreuses zones sensibles de la planète. Bien que les investisseurs soient devenus conditionnés à acheter des titres pendant les creux associés à des poussées de tensions géopolitiques ayant causé peu de perturbations économiques importantes, il est possible qu’une confrontation se transforme pour devenir une situation prolongée et d’une plus grande importance que ce que nous avons vu au cours des dernières décennies.
Troisièmement, malgré notre scénario de base en ce qui concerne une reprise de l’accélération économique, les risques de baisse pourraient se manifester et donner lieu à une hausse du chômage, à un arrêt des pourparlers commerciaux sous l’effet de tensions ou de décisions des tribunaux, ou encore à une hausse importune de l’inflation. Il sera crucial pour le Canada de présenter de solides arguments en faveur de droits de douane peu élevés lorsque l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) sera renégocié.
Enfin, l’intelligence artificielle (IA) présente à la fois des occasions incroyables et des risques. Son adoption de plus en plus répandue pourrait commencer à nuire aux intentions d’embauche, tout en stimulant la productivité et la désinflation. En outre, la possibilité d’un éclatement de la bulle de l’IA (selon nous, les conditions d’un tel scénario ne sont pas en place actuellement) pourrait provoquer à la fois un marché baissier et un ralentissement économique.
À mesure que l’année avancera, ces difficultés pourraient miner notre position favorable, même si nous croyons que nos perspectives optimistes devraient prévaloir. Quel que soit le résultat, l’année 2026 devrait présenter un contexte dynamique exigeant que les investisseurs fassent preuve de rigueur et de flexibilité, et qu’ils appliquent une gestion du risque prudente tout au long de l’année.
David Stonehouse est chef intérimaire des investissements, Placements AGF Inc. À titre de chef intérimaire, avec l’aide du Bureau du chef des investissements de Placements AGF, M. Stonehouse supervise la mise en œuvre de la stratégie de gestion des investissements d’AGF, en plus de diriger et de voir à l’évolution de l’équipe de gestion de placements ainsi que de déterminer les priorités de recherche, les politiques et les programmes qui visent à atteindre les objectifs de placement d’AGF et de ses clients. M. Stonehouse continue de superviser les équipes des investissements nord-américains et spécialisés de Placements AGF, ainsi que de veiller à la gestion directe de portefeuilles dans le cadre de ses mandats actuels.
En s’appuyant sur près de 30 ans d’expérience dans la gestion de mandats équilibrés, d’actions et de titres à revenu fixe, il a recours à un processus d’investissement rigoureux conjuguant une méthode d’analyse descendante quant à la duration et à la répartition de l’actif, à une approche ascendante pour la sélection de titres.
Il est titulaire d’un baccalauréat en sciences appliquées de l’Université Queen’s et d’un MBA en finance et comptabilité de l’Université McMaster, en plus d’être analyste financier agréé (CFA®).
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