Pour le meilleur ou pour le pire : composer avec la volatilité potentielle en 2026
Pour le meilleur ou pour le pire : composer avec la volatilité potentielle en 2026
Les stratégies de couverture d’actions sont l’une des multiples tactiques que les investisseurs devraient envisager si les conditions pesant sur les actions devenaient plus hasardeuses, selon Bill DeRoche, chef de l’investissement quantitatif de Placements AGF.
Quelles sont vos perspectives pour les marchés boursiers des États-Unis en 2026?
Compte tenu de ce que nos modèles quantitatifs nous indiquent en ce moment, nous sommes assez optimistes à l’égard de ce qui nous attend en 2026. Plus particulièrement, nous croyons qu’il existe un potentiel élevé de croissance des bénéfices et un taux d’actualisation plus faible (c’est-à-dire, le taux de rendement minimal qui devrait être gagné sur un placement, compte tenu de son profil de risque spécifique), ce qui est de bon augure pour les marchés boursiers l’an prochain.
Cela ne veut pas dire que cette prévision ne comporte pas de risques. Par exemple, pour que la croissance des bénéfices atteigne son potentiel, il faudra probablement commencer à voir une augmentation du rendement du capital investi (RCI), de la part des sociétés qui innovent avec l’intelligence artificielle (IA), et les infrastructures nécessaires pour en assurer le soutien. Il y a eu une quantité énorme de dépenses en immobilisations à cet égard, mais les résultats jusqu’à maintenant pourraient ne pas être suffisants pour continuer de soutenir la hausse déjà considérable du cours des actions associées au domaine de l’IA. Néanmoins, lorsque j’entends parler des gains de productivité des entreprises attribuables à l’IA, je suis rassuré quant à la réalisation du RCI, même au prix de plus de turbulence sur les marchés boursiers.
En quoi la montée presque constante des marchés boursiers depuis la fin d’avril atténue-t-elle vos attentes, en supposant que ces dernières soient influencées?
Il est très rare que les marchés boursiers grimpent presque sans interruption. Par conséquent, nous voulons toujours comprendre les possibilités de risques, même lorsque les attentes sont positives dans l’ensemble. Un tel état d’esprit nous permet de rester à l’affût des dangers. Je m’explique en utilisant l’analogie d’un de mes collègues.
Supposons que vous marchez dans la rue par un bel après-midi ensoleillé. Dans ce scénario, la probabilité de trébucher et de tomber est faible, et c’est ainsi que j’aurais décrit les marchés boursiers plus tôt cette année, au printemps – du moins à partir du moment où le président Donald Trump a renoncé à mettre pleinement en œuvre ses droits de douane au « jour de la libération ». Le marché des actions américaines était alors évalué adéquatement, mais après la forte remontée, tout au long de l’été et au début de l’automne, nous le considérons comme étant légèrement surévalué, surtout compte tenu des dangers émergents, comme l’affaiblissement du marché de l’emploi aux États-Unis. Pour en revenir à notre analogie, vous marchez maintenant le soir et les trottoirs commencent à être glissants. À notre avis, les conditions sont beaucoup plus hasardeuses et le risque de chute est accru.
Compte tenu de votre optimisme prudent à l’égard de 2026, quelle est votre approche en matière d’investissement, pour concilier les occasions potentielles et les possibilités de risques dans la nouvelle année?
Nous aimons l’idée de maximiser la richesse à la lumière de modèles mathématiques, notamment le critère de Kelly (Kelly Criterion), qui aide à calculer le montant à investir dans une seule opération en fonction d’une probabilité de gain. Autrement dit, il s’agit de calibrer la taille de nos « paris ». Donc, oui, nous sommes optimistes à l’égard du marché des actions américaines en 2026 et nous voulons y être exposés, mais à mesure que nous détecterons plus de risques à l’horizon, nous devrons faire preuve de prudence, ce qui signifie qu’il nous faudra réduire légèrement notre exposition. Si nous procédons ainsi, de manière systématique en réponse aux dangers émergents, nous considérons être en mesure de maximiser les actifs plus efficacement.
Bien sûr, il n’y a pas de solution universelle quant à cette approche. La situation d’un gestionnaire de fonds professionnel comme nous diffère de celle d’un investisseur particulier qui doit tenir compte de ses objectifs de placement, de son aversion globale au risque et de son horizon de placement. Par exemple, à l’approche de la retraite, vous serez probablement un peu plus prudent pour ce qui est de votre participation aux marchés boursiers, surtout en période de volatilité accrue.
Dans cette optique, quelle est l’importance de la répartition stratégique et tactique des actifs en fonction des besoins?
Il ne devrait pas être surprenant de constater que nous jugeons ces deux aspects de la répartition de l’actif essentiels à la gestion du risque, mais ils ne contribuent pas à la réalisation du même objectif. La répartition stratégique peut se rapporter davantage aux différentes étapes du cycle de vie des investissements d’une personne. Parallèlement à ce que j’ai mentionné plus tôt à titre d’exemple, une jeune personne qui commence à investir et à constituer son patrimoine peut généralement tolérer plus de risques que quelqu’un à l’approche de la retraite, car son investissement aura le temps de récupérer les pertes qui pourraient survenir à court terme. Par conséquent, cette jeune personne peut être plus exposée aux actions que sa contrepartie plus âgée qui, à mesure qu’elle a avancé dans la vie en tant qu’investisseur, a réduit la répartition stratégique du risque en diminuant son exposition globale aux actions, par rapport à ce qu’elle était auparavant.
En revanche, l’affectation d’actifs tactiques s’apparente davantage à ce dont nous discutions dans le contexte des dangers liés aux marchés. Pour mieux comprendre, considérons qu’une telle approche peut être superposée à la répartition stratégique d’un investisseur, pour tenir compte des risques à court terme, en réduisant l’exposition du portefeuille à un certain type de placement, mais de façon plutôt temporaire. Encore une fois, il s’agit de la taille du pari, et il existe différentes façons d’utiliser cette méthode. On peut notamment liquider certaines positions en actions de base et obtenir des liquidités, mais on peut aussi inclure des stratégies de couverture d’actions, qui sont susceptibles de limiter les risques de baisse, tout en permettant de tirer parti du potentiel de hausse.
Qu’est-ce que les investisseurs ont besoin de considérer quand ils choisissent entre l’obtention de liquidités et une stratégie de couverture, pour réduire leur exposition au marché?
Les deux méthodes peuvent réduire adéquatement l’exposition au marché, mais les liquidités peuvent ne pas être aussi efficaces que des actifs de couverture qui ont une corrélation négative avec les actions. En d’autres termes, afin d’obtenir le même effet, les investisseurs auront habituellement besoin d’amasser davantage de liquidités par rapport à ce qu’ils devraient affecter à un instrument de couverture. En fin de compte, nous sommes d’avis que 2026 pourrait être une autre bonne année pour les marchés boursiers. Toutefois, le fait de ne pas avoir de plan, pour atténuer les risques potentiels, pourrait nuire au patrimoine de certains investisseurs, si ces derniers choisissaient d’ignorer de tels risques.
Bill DeRoche est chef de l’investissement quantitatif, AGF Investments LLC¹, une société de conseil fondée à Boston en 2009 et une filiale de La Société de Gestion AGF Limitée. En plus de diriger la plateforme d’investissement quantitatif d’AGF Investments, M. DeRoche veille à la direction et à la gestion de l’équipe responsable de l’investissement quantitatif de la société. L’équipe responsable de l’investissement quantitatif d’AGF Investments applique une démarche fondée sur la conviction que les résultats d’investissement peuvent être améliorés par l’évaluation et le ciblage des facteurs qui influencent les rendements des marchés.
M. DeRoche est aussi membre du Bureau du chef des investissements, une structure mise en place au sein de l’équipe de gestion des investissements de Placements AGF, qui vise à encourager et à renforcer la collaboration et la responsabilisation active entre les membres de l’équipe et dans l’ensemble de la société. M. DeRoche possède une expérience considérable dans l’application de stratégies factorielles quantitatives et de méthodes non traditionnelles visant à atteindre un vaste ensemble d’objectifs. Auparavant, il était vice-président à State Street Global Advisors (SSgA), où il dirigeait l’équipe chargée des actions américaines bonifiées. Dans le cadre de ses fonctions, il gérait principalement les stratégies axées sur les positions longues et 130/30 sur les marchés américains, et il effectuait des recherches sur les modèles de classement des titres et les techniques d’assemblage de portefeuilles de SSgA. Avant son entrée à SSgA en 2003, il exerçait la fonction d’analyste quantitatif et de gestionnaire de portefeuille à Putnam Investments. Il travaille dans le domaine de la gestion de placements depuis 1995.
Avant cette date, il était pilote du Grumman A-6 Intruder dans la Marine américaine et faisait partie de l’escadron d’attaque 85, à bord du porte-avions USS America (CV-66). M. DeRoche est titulaire d’un baccalauréat en génie électrique de l’académie navale des États-Unis (United States Naval Academy) et d’un MBA de l’Amos Tuck School of Business Administration, du Dartmouth College. Il est également analyste financier agréé (CFA®).
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