CATÉGORIES D’ACTIFS SPÉCIALISÉS | Durabilité

Rêves de puissance : Comment l’IA présente une occasion unique dans le secteur de l’électricité

le 2 décembre 2025 | Par: Martin Grosskopf, Placements AGF

Rêves de puissance : Comment l’IA présente une occasion unique dans le secteur de l’électricité

Les actions des technologies propres ont rebondi dans l’ensemble et on constate des signes de regain d’intérêt de la part des investisseurs. 

 

Traditionnellement, l’électricité a été l’un des segments les plus stables – certains diraient ennuyeux – du secteur de l’énergie. Pendant de nombreuses années, la demande d’électricité a progressé de 1 % par année, un rythme modeste reflétant des habitudes de consommation mûres et une certaine efficacité. Mais tout cela est en train de changer, très rapidement. En fait, nous assistons à un changement radical de la demande d’électricité à l’échelle mondiale, sous l’effet de tendances technologiques et industrielles transformatrices. Aujourd’hui, l’émergence de centres de données à grande échelle axés sur l’intelligence artificielle (IA), l’adoption rapide des véhicules électriques, l’intensification des besoins en chauffage et de refroidissement et la relocalisation de la production énergivore instaurent une nouvelle ère de croissance à long terme de l’électricité.

En ce qui concerne la demande d’électricité, nous croyons qu’il s’agit d’un point d’inflexion, à l’origine duquel se trouve l’essor des centres de données d’IA. Les charges de travail liées à l’IA, plus particulièrement l’entraînement et l’inférence des grands modèles de langage, consomment beaucoup plus d’électricité que les charges de travail traditionnelles des entreprises. Selon BloombergNEF, la demande mondiale d’électricité des centres de données devrait passer d’environ 449 térawattheures (TWh) en 2025 à environ 1 600 TWh d’ici 2035, ce qui signifie que la consommation horaire moyenne d’électricité va pratiquement tripler.

Pour mettre ces chiffres en perspective, le total de la consommation mondiale d’électricité dans tous les secteurs a atteint 26 600 TWh en 2024 et devrait atteindre 35 600 TWh d’ici 2035. À eux seuls, les centres de données devraient représenter 14 % de cette augmentation, faisant passer leur part de la consommation mondiale d’électricité de 1,4 % en 2024 à 4,5 % d’ici 2035. À titre de comparaison, le barrage Hoover, l’une des centrales hydroélectriques les plus emblématiques des États-Unis, a une capacité de production de 2 080 mégawatts et produit environ 4,5 TWh par année. L’augmentation annuelle prévue de la demande mondiale des centres de données est donc équivalente à la production d’environ 25 barrages Hoover.

Ces chiffres soulignent l’incidence à l’échelle industrielle des centres de données d’IA sur les réseaux électriques à l’échelle mondiale. Leurs profils de charge uniques, leur forte demande de base, leurs charges importantes pour l’entraînement par lots, leurs besoins de refroidissement intensif et leur regroupement géographique constituent déjà des défis pour les réseaux. Les grandes sociétés technologiques qui fournissent des services infonuagiques à très grande échelle concluent des ententes d’achat d’énergie à long terme, souvent à des prix élevés, pour assurer un accès permanent à une énergie propre.

Au-delà de l’IA, d’autres facteurs contribuent à la hausse de la demande d’électricité. L’adoption rapide des véhicules électriques et la relocalisation du secteur manufacturier, notamment les usines de batteries et de fabrication de semi-conducteurs, devraient stimuler considérablement la demande d’électricité. À eux seuls, les véhicules électriques pourraient accroître de 6 %, soit 1 610 TWh, la consommation mondiale d’électricité d’ici 2035. De plus, l’allongement des saisons chaudes et le déploiement accru du chauffage et du refroidissement accentuent les pics de demande et mettent la capacité du réseau à rude épreuve. Cette tendance générale à la croissance de la charge est systématique et devrait se poursuivre pendant des décennies.

Ces tendances convergentes redéfinissent l’économie des systèmes électriques et les priorités d’investissement. Selon nous, les principales conséquences sont les suivantes :

  • Une électricité fiable et souple est essentielle : La production prévisible et commandée, comme le nucléaire (plus particulièrement les petits réacteurs modulaires, ou PRM) et la géothermie, ainsi que le stockage de longue durée, vont devenir déterminants.
  • Stockage et souplesse : Les batteries et les systèmes de stockage seront essentiels pour soutenir les charges de travail de l’IA en tout temps et pour répondre à une demande en évolution rapide, ce qui ira bien au-delà d’un simple passage à la production d’énergies éolienne et solaire.
  • Modernisation du réseau : Le réseau actuel est conçu pour une croissance lente. Aujourd’hui, il nécessite d’importantes mises à niveau pour s’adapter aux nouvelles charges et aux énergies renouvelables variables.
  • Rapidité d’accès à l’électricité : Les cycles de construction de la production traditionnelle sont trop lents. La réalisation efficace de projets dans des délais de 12 à 36 mois constitue désormais un avantage stratégique, qui favorise les turbines à gaz, le stockage par batterie et les solutions modulaires.

Les conditions émergentes en matière de demande d’électricité présentent de nombreuses occasions, mais il existe des risques et des défis pour répondre à la forte augmentation des besoins en électricité. Plus particulièrement, le réseau demeure un maillon faible de la transition énergétique. La longueur des processus d’octroi de permis imputable à des obstacles réglementaires, le manque de main-d’œuvre qualifiée dans les domaines de l’ingénierie et de la construction ainsi que des contraintes liées à la chaîne d’approvisionnement des composants électriques essentiels représentent des risques importants pour l’exécution et le déploiement en temps opportun de nouveaux projets énergétiques.

On a beaucoup parlé ces derniers mois du retrait des États-Unis de leur rôle de chef de file de l’action climatique au niveau fédéral, mais le secteur américain des technologies propres continue de faire preuve de résilience et d’afficher une croissance solide. Des États comme le Texas et l’Oklahoma, des bastions historiques des combustibles fossiles, sont maintenant des chefs de file dans le déploiement des énergies éolienne et solaire, ce qui souligne comment l’économie, et non la politique seule, dicte les décisions d’investissement.

Rebond des actions liées à l’énergie propre en 2025

Rebond des actions liées à l’énergie propre en 2025

Source : Bloomberg LP, au 12 novembre 2025. Les rendements antérieurs ne constituent pas une indication des résultats futurs. On ne peut pas investir directement dans un indice.

Les actions des technologies propres ont globalement rebondi et surpassent l’ensemble du marché depuis le début de l’année, corrigeant ainsi la décote excessive qui résultait de l’incertitude politique et des difficultés macroéconomiques. De plus, certains signes montrent un regain d’intérêt de la part des investisseurs. Les flux de capitaux vers les marchés de l’énergie propre se sont redressés, les investisseurs privilégiant de plus en plus les sociétés exposées à la modernisation du réseau, au stockage d’énergie et à l’énergie propre commandée.

Les évaluations dans certains sous-secteurs, plus particulièrement le stockage de longue durée et les PRM nucléaires, commencent à être revues, étant donné que les investisseurs reconnaissent l’importance stratégique d’une électricité fiable et souple pour soutenir la demande induite par l’IA. Les mandats à l’échelle des États et certains incitatifs prévus dans la U.S. Inflation Reduction Act continuent d’offrir des facteurs favorables, même si la dynamique fédérale ralentit.

Le regain d’intérêt des investisseurs pour les technologies propres montre bien que la révolution de l’IA n’est pas seulement un changement technologique, mais aussi une transformation énergétique. Alors que les centres de données prolifèrent et que l’électrification s’accélère, le réseau doit évoluer à un rythme sans précédent. La réussite dépendra de l’apport d’une électricité propre, fiable et rapide alliant innovation, durabilité, fiabilité et adaptabilité. Pour les investisseurs, la convergence de la demande issue de l’IA et la transition énergétique pourraient bien présenter une occasion de placement unique.

Martin Grosskopf
Martin Grosskopf, MES, MBA
VP et gestionnaire de portefeuille
Placements AGF Inc.
VP et gestionnaire de portefeuille

Martin Grosskopf gère les stratégies d’investissement durable de Placements AGF et met son savoir-faire sur les questions de durabilité et sur les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) au service des autres équipes d’investissement de la société. Leader éclairé en matière de questions ESG et de « finance verte », il donne fréquemment des conférences sur ces sujets, en plus d’avoir été vice-président du comité technique du Groupe CSA pour la finance verte et de transition. Il a également siégé au conseil d’administration de l’Association pour l’investissement responsable (AIR).

M. Grosskopf possède plus de 30 ans d’expérience dans le domaine des analyses financières et environnementales. Il était auparavant directeur de la recherche, Développement durable et gestionnaire de portefeuille à Acuity Investment Management Inc., que La Société de Gestion AGF Limitée a acquise en février 2011. Avant ses débuts dans l’industrie financière, il a travaillé dans divers domaines liés à la gestion et à l’évaluation de l’environnement, de même qu’à l’atténuation des impacts sur l’environnement. Il a été directeur de projet pour CSA International de 1997 à 2000, après avoir été scientifique spécialisé en environnement pour la société Acres International Limited.

En 2023, Martin Grosskopf a reçu un prix Canada Clean16 en reconnaissance de son travail visant à accroître davantage la durabilité dans le secteur financier. Martin Grosskopf est titulaire d’un baccalauréat de l’Université de Toronto, d’une maîtrise de l’Université York et d’un MBA de la Schulich School of Business.

Les points de vue exprimés dans cet article sont ceux de l’auteur et ne représentent pas nécessairement les opinions d’AGF, de ses filiales ou de ses sociétés affiliées, et ne peuvent être associés à aucun fonds ni à aucune stratégie d’investissement.

Sauf indication contraire, les commentaires et les données sont tirés de Bloomberg, de Reuters et d'autres sources de nouvelles. Les commentaires que renferme le présent document sont fournis à titre de renseignements d’ordre général fondés sur des informations disponibles au 2 décembre 2025. Le présent document ne vise pas à répondre aux besoins, à la situation et aux objectifs d’un investisseur en particulier. Le contenu du présent document ne doit pas être utilisé ni interprété comme un conseil en placement ni comme une offre d’achat ou de vente de titres, et ne vise pas à suggérer de prendre une mesure quelconque ou de s’en abstenir. Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous assurer de l’exactitude de ces commentaires au moment de leur publication, mais cette exactitude n’est pas garantie. Les conditions du marché peuvent changer, et Placements AGF n’accepte aucune responsabilité pour des décisions de placement prises par des individus et découlant de l’utilisation ou sur la foi des renseignements contenus dans ce document.

Le présent document peut contenir des renseignements prospectifs qui reflètent nos attentes ou nos prévisions actuelles d’événements futurs. Les renseignements prospectifs sont intrinsèquement assujettis, entre autres, aux risques, aux incertitudes et aux hypothèses qui pourraient faire en sorte que les résultats réels diffèrent sensiblement de ceux qui sont exprimés dans le présent document. 

Pour les investisseurs canadiens : Des commissions de vente, des commissions de suivi, des frais de gestion et d’autres frais peuvent être reliés aux fonds de placement. Veuillez lire le prospectus avant d’investir. Les fonds de placement ne sont pas garantis, leur valeur change fréquemment et le rendement antérieur ne se reproduira pas nécessairement.

Placements AGF est un groupe de filiales en propriété exclusive de La Société de Gestion AGF Limitée, un émetteur assujetti au Canada. Les filiales de Placements AGF sont Placements AGF Inc. (PAGFI), AGF Investments LLC (AGFUS) et AGF International Advisors Company Limited (AGFIA). PAGFI est inscrite à titre de gestionnaire de portefeuille auprès des commissions de valeurs mobilières canadiennes. AGFUS est inscrite auprès de la U.S. Securities Exchange Commission à titre de conseiller. AGFIA est réglementée par la Central Bank of Ireland et est inscrite auprès de l’Australian Securities & Investments Commission. Le terme Placements AGF peut faire référence à une ou à plusieurs de ces filiales ou à toutes ces filiales conjointement. Ce terme est utilisé pour plus de commodité et ne décrit pas précisément les sociétés distinctes qui gèrent chacune leurs propres affaires. 

Les entités qui font partie de Placements AGF ne fournissent des services de conseils en placement ou n’offrent des fonds de placement que dans le territoire où la société, les particuliers ou les produits en question sont inscrits ou encore où la société ou les particuliers sont autorisés à fournir ces services. AGFUS fournit des services de conseils en placement aux personnes des États-Unis.

MD MC Le logo « AGF » et toutes les marques associées sont des marques déposées ou des marques de commerce de La Société de Gestion AGF Limitée et sont utilisés aux termes de licences. 

RO : 20251118-4963576