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Les facteurs macroéconomiques favorables aux actifs réels

le 2 décembre 2025 | Par: Richard Fisher, Placements AGF

Les facteurs macroéconomiques favorables aux actifs réels

Les tendances structurelles favorables comprennent la démondialisation, l’incertitude géopolitique et la concurrence stratégique. 

 

Pour les investisseurs, les actifs réels (des choses concrètes, comme des ressources naturelles, des produits de base et l’immobilier) ont tendance à être utiles dans un portefeuille, car ils réduisent la volatilité et servent de couverture contre l’inflation, tout en offrant un potentiel d’appréciation du capital et de production de revenus. Tout au long d’une année 2025 tumultueuse, ils ont produit des rendements positifs stables après le choc des droits de douane imposés le « jour de la libération » aux États-Unis en avril. Pourtant, à l’approche de 2026, le contexte macroéconomique suggère un ralentissement sur le plan macroéconomique, mais aussi une croissance mondiale positive, sans signe évident d’une récession grave sur les principaux marchés. Ce contexte demeure largement favorable aux actions de croissance, même si leurs évaluations boursières sont élevées et que l’élan continue de s’atténuer. Une croissance économique lente, mais positive, et des politiques monétaires et budgétaires favorables à l’échelle mondiale devraient tempérer la volatilité des actions.

Par conséquent, peut-on faire valoir aux investisseurs qu’ils devraient explorer davantage les actifs réels l’an prochain? Nous le pensons, compte tenu de plusieurs tendances structurelles à long terme qui continueront de se manifester. Même dans un contexte macroéconomique plus stable, la démondialisation, l’incertitude géopolitique et la concurrence stratégique (et, en raison de ces tendances, l’inflation, qui pourrait bien demeurer obstinément supérieure aux cibles des banques centrales) pourraient favoriser les actifs réels en 2026.

Malgré l’apaisement des tensions dans les relations commerciales entre les États-Unis et la Chine et le rétablissement des chaînes d’approvisionnement mondiales à la suite de la pandémie de COVID-19, la démondialisation devrait se poursuivre, ce qui entraînera une nouvelle réorientation des flux commerciaux et de la manière dont la logistique évoluera. Nous nous attendons à une augmentation des stocks locaux et régionaux et à une tendance soutenue vers une production localisée dans de nombreux secteurs.

Cette tendance découle en partie des risques mis en lumière durant la pandémie quant à la chaîne d’approvisionnement, mais elle est également liée à l’incertitude géopolitique accrue. La confiance sur le plan transfrontalier a été fortement meurtrie (non seulement entre les États-Unis et la Chine, mais aussi entre les États-Unis et ses alliés traditionnels en Amérique du Nord et en Europe), ce qui a déclenché une tendance croissante à la concurrence stratégique et régionale, qui montre peu de signes de ralentissement. Les conséquences en 2026 seront probablement une nouvelle fragmentation des chaînes d’approvisionnement mondiales existantes, une augmentation des stocks agrégés de biens à l’échelle mondiale et des canaux logistiques plus longs et plus complexes.

Tout cela peut nuire au flux mondial des biens, et nous nous attendons à ce que la concurrence politico-économique et la démondialisation déjà accentuées soient largement inflationnistes dans toutes les catégories d’actif, mais surtout en ce qui concerne les actifs physiques. Les produits de base en général et les minéraux d’extraction devraient être particulièrement touchés par cette tendance. Pour les grandes économies, la sécurité de l’offre de minéraux est maintenant une priorité absolue, ce qui stimule la concurrence stratégique. Il en résultera probablement plus de frontières tarifaires, une hausse des prix des stocks existants et une augmentation des évaluations des ressources futures.

Nous avons déjà constaté cette dynamique dans les fluctuations extraordinaires des prix de l’or, qui ont dépassé la plupart des mesures d’évaluation traditionnelles en 2025. Même sans droits de douane ou limitations physiques, les effets combinés de la hausse du déficit mondial, de taux réels stables et faibles, d’une inflation persistante et d’une instabilité géopolitique pourraient soutenir les prix de l’or et la participation plus large du groupe des métaux précieux à moyen terme.

Nous avons également constaté l’incidence de la concurrence stratégique sur le marché dans divers domaines, notamment celui de l’intelligence artificielle (IA). La réaction initiale des investisseurs a été de se concentrer sur les évaluations des puces d’IA, de la fabrication de matériel et des « géants » de l’IA, ainsi que sur certains segments qui contribuent à la progression du secteur émergent (comme les centres de données et les génératrices). Toutefois, à cette intersection entre l’économie et la sécurité nationale, nous pouvons nous attendre à ce que les marchés boursiers élargissent leur portée, créant des occasions de placement non réalisées relativement à d’autres facteurs de la chaîne d’approvisionnement et des secteurs adjacents, y compris les actifs réels.

Même si l’univers des actifs réels a continué d’enregistrer des flux de trésorerie et des rendements positifs sur le marché boursier cette année (l’ indice Morningstar Real Asset PR a progressé de plus de 9 % jusqu’à la mi-novembre), sa performance a été inférieure à celle de l’ensemble des indices. Nous nous attendons à ce que la volatilité des marchés boursiers se dissipe en 2026, ce qui pourrait avantager les actifs réels en général, en élargissant et en rééquilibrant les évaluations au-delà des actions de croissance. Toutefois, nous remarquons également des facteurs favorables aux actifs réels dans un contexte géopolitique et économique mondial qui pourrait être marqué par une inflation persistante. Dans ce contexte, le potentiel traditionnel des actifs réels en tant que couverture contre l’inflation serait un aspect de leur attrait; un autre serait la probabilité que les prix des actifs réels accentuent l’inflation et tirent parti de cette dernière.

Ce ne sont pas tous les actifs réels qui en profiteront, bien entendu. Parmi ceux-ci, le pétrole, certains produits chimiques ainsi que les produits d’emballage et les conteneurs pourraient être désavantagés par la tendance à la démondialisation, tandis que les services aux collectivités (en partie à cause de la demande d’électricité liée à l’IA) devraient demeurer stables. En revanche, les biens industriels, les infrastructures de défense (qui profitent de la concurrence stratégique), les métaux et les mines ainsi que les matériaux de construction semblent être bien placés pour tirer des gains nets de ce contexte, à condition que les perspectives demeurent favorables pour l’or et d’autres métaux précieux. Comme toujours, les investisseurs devraient envisager de se concentrer sur la qualité, les faibles coûts et la production de flux de trésorerie durables, lorsqu’ils choisissent des participations aux actifs réels. Dans cette optique, l’année 2026 pourrait en effet s’avérer très favorable.

Richard Fisher
Richard Fisher, M.A. (Econ.)
Gestionnaire de portefeuille
Placements AGF Inc.
Gestionnaire de portefeuille

Richard Fisher est gestionnaire de portefeuille de la Catégorie Actifs réels mondiaux AGF et du Fonds d'actifs réels mondiaux AGF.

Il a été analyste principal, chargé de la recherche fondamentale dans les sous-secteurs de la finance (banques mondiales), de même que des transports et des infrastructures de transport. Richard Fisher a précédemment occupé plusieurs postes au sein du volet des ventes au détail de Placements AGF. Il a aussi été vice-président régional, après avoir exercé des fonctions à responsabilités croissantes depuis ses débuts à AGF, en 1996.

M. Fisher est titulaire d’un d’un baccalauréat spécialisé (avec distinction) de l’Université York et d’une maîtrise en économie de l’Université de Waterloo.

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