Un marché boursier toujours en hausse au Japon?
Un marché boursier toujours en hausse au Japon?
La combinaison entre des conditions macroéconomiques stables, l’amélioration de la gouvernance et le renouveau industriel plaide en faveur d’un rendement supérieur durable par rapport à de nombreux autres pays des marchés développés.
Les marchés boursiers japonais ont enregistré de solides rendements en 2025, affichant une remontée qui a non seulement surpassé, mais aussi maintenu des gains supérieurs au sommet historique atteint en 1989. Les bénéfices satisfaisants, l’amélioration de la confiance et l’optimisme à l’égard d’une transition durable vers une reflation ont soutenu cette reprise. Même si l’année a été riche en événements politiques, avec l’arrivée au pouvoir de Sanae Takaichi, qui est devenue la première femme à occuper le poste de première ministre du Japon, l’actualité la plus importante réside dans les réformes structurelles et le réalignement économique déjà en cours. Les perspectives pour 2026 et au-delà dépendent de la capacité du Japon à maintenir cet élan grâce à des progrès coordonnés en matière de réformes, de restructuration, de reflation et de relocalisation.
Ce changement de leadership a apporté de la clarté sur le plan politique après des mois d’incertitude, mais la politique est résolument axée sur l’économie. La première ministre Takaichi, qui bénéficie d’un fort soutien de la population, a présenté un programme favorable à la croissance qui met l’accent sur la hausse des salaires, de la productivité et des investissements nationaux. Les priorités de sa coalition comprennent la simplification de la réglementation, le soutien à l’innovation et la modernisation des marchés de l’emploi, dans le but de traduire la rentabilité des entreprises en une croissance durable du revenu des ménages. Dans une société habituée depuis longtemps à la stagnation déflationniste, cet effort politique en faveur d’un véritable changement structurel est très positif.
Les quatre « R » de la reprise du marché boursier du Japon
Les réformes sont au cœur du nouveau cadre politique, et la gouvernance des entreprises reste un domaine clé. Les initiatives prises par la Bourse de Tokyo visant à améliorer l’efficacité du capital sont renforcées par un soutien politique plus large et les pressions exercées, par les investisseurs, sur les sociétés disposant de liquidités importantes afin qu’elles les utilisent pour investir, verser des dividendes ou racheter des actions. Les caisses de retraite et les gestionnaires d’actifs votent de plus en plus contre les conseils d’administration qui s’opposent aux réformes, créant ainsi une responsabilité concrète. La souplesse du marché de l’emploi s’accroît également, grâce à de nouvelles politiques qui encouragent la mobilité en milieu de carrière, la participation des femmes et la formation aux compétences numériques. Ces mesures visent à stimuler la productivité et à augmenter la croissance à long terme du Japon.
La restructuration se poursuit à la fois au niveau des sociétés et des secteurs. L’accent mis par le gouvernement sur les fusions, les acquisitions et les partenariats avec des sociétés étrangères a accéléré la consolidation dans les secteurs de la fabrication, du commerce de détail et de la logistique. Les investisseurs étrangers, encouragés par les évaluations favorables, participent à un nombre record de prises de contrôle et de participations minoritaires. Les sociétés nationales, sous la pression des actionnaires, liquident leurs participations croisées et se retirent des divisions non fructueuses. Ensemble, ces changements améliorent le rendement des capitaux propres et témoignent d’un écosystème entrepreneurial plus sain.
La reflation, qui était insaisissable pendant des décennies, semble enfin s’installer. La forte croissance des salaires, attribuable aux accords solides conclus au printemps par les syndicats, a commencé à ralentir, mais elle demeure nettement supérieure aux niveaux observés au cours de la décennie précédente. Les décideurs visent désormais une « bonne inflation », où la croissance durable et stable des salaires surpasse le taux d’inflation et peut donc stimuler la consommation.
Par ailleurs, la relocalisation et la politique industrielle sont devenues des impératifs stratégiques. Le Japon reconstruit ses capacités intérieures dans les domaines des semi-conducteurs, des batteries et des matériaux de pointe afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement externes. Le programme de subventions pluriannuel du gouvernement pour les industries vertes et numériques, d’une valeur de plus de 2 000 milliards de yens, a attiré d’importants investissements du secteur privé. La montée des risques géopolitiques a renforcé l’argument en faveur de la « redondance stratégique », encourageant les sociétés à rapatrier leur production à forte valeur et à automatiser leurs activités. La relocalisation s’inscrit également dans le cadre d’efforts plus larges, visant à relancer les économies régionales à l’extérieur de Tokyo et d’Osaka, en orientant de nouveaux projets industriels dans des préfectures locales.
La relation entre les États-Unis et le Japon demeure constructive, les deux pays ayant des priorités communes, comme la coopération dans le domaine des minéraux critiques, la hausse des dépenses militaires, l’expansion du commerce bilatéral et un engagement conjoint à renforcer la résilience de la chaîne d’approvisionnement. Le yen est un point d’accord potentiel entre M. Trump et Mme Takaichi, car tous deux préféreraient le voir se renforcer. Depuis le début de la pandémie, la devise a reculé de plus de 40 % par rapport au dollar américain, atteignant un creux historique. Bien que la dépréciation du yen ait stimulé les recettes d’exportation et attiré des investissements étrangers, elle a également importé l’inflation et aggravé la crise du coût de la vie au Japon. Environ 70 % de l’inflation au Japon provient des prix des denrées alimentaires, car le pays importe environ un tiers de ses aliments. Compte tenu du vieillissement et de la diminution de la main-d’œuvre agricole au Japon, les capacités intérieures pour compenser ces pressions sont faibles. Nous nous attendons à une appréciation du yen en 2026, en raison de l’amélioration des données économiques fondamentales du Japon, même si les autorités sont susceptibles de gérer les fluctuations de change afin de favoriser le maintien de la compétitivité des entreprises.
Sous l’effet d’une réforme démographique élargie, les dynamiques intérieure et extérieure se chevauchent. La diminution de la main-d’œuvre au Japon freine depuis longtemps la croissance du pays, mais les réactions politiques deviennent pragmatiques. Le nouveau programme de lutte contre le déclin démographique (Population Decline Countermeasures Headquarters) accorde la priorité à l’aide à la garde d’enfants, à la réforme de l’immigration et à la modernisation du marché de l’emploi. Les efforts visant à numériser les services publics et les soins de santé ont pour objectif d’améliorer l’efficacité, malgré le vieillissement de la population. Même si les difficultés démographiques persisteront, ces initiatives pourraient atténuer leur impact économique négatif et créer de nouvelles occasions dans les domaines de l’automatisation, de la robotique et des technologies des soins de santé.
Du point de vue de l’investissement, la convergence entre les réformes, la restructuration, la reflation et la relocalisation présente un scénario structurel convaincant. Les prévisions de croissance des bénéfices des sociétés semblent avoir atteint un creux, en raison du fait que les incertitudes entourant les tarifs se dissipent, et de la gestion rigoureuse du capital, tandis que les rendements pour les actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d’actions atteignent des sommets records. La participation étrangère est en hausse, mais les investisseurs japonais, qui font preuve de prudence depuis longtemps, achètent également des actions, car l’inflation rend les liquidités moins intéressantes. La combinaison entre des conditions macroéconomiques stables, l’amélioration de la gouvernance et le renouveau industriel appuie l’idée d’un rendement supérieur durable par rapport à d’autres pays des marchés développés.
Néanmoins, des risques persistent. La demande mondiale pourrait fléchir si les États-Unis ou la Chine connaissaient un ralentissement brutal, et les coûts de l’énergie demeuraient imprévisibles, étant donné que le Japon dépend des importations. Toutefois, Mme Takaichi a l’intention de redémarrer des centrales nucléaires, et des démarches ont déjà été entreprises afin d’obtenir les autorisations nécessaires pour onze de ces installations. Sur le plan politique, la pérennité des réformes dépendra de la capacité de la première ministre Takaichi à maintenir une forte cohésion au sein de son parti et à conserver le soutien de l’opinion publique, à mesure que les réformes de la sécurité sociale se poursuivront et que les dépenses militaires augmenteront pour atteindre 2 % du PIB.
En résumé, le Japon aborde l’année 2026 avec une vitalité économique renouvelée et une cohérence politique inédite depuis des décennies. À notre avis, l’alignement entre la réforme des entreprises, la reflation stable et la relocalisation stratégique redéfinit le modèle de croissance du pays et donne aux investisseurs des raisons de considérer le Japon non pas comme un pays à la traîne, mais comme une source de rendements durables et de grande qualité.
Stephen Way dirige la gestion de portefeuilles pour les mandats d’actions mondiales et de titres à dividendes mondiaux de Placements AGF. Auteur du processus d’investissement axé sur la valeur économique ajoutée (VEA) qui est utilisé pour ces mandats de premier plan, il est appuyé par une équipe qui met à profit son expérience collective pour cerner des occasions de placement qui n’ont pas encore été reconnues sur le marché. M. Way est membre du Bureau du chef des investissements, une structure mise en place au sein de l’équipe de gestion des investissements de Placements AGF, qui vise à encourager et à renforcer la collaboration et la responsabilisation active entre les membres de l’équipe et dans l’ensemble de la Société. Il est aussi membre du Comité de répartition de l’actif Placements AGF, un groupe de spécialistes chevronnés en matière d’investissement qui se réunissent chaque trimestre pour discuter, de même que pour analyser et évaluer l’actualité macroéconomique et les marchés des capitaux, afin de déterminer une répartition optimale de l’actif.
Stephen Way est entré en fonction dans le domaine en 1987, lorsqu’il s’est joint à Placements AGF. En 1991, il a établi, à Dublin (Irlande), la filiale en propriété exclusive de La Socété de Gestion AGF Limitée, l’AGF International Advisors Company Limited, dont il a été directeur général jusqu’en 1994.
Il est titulaire d’un baccalauréat en administration et en commerce de l’Université Western Ontario. Il est analyste financier agréé (CFA®) et membre de la CFA® Society Toronto.
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