Tout est à la hausse

le 6 décembre 2021 | Par: Kevin McCreadie

Tout est à la hausse

En 2021, la pandémie de COVID-19 est restée une force majeure qui a façonné les marchés financiers. Quant au « variant préoccupant » qui vient d’être découvert, Omicron, il a clairement déstabilisé les investisseurs ces derniers jours. Toutefois, si l’on exclue la possibilité d’une nouvelle propagation importante du virus, qui obligerait à refermer des pans tout entiers de l’économie mondiale, on peut affirmer sans hésiter que le poids de la COVID-19 sur notre bien-être physique, mental, financier et social s’est considérablement allégé depuis le sommet de la crise, il y a bientôt deux ans. Mais dans l’esprit des investisseurs du moins, la pandémie devrait continuer de laisser place aux effets économiques secondaires qu’elle a provoqués.

Rien n’illustre mieux ce changement de préoccupation que notre obsession actuelle pour l’inflation, laquelle a atteint des niveaux inégalés depuis des décennies et pourrait bien désormais représenter la principale menace pour les portefeuilles des investisseurs. Certes, l’économie est sans doute plus vigoureuse aujourd’hui, à l’aube de 2022, qu’elle ne l’a été depuis des années, mais on s’inquiète de plus en plus de la trajectoire que pourrait suivre la croissance à l’avenir, surtout si les pressions inflationnistes persistent longtemps dans la nouvelle année.

Ces inquiétudes s’expliquent en partie par la hausse des prix des produits essentiels du quotidien, tels que les provisions, l’essence et les sources d’énergie destinées au chauffage domestique, ce qui pourrait finir par peser sur la demande de biens et de services de consommation discrétionnaire, qui aide à alimenter la croissance des bénéfices dans la plupart des économies. Mais l’appréhension est peut-être avant tout liée à la perspective d’une hausse des taux d’intérêt, si l’inflation continue de gagner du terrain. Le problème relèverait alors moins de la répartition que de la réduction de la demande, car les coûts de base augmenteraient pratiquement pour tout le monde – aussi bien les consommateurs que les petites et les grandes entreprises –, ce qui éroderait le pouvoir d’achat et le potentiel de gain.

Voilà pourquoi l’attention se tourne autant vers la Réserve fédérale américaine (la Fed) et d’autres banques centrales, ces jours-ci. Plusieurs pays des marchés émergents ont déjà relevé leurs taux afin de combattre l’inflation galopante, mais la plupart des pays des marchés développés n’ont pas encore sauté le pas. Pour sa part, la Fed affirme désormais que l’inflation se maintiendra plus longtemps que prévu aux États-Unis, même si elle estime que le niveau devrait retomber près des 2 % au fil du temps. La banque centrale américaine reste donc réticente à l’idée de rehausser prochainement son taux directeur à un jour, voire à l’idée de le relever tout court en 2022, et ce, en dépit des marchés, qui prévoient deux hausses des taux l’année prochaine, dont une première, vraisemblablement à la fin du printemps.

À l’inverse, la Banque du Canada (BdC) devrait se conformer aux attentes des marchés en relevant son taux directeur au premier trimestre de 2022. Néanmoins, même si la date approximative de la première hausse depuis 2018 devrait correspondre aux prévisions, la BdC est bien loin du nombre d’augmentations que certains prévisionnistes suggèrent pour 2022.

Bien sûr, la question de savoir qui aura raison jouera un rôle déterminant sur les marchés, au cours des prochains mois. Dans une certaine mesure, la réponse dépendra de la capacité qu’auront les chaînes d’approvisionnement mondiales à se rétablir, après des mois de perturbations causées par les pénuries de main-d’œuvre et d’interruptions des processus de fabrication, du fait de la pandémie. Toutefois, il se pourrait que le recul de l’inflation – auquel cas les banques centrales n’auraient pas nécessairement à relever leurs taux – tienne aussi bien à l’évolution des salaires qu’à la résolution des problèmes d’approvisionnement : si les troubles observés sur les chaînes d’approvisionnement vont finir par se résorber d’ici quelques mois, la hausse des coûts de la main-d’œuvre n’est pas aussi facile à corriger et elle peut se traduire par une inflation nettement plus persistante.

Certes, l’inflation n’est pas toujours un phénomène néfaste pour les marchés. À vrai dire, elle pourrait même devenir relativement bénéfique sur le plan économique, si elle ralentissait un tant soit peu et qu’elle s’accompagnait d’une hausse progressive et mesurée des taux d’intérêt, sans entrave pour la croissance au fil du temps. Cependant, les investisseurs ne peuvent pas exclure les dangers que peuvent entraîner des prix obstinément élevés. Ils ne doivent pas non plus ignorer, du moins pas totalement, la possibilité de voir la stagflation s’installer. Nous avons peu de raisons de croire à un effondrement de la croissance économique d’ici les 12 prochains mois, mais il est envisageable que celle-ci puisse décélérer, après avoir connu un rythme d’expansion effréné au cours de l’année écoulée. Ce fléchissement pourrait avoir lieu, même si les taux d’intérêt n’augmentent pas comme prévu, ou que le variant Omicron ne paralyse que marginalement l’activité économique dans le monde.

Hormis ces deux obstacles potentiels, la croissance mondiale devrait se poursuivre, sans que les gouvernements n’aient besoin d’intervenir davantage sur le plan budgétaire. Parallèlement, de nombreux programmes de relance que ceux-ci ont mis en œuvre au cours des deux dernières années pourraient se traduire par une hausse des impôts. De son côté, la Chine – la deuxième économie à l’échelle mondiale – représente elle aussi un frein potentiel à la croissance mondiale, non seulement parce qu’elle reste aux prises avec des problèmes de production liés aux pénuries d’énergie et de matériaux, mais également en raison de sa politique de tolérance zéro à l’égard de la COVID-19 et du durcissement continu des mesures de répression dans plusieurs des secteurs clés de son économie.

Autrement dit, nous recommandons la prudence aux investisseurs en ce début d’année 2022, mais non pas au détriment de l’optimisme. Même si l’année à venir devrait être caractérisée par une croissance économique plus modérée et par une volatilité accrue sur les marchés, elle sera également définie par des niches d’occasions favorisées par ce genre d’environnement. Les marchés boursiers, par exemple, semblent susceptibles de poursuivre leur progression au cours des 12 prochains mois, mais ils pourront difficilement renouer avec la vigueur qu’ils ont connue en 2021.

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Source : Comité de répartition de l’actif AGF, mise à jour du quatrième trimestre, au 1er octobre 2021. Selon un portefeuille avec une répartition de l’actif de 60/40 (actions/titres à revenu fixe). Aux fins d’illustration seulement.

Par conséquent, nous sommes d’avis qu’il reste sage de privilégier les actions par rapport aux titres à revenu fixe, dans le cadre d’un portefeuille 60/40, pour l’instant. Nous pensons tout particulièrement que des régions comme le Japon et l’Europe recèleront des occasions intéressantes, et que les sociétés de qualité seront généralement mieux positionnées pour affronter la possibilité d’une hausse des taux d’intérêt et d’un ralentissement de la croissance.

Il ne faut pas pour autant négliger les titres à revenu fixe. Au contraire, si les obligations d’État risquent d’éprouver des difficultés en cas de hausse des taux, elles demeurent un outil important de stabilisation pendant les épisodes de volatilité. Par ailleurs, les sources non traditionnelles de rendement, y compris le crédit privé, peuvent aider à prendre la relève et à réduire les pertes.

De façon générale, les investisseurs ont beaucoup de paramètres à considérer à l’approche de cette nouvelle année, y compris la possibilité de voir l’inflation s’intensifier, les taux d’intérêt remonter, les impôts s’alourdir et la volatilité s’accroître sur les marchés. Toutefois, tant que ces hausses restent modérées au cours des 12 prochains mois, nous avons de bonnes raisons de croire que les rendements des investissements progresseront, eux aussi.

Kevin McCreadie
Kevin McCreadie, MBA, CFA®
Chef de la direction et chef des investissements
La Société de Gestion AGF Limitée
Chef de la direction et chef des investissements

Kevin McCreadie est chef de la direction et chef des investissements de La Société de Gestion AGF Limitée. À titre de chef de la direction, M. McCreadie est chargé de veiller au maintien de la mission, de la vision et de l’orientation stratégique d’AGF afin d’assurer la réussite de la société dans son ensemble. Il est également à la tête de l’équipe de la haute direction et assure la liaison avec le conseil d’administration d’AGF. En tant que chef des investissements, M. McCreadie assume le leadership des équipes de gestion des investissements d’AGF. Dans le cadre de ces fonctions, il fait appel au Bureau du chef des investissements, une structure mise en place en août 2018, qui vise à encourager la collaboration et la responsabilisation active entre les membres des équipes de gestion des investissements et dans l’ensemble de la société. Cette structure tire ainsi parti de l’étendue des compétences au sein d’AGF, tout en favorisant le travail d’équipe nécessaire à la réussite à long terme du volet de gestion des investissements.

M. McCreadie œuvre dans le domaine de la gestion de placements depuis plus de 35 ans et possède une vaste expérience en matière de gestion de l’actif de détail et institutionnel, de même que de gestion directe de portefeuille. Il compte également plus de dix ans d’expérience à titre de chef des investissements au sein de deux importantes sociétés de services financiers des États-Unis. Avant de se joindre à l’équipe d’AGF, M. McCreadie a été président et chef des investissements de PNC Capital Advisors, LLC, une division du PNC Financial Services Group, l’une des plus grandes sociétés de services financiers diversifiés aux États-Unis. Il était alors chargé de diriger les affaires institutionnelles de l’entreprise et de s’occuper d’un actif géré de plus de 58 milliards $. Il a commencé sa carrière en 1982, à J.P. Morgan, où il a occupé des postes de plus en plus importants, avant de devenir gestionnaire du portefeuille d’actions d’entreprises américaines à grande capitalisation. Il a ensuite été recruté par Brown Investment Advisory, où il était partenaire et gestionnaire de portefeuille principal. Son expérience touche surtout l’assemblage de portefeuilles et l’amélioration des processus d’investissement, de même que la gestion de la répartition de l’actif et de nouvelles stratégies pour les clients. M. McCreadie copréside le Conseil pour la promotion des femmes en affaires (CPFA) de la Chambre de commerce du Canada. Il s’agit d’un groupe de promotion créé par des membres de l’industrie pour leurs pairs; il met l’accent sur les femmes qui sont chefs d’entreprises, entrepreneures ou employées partout au Canada, afin de faire valoir leur parole et leurs perspectives dans le cadre des politiques d’entreprises à l'échelle nationale et de faire avancer le débat sur l’égalité des sexes.

Il est titulaire d’un MBA en finance de la Wharton Graduate School of Business, en plus d’être analyste financier agréé (CFA®).

CFA® (Chartered Financial Analyst®) est une marque de commerce du CFA Institute.

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